½ finale du championnat de France 2007
Par Michel Lecorre le jeudi 22 mars 2007
Ce samedi 17 mars 2007 avait lieu les demi-finales des championnats nationaux FMDA.
Ce fut l’occasion de constater que d’une part, les jeunes talents qui ont fait leur entrée dans cette compétition lors des saisons dernières commencent à gagner en assurance, et que d’autre part, la relève est bien assurée.
Le premier combat de la soirée se situe dans la catégorie des moins de 75 kg. Il met aux prises GOURGAYE du club de Grenoble à KARABOUE de Suresnes.
Victoire par KO tête de GOURGAYE à la première reprise. KARABOUE semblait impressionné d’être sur le ring, il n’a pas réussi du tout à rentrer dans son combat.
Ceci, malgré quelques élans en poings et en middle qui auraient pu mettre au tapis GOURGAYE. Ce dernier à su observer le doute, voir les ouvertures de son adversaire, et placer ses coups.
Cette soirée commence donc par une victoire éclair de GOURGAYE.
Après cette entrée matière plutôt rapide effectuée dans la catégorie des moins de 75 kg c’est au tour des moins de 91 kg de faire leur entrée sur le ring de Japy.
CHENNEH du club Face à Face est opposé à PAYET du club Baobab.
Dans cette catégorie de poids, les Nak Muay sont en général physiquement remarquables. C’était le cas de CHENNEH, un homme de plus de 1m90, à la musculature parfaitement proportionnée à sa taille, c'est-à-dire sans muscles surgonflés. Il dispose d’une parfaite mobilité sur le ring.
Dés le premier round, son « middle » jambe arrière est venu s’appuyé avec force contre le foie de PAYET. Ce dernier est tombé à genoux, il est compté jusqu’à la limite. C’est sûrement un très bon puncheur, son anglaise était efficace, très dure, il avait une bonne garde en poings, mais la mobilité de son adversaire a fait la différence pour ce combat. À noter, le fair-play exemplaire de PAYET qui, après s’être remis de sa douleur et avoir compris que la ½ finale venait de lui échapper, a porté physiquement au triomphe CHENNEH, ce fut une très belle image.
C’est maintenant au tour des moins de 60 kg.
AHROUR du club Haute Tension rencontre HAMRAOUI de l’Abc Châteauroux.
La rencontre est allée à son terme, contrairement aux deux précédentes.
Nous avons assisté à un combat rempli de fraîcheur.
AHROUR, parfaitement préparé par son club HAUTE TENSION, façonné par l’apprentissage de Jean-Marie MERCHET et de Krim HAMITECHE,
il faisait la démonstration d’un bagage technique supérieur à celui de son adversaire. Un Nak Muay parfaitement à sa place en ½ finale de classe B.
HAMRAOUI, coin bleu, avait une volonté, « la NIAK », comme on l’entend souvent dans les salles d’entraînements. Pourtant, face à AHROUR, on l’a vu douté. Le Nak Muay de HAUTE TENSION l’avait bien senti, régulièrement, il a voulu rentrer en force par des enchaînements pieds poings en gauche droite, puis high ou middle kick, ponctué d’un uppercut ou d’un crochet, cela pour espérer un découragement et surprendre son adversaire, voir le mettre KO. Il n’en a rien été.
À chaque fois, en moins d’une seconde, HAMRAOUI se ressaisissait. Tel un taureau, il fonçait contre AHROUR, et remisait coup pour coup, avec la volonté de s’imposer coûte que coûte . Oui, c’est vrai, HAMRAOUI se jetait un peu trop contre AHROUR.
On voyait bien que ce garçon a encore beaucoup, voir énormément à apprendre, qu’il aurait pu recevoir un genoux en pleine face à ce jeu là.
Finalement à l’issu du combat les juges préfèrent donner la décision à HAMRAOUI.
Un avis qui semblait ne pas faire l’unanimité parmi les spécialistes mais qui ouvre définitivement les portes de la finale à HAMRAOUI.
Après cette entrée en matière de qualité, la soirée allait culminer en intensité avec le match opposant Ronald CHEDAL de Bonneuil à Mounir BOUTI de la Kerner Team.
Aucune seconde d’observation dans ce combat. D’entrée de jeu, CHEDAL attaque, il sait que BOUTI a toujours besoin d’un peu de temps pour prendre ses marques, savoir où se situer dans l’affrontement, alors il ne veut pas qu’il impose sa boxe.
Avec un vrai talent, dans un style Muay CHEDAL remporte la première reprise. BOUTI a dû avant tout se protéger.
Il est clair que les deux hommes veulent « se rencontrer ».
Pour cette seconde reprise, nous assistons à des échanges coup pour coup, d’abord en allonge par des enchaînements gauche droite aux poings, puis en middle et high kick. Il s’ensuit des séries de crochets aux corps de la part de BOUTI. le Nak Muay du MAGIC CRETEIL, n’hésite pas, il surprend le champion du KERNER TEAM en rentrant en corps à corps, un superbe coup de coude retourné . Mounir BOUTI est touché, il est compté.
N’ayant pas complètement récupéré, BOUTI gère les longues secondes qui le séparent de la fin de la seconde reprise. Il doit terminer cette reprise s’il veut revenir dans le match.
À la troisième reprise, Mounir refait surface, conscient de son retard, il travaille et est plus actif que CHEDAL. Emporté par une attaque de son adversaire, CHEDAL est projeté en dehors du ring. le juge n’arrive pas à le retenir, un bruit sourd se propage par résonance dans toute la salle, ce sont les os et les muscles du Nak Muay choquant le sol après une chute de près de deux mètres que l’on vient d’entendre.
Les supporters de BOUTI exultent. Non, ce n’est pas la fin du combat, CHEDAL se relève et retourne au combat…
Passablement fatigué et peut être amoindri par cette chute, CHEDAL va observer une baisse de régime. Durant la quatrième reprise, CHEDAL est durement marqué par un crochet gauche, il saigne, on se demande si c’est une ouverture de l’arcade sourcilière ? Le médecin l’examine. Dans la salle, on ne souhaite pas une ouverture, on souhaite que le combat aille à son terme. C’est reparti !
Les coups de coude font leur entrée, CHEDAL ne lésine pas sur l’utilisation de son coude gauche, il n’utilise pas le droit. Il coince son adversaire dans les cordes puis il lui en distribue à bon escient, BOUTI s’en prend quelques uns, mais il arrive à limiter leur dangerosité en les esquivant. D’ailleurs, les esquives sont fortement utilisées par les deux Nak Muay, on peut ainsi apprécier la maîtrise des retraits du buste de CHEDAL pour éviter les coups de pieds au visage, et les décalages du bassin, en se baissant juste comme il le faut, de BOUTI pour esquiver les crochets. Ce dernier commence à utiliser ses coups de genoux sautés, sans retenue.
Dernier round !
Le sang presque sec, pas tout à fait coagulé avec le mélange de sueur, c’est inégalement réparti sur la partie gauche du visage de CHEDAL, ceci malgré la serviette que son soigneur lui a passé sur la figure durant la minute de repos. En face, au coin bleu, BOUTI semble fatigué, il respire comme lui indique Guillaume KERNER, son entraîneur, en inspirant, puis expirant très fort, les bras montés au ciel.
C’est reparti, pour la plus grande joie du public, ils ne faiblissent pas, autant de condition physique qu’au début du match,
c’est très impressionnant, high kick à la face et genoux sautés pour CHEDAL, crochet à la tempe et middle dans le ventre pour BOUTI, des blocages à n’en plus finir, des retours en corps à corps.
Puis au grand regret du public qui aurait bien vu quelques rounds supplémentaires, le gong final retentit. Les Nak Muay se prennent dans les bras pour une accolade fraternelle.
BOUTI est déclaré vainqueur.
Félicitation pour cette victoire et aussi bravo à Ronald qui à livré un superbe combat.
Il est doublement méritant car nous venons de l’apprendre, CHEDAL a le bras dans le plâtre.
Il s’est cassé le coude lorsqu’il est tombé du ring.
Ce fut une rencontre où les rounds se sont assez ressemblés. Le spectacle n’en a pas été pour autant dénaturé. La première reprise a été de l’observation. Contrairement à son habitude, SEDONE n’est pas parti comme une tornade, il cherchait à jauger son adversaire.
TARISTAS se méfiait, tout en cherchant des ouvertures pour placer des jabs ou crochets.
Deuxième reprise, les adversaires s’observent, mais l’arbitre les presse à s’engager. SEDONE semble miser sur son « low kick » pour saper la jambe gauche de son adversaire. TARISTAS lui essaye de miser sur les contres aux poings.
Troisième reprise, ils partent dans l’action cette fois, TARISTAS est très offensif, son style est propre, assez esthétique, efficace, il touche souvent aux poings la Nak Muay du Phenix, par contre SEDONE bloque beaucoup et très bien avec ses jambes. Les échanges sont secs, durs. Pour SEDONE, ce combat est visiblement un pari, il fait des efforts pour écouter ses entraîneurs au coin du ring qui lui demandent de continuer son travail de sape. Parfois il les entend, mais parfois les messages ne lui parviennent pas. Ce n’est ni par dédain ou excès de supériorité, c’est parce qu’il semble totalement absorbé par son action, c’est sa façon de se protéger. SEDONE a une personnalité très forte, sensible, sa manière de se mouvoir sur ring est artistique, associant beauté du geste et art de la pose. puis s’en suit un déferlement de coups dégageant une énergie « volcanique ».
Sur le ring, il est pleinement ce qu’il est dans l’existence.
Pour les quatrième et cinquième reprises l’intensité est montée d’un cran en rapidité d’exécution, les coups portés sont toujours aussi durs. SEDONE change régulièrement de garde.
Par une décision partagée, SEDONE est donné vainqueur.
Il est sincèrement très difficile de départager les deux Nak Muay, un nul aurait été plus juste, mais pour une demi-finale, il faut bien un vainqueur.
Les juges ont certainement évaluées l’efficacité du travail de sape de SEDONE dans les jambes de son adversaire allié a un style beaucoup plus « Muay ».

TARISTAS, ce courageux Nak Muay qui nous vient de l’Ile de la Réunion n’a pas démérité, il a su réguler un certain rythme durant toute la rencontre, toutefois sans en imposer réellement la cadence.
SEDONE, lui, a fait des efforts importants dans l’écoute avec ses entraîneurs, il a été capable de changer de boxe et de mener à terme ce combat. C’est une victoire importante sur lui-même.
Information de dernière minute : SEDONE s’est cassé le pouce, suite à l’un de ses crochets, il se pourrait donc qu’il ne puisse pas participer à la finale. Il serait juste, très juste, que TARISTAS soit qualifié pour affronter BOUTI pour la prochaine finale. Une très belle rencontre à venir… Mais la décision appartient à la FMDA.
Chez les moins de 63,5 kg, RIHAI de Saint Fons rencontrait KAABOURI de Cannes.
Un premier round commencé une période d’observation, puis par une augmentation brutale de l’intensité et de la rapidité des enchaînements en pieds poings.
À la seconde reprise, KAABOURI reçoit un avertissement pour coup irrégulier. Petit à petit RIAHI fera monter la pression durant toute la rencontre, il avance en force, mais c’est sans compter sur la rapidité de déplacement du Cannois. En effet, ce dernier donne pas mal de fils à retordre, il n’est pas facile à surprendre, à coincer. Il résiste aux crochets de RIAHI qui en ont mis plus d’un au tapis dans le passé, de plus il observe, et quand il voit une ouverture, il place ses jabs. Vu sa grande taille KAABOURI n’est pas non plus maladroit avec ses high kicks.
Néanmoins, RIAHI semble plus fluide et marque le plus de points dans l’ensemble.
Durant les troisième et quatrième reprise, KAABOURI s’essaye au corps à corps, des luttes régulières vont ponctuer le match, avec de nombreuse projection au sol. Lors de l’avant dernier round, KAABOURI est à terre suite à une projection, l’arbitre n’est pas suffisamment près de ses boxeurs pour les stopper, mais dans un geste fair-play et dans une maîtrise de soi total, il évite de choquer la tête de RIAHI.
Dernier round, les boxeurs n’ont pas perdu leur bonne condition physique, la rencontre se poursuit dans la même lignée. RIAHRI aimerait bien repartir avec un KO, mais le Cannois ne se laisse pas assaillir. Ce dernier tombe à terre, tout comme son adversaire au round précédent, le même cas de figure, avec le même fair-play, RIAHI sait se maîtriser et s’arrêter à temps pour ne pas percuter KAABOURI au sol.
Lors des dernières minutes, les Nak Muay se sont déchaînés dans la rapidité d’exécution de leurs enchaînements pieds poings, chacun voulait tenter de remporter cette demi-finale.
C’est une victoire sans conteste pour RIHAI.
Chez les – de 67 kg,
Décidément, l’Ile de la Réunion était venue en force lors de cette demi finale.
VIRAPOL leur dernier représentant du jour, était opposé à OUBKI que nous n’avions pas revu depuis quelques temps.
VIRAPOL a voulu attaquer de suite, ne laisser aucun répit à son adversaire. C’est lui qui à donner le tempo du match en partant comme une tornade, mais son choix n’a peut être pas été des plus judicieux. OUBKI lui répondait du tac au tac en remisant systématiquement.
Dés la seconde reprise, OUBKI est devenu le patron sur la surface de combat, en imposant ses combinaisons et son rythme. VIRAPOL répondait, contrait, mais il a mené, malgré lui, ce combat uniquement sur la défensive. Il était vaillant, ne se réfugiait pas dans les coins, remisait après un blocage, enchaînait gauche, droite, puis middle par exemple.
Mais on sentait qu’il devait aller chercher au plus profond de lui son énergie, il a même manqué un peu de souffle sur la fin. OUBKI tentait le tout pour le tout, rapidité, force de frappe, observation, avec une technique parfaite dans un très beau style Muay. Sa supériorité était claire. Néanmoins, VIRAPOL n’a pas démérité, il a tenu jusqu’au bout, sans être au mieux de sa forme. Un Nak Muay très courageux et honorable.
OUBKI est le vainqueur de ce combat, sa condition physique est impressionnante.
Les autres résultats :
Classe B :
Cette soirée s’achève donc ainsi. Encore une fois les combats furent d’une grande qualité.
Nul doute que les finalistes seront en très grande forme le 28 avril prochain.
Vivement les finales !
Ce fut l’occasion de constater que d’une part, les jeunes talents qui ont fait leur entrée dans cette compétition lors des saisons dernières commencent à gagner en assurance, et que d’autre part, la relève est bien assurée.
Les classes B ont fière allure
Le premier combat de la soirée se situe dans la catégorie des moins de 75 kg. Il met aux prises GOURGAYE du club de Grenoble à KARABOUE de Suresnes.Victoire par KO tête de GOURGAYE à la première reprise. KARABOUE semblait impressionné d’être sur le ring, il n’a pas réussi du tout à rentrer dans son combat.
Ceci, malgré quelques élans en poings et en middle qui auraient pu mettre au tapis GOURGAYE. Ce dernier à su observer le doute, voir les ouvertures de son adversaire, et placer ses coups.
Cette soirée commence donc par une victoire éclair de GOURGAYE.
Après cette entrée matière plutôt rapide effectuée dans la catégorie des moins de 75 kg c’est au tour des moins de 91 kg de faire leur entrée sur le ring de Japy.
CHENNEH du club Face à Face est opposé à PAYET du club Baobab.
Dans cette catégorie de poids, les Nak Muay sont en général physiquement remarquables. C’était le cas de CHENNEH, un homme de plus de 1m90, à la musculature parfaitement proportionnée à sa taille, c'est-à-dire sans muscles surgonflés. Il dispose d’une parfaite mobilité sur le ring. Dés le premier round, son « middle » jambe arrière est venu s’appuyé avec force contre le foie de PAYET. Ce dernier est tombé à genoux, il est compté jusqu’à la limite. C’est sûrement un très bon puncheur, son anglaise était efficace, très dure, il avait une bonne garde en poings, mais la mobilité de son adversaire a fait la différence pour ce combat. À noter, le fair-play exemplaire de PAYET qui, après s’être remis de sa douleur et avoir compris que la ½ finale venait de lui échapper, a porté physiquement au triomphe CHENNEH, ce fut une très belle image.
C’est maintenant au tour des moins de 60 kg.
AHROUR du club Haute Tension rencontre HAMRAOUI de l’Abc Châteauroux.
La rencontre est allée à son terme, contrairement aux deux précédentes.
Nous avons assisté à un combat rempli de fraîcheur.
AHROUR, parfaitement préparé par son club HAUTE TENSION, façonné par l’apprentissage de Jean-Marie MERCHET et de Krim HAMITECHE,
il faisait la démonstration d’un bagage technique supérieur à celui de son adversaire. Un Nak Muay parfaitement à sa place en ½ finale de classe B.HAMRAOUI, coin bleu, avait une volonté, « la NIAK », comme on l’entend souvent dans les salles d’entraînements. Pourtant, face à AHROUR, on l’a vu douté. Le Nak Muay de HAUTE TENSION l’avait bien senti, régulièrement, il a voulu rentrer en force par des enchaînements pieds poings en gauche droite, puis high ou middle kick, ponctué d’un uppercut ou d’un crochet, cela pour espérer un découragement et surprendre son adversaire, voir le mettre KO. Il n’en a rien été.
À chaque fois, en moins d’une seconde, HAMRAOUI se ressaisissait. Tel un taureau, il fonçait contre AHROUR, et remisait coup pour coup, avec la volonté de s’imposer coûte que coûte . Oui, c’est vrai, HAMRAOUI se jetait un peu trop contre AHROUR.
On voyait bien que ce garçon a encore beaucoup, voir énormément à apprendre, qu’il aurait pu recevoir un genoux en pleine face à ce jeu là.
Finalement à l’issu du combat les juges préfèrent donner la décision à HAMRAOUI.
Un avis qui semblait ne pas faire l’unanimité parmi les spécialistes mais qui ouvre définitivement les portes de la finale à HAMRAOUI.
BOUTI vs CHEDAL : le combat de la soirée !
Après cette entrée en matière de qualité, la soirée allait culminer en intensité avec le match opposant Ronald CHEDAL de Bonneuil à Mounir BOUTI de la Kerner Team.
Aucune seconde d’observation dans ce combat. D’entrée de jeu, CHEDAL attaque, il sait que BOUTI a toujours besoin d’un peu de temps pour prendre ses marques, savoir où se situer dans l’affrontement, alors il ne veut pas qu’il impose sa boxe.
Avec un vrai talent, dans un style Muay CHEDAL remporte la première reprise. BOUTI a dû avant tout se protéger.Il est clair que les deux hommes veulent « se rencontrer ».
Pour cette seconde reprise, nous assistons à des échanges coup pour coup, d’abord en allonge par des enchaînements gauche droite aux poings, puis en middle et high kick. Il s’ensuit des séries de crochets aux corps de la part de BOUTI. le Nak Muay du MAGIC CRETEIL, n’hésite pas, il surprend le champion du KERNER TEAM en rentrant en corps à corps, un superbe coup de coude retourné . Mounir BOUTI est touché, il est compté.
N’ayant pas complètement récupéré, BOUTI gère les longues secondes qui le séparent de la fin de la seconde reprise. Il doit terminer cette reprise s’il veut revenir dans le match.
À la troisième reprise, Mounir refait surface, conscient de son retard, il travaille et est plus actif que CHEDAL. Emporté par une attaque de son adversaire, CHEDAL est projeté en dehors du ring. le juge n’arrive pas à le retenir, un bruit sourd se propage par résonance dans toute la salle, ce sont les os et les muscles du Nak Muay choquant le sol après une chute de près de deux mètres que l’on vient d’entendre.
Les supporters de BOUTI exultent. Non, ce n’est pas la fin du combat, CHEDAL se relève et retourne au combat…Passablement fatigué et peut être amoindri par cette chute, CHEDAL va observer une baisse de régime. Durant la quatrième reprise, CHEDAL est durement marqué par un crochet gauche, il saigne, on se demande si c’est une ouverture de l’arcade sourcilière ? Le médecin l’examine. Dans la salle, on ne souhaite pas une ouverture, on souhaite que le combat aille à son terme. C’est reparti !
Les coups de coude font leur entrée, CHEDAL ne lésine pas sur l’utilisation de son coude gauche, il n’utilise pas le droit. Il coince son adversaire dans les cordes puis il lui en distribue à bon escient, BOUTI s’en prend quelques uns, mais il arrive à limiter leur dangerosité en les esquivant. D’ailleurs, les esquives sont fortement utilisées par les deux Nak Muay, on peut ainsi apprécier la maîtrise des retraits du buste de CHEDAL pour éviter les coups de pieds au visage, et les décalages du bassin, en se baissant juste comme il le faut, de BOUTI pour esquiver les crochets. Ce dernier commence à utiliser ses coups de genoux sautés, sans retenue.
Dernier round !
Le sang presque sec, pas tout à fait coagulé avec le mélange de sueur, c’est inégalement réparti sur la partie gauche du visage de CHEDAL, ceci malgré la serviette que son soigneur lui a passé sur la figure durant la minute de repos. En face, au coin bleu, BOUTI semble fatigué, il respire comme lui indique Guillaume KERNER, son entraîneur, en inspirant, puis expirant très fort, les bras montés au ciel.
C’est reparti, pour la plus grande joie du public, ils ne faiblissent pas, autant de condition physique qu’au début du match,
c’est très impressionnant, high kick à la face et genoux sautés pour CHEDAL, crochet à la tempe et middle dans le ventre pour BOUTI, des blocages à n’en plus finir, des retours en corps à corps.Puis au grand regret du public qui aurait bien vu quelques rounds supplémentaires, le gong final retentit. Les Nak Muay se prennent dans les bras pour une accolade fraternelle.
BOUTI est déclaré vainqueur.
Félicitation pour cette victoire et aussi bravo à Ronald qui à livré un superbe combat.
Il est doublement méritant car nous venons de l’apprendre, CHEDAL a le bras dans le plâtre.
Il s’est cassé le coude lorsqu’il est tombé du ring.
Un combat mené avec prudence
Toujours chez les moins de 60 kg, SEDONE du Phénix est opposé à TARISTAS du Saint Paul Muay Thai. Ce fut une rencontre où les rounds se sont assez ressemblés. Le spectacle n’en a pas été pour autant dénaturé. La première reprise a été de l’observation. Contrairement à son habitude, SEDONE n’est pas parti comme une tornade, il cherchait à jauger son adversaire.
TARISTAS se méfiait, tout en cherchant des ouvertures pour placer des jabs ou crochets.Deuxième reprise, les adversaires s’observent, mais l’arbitre les presse à s’engager. SEDONE semble miser sur son « low kick » pour saper la jambe gauche de son adversaire. TARISTAS lui essaye de miser sur les contres aux poings.
Troisième reprise, ils partent dans l’action cette fois, TARISTAS est très offensif, son style est propre, assez esthétique, efficace, il touche souvent aux poings la Nak Muay du Phenix, par contre SEDONE bloque beaucoup et très bien avec ses jambes. Les échanges sont secs, durs. Pour SEDONE, ce combat est visiblement un pari, il fait des efforts pour écouter ses entraîneurs au coin du ring qui lui demandent de continuer son travail de sape. Parfois il les entend, mais parfois les messages ne lui parviennent pas. Ce n’est ni par dédain ou excès de supériorité, c’est parce qu’il semble totalement absorbé par son action, c’est sa façon de se protéger. SEDONE a une personnalité très forte, sensible, sa manière de se mouvoir sur ring est artistique, associant beauté du geste et art de la pose. puis s’en suit un déferlement de coups dégageant une énergie « volcanique ».
Sur le ring, il est pleinement ce qu’il est dans l’existence. Pour les quatrième et cinquième reprises l’intensité est montée d’un cran en rapidité d’exécution, les coups portés sont toujours aussi durs. SEDONE change régulièrement de garde.
Par une décision partagée, SEDONE est donné vainqueur.
Il est sincèrement très difficile de départager les deux Nak Muay, un nul aurait été plus juste, mais pour une demi-finale, il faut bien un vainqueur.
Les juges ont certainement évaluées l’efficacité du travail de sape de SEDONE dans les jambes de son adversaire allié a un style beaucoup plus « Muay ».

TARISTAS, ce courageux Nak Muay qui nous vient de l’Ile de la Réunion n’a pas démérité, il a su réguler un certain rythme durant toute la rencontre, toutefois sans en imposer réellement la cadence.
SEDONE, lui, a fait des efforts importants dans l’écoute avec ses entraîneurs, il a été capable de changer de boxe et de mener à terme ce combat. C’est une victoire importante sur lui-même.
Information de dernière minute : SEDONE s’est cassé le pouce, suite à l’un de ses crochets, il se pourrait donc qu’il ne puisse pas participer à la finale. Il serait juste, très juste, que TARISTAS soit qualifié pour affronter BOUTI pour la prochaine finale. Une très belle rencontre à venir… Mais la décision appartient à la FMDA.
Un exemple de fair-play et de courage
Chez les moins de 63,5 kg, RIHAI de Saint Fons rencontrait KAABOURI de Cannes.Un premier round commencé une période d’observation, puis par une augmentation brutale de l’intensité et de la rapidité des enchaînements en pieds poings.
À la seconde reprise, KAABOURI reçoit un avertissement pour coup irrégulier. Petit à petit RIAHI fera monter la pression durant toute la rencontre, il avance en force, mais c’est sans compter sur la rapidité de déplacement du Cannois. En effet, ce dernier donne pas mal de fils à retordre, il n’est pas facile à surprendre, à coincer. Il résiste aux crochets de RIAHI qui en ont mis plus d’un au tapis dans le passé, de plus il observe, et quand il voit une ouverture, il place ses jabs. Vu sa grande taille KAABOURI n’est pas non plus maladroit avec ses high kicks.
Néanmoins, RIAHI semble plus fluide et marque le plus de points dans l’ensemble. Durant les troisième et quatrième reprise, KAABOURI s’essaye au corps à corps, des luttes régulières vont ponctuer le match, avec de nombreuse projection au sol. Lors de l’avant dernier round, KAABOURI est à terre suite à une projection, l’arbitre n’est pas suffisamment près de ses boxeurs pour les stopper, mais dans un geste fair-play et dans une maîtrise de soi total, il évite de choquer la tête de RIAHI.
Dernier round, les boxeurs n’ont pas perdu leur bonne condition physique, la rencontre se poursuit dans la même lignée. RIAHRI aimerait bien repartir avec un KO, mais le Cannois ne se laisse pas assaillir. Ce dernier tombe à terre, tout comme son adversaire au round précédent, le même cas de figure, avec le même fair-play, RIAHI sait se maîtriser et s’arrêter à temps pour ne pas percuter KAABOURI au sol.
Lors des dernières minutes, les Nak Muay se sont déchaînés dans la rapidité d’exécution de leurs enchaînements pieds poings, chacun voulait tenter de remporter cette demi-finale.
C’est une victoire sans conteste pour RIHAI.
Chez les – de 67 kg,
L’île de la Réunion en « Force »
Décidément, l’Ile de la Réunion était venue en force lors de cette demi finale.VIRAPOL leur dernier représentant du jour, était opposé à OUBKI que nous n’avions pas revu depuis quelques temps.
VIRAPOL a voulu attaquer de suite, ne laisser aucun répit à son adversaire. C’est lui qui à donner le tempo du match en partant comme une tornade, mais son choix n’a peut être pas été des plus judicieux. OUBKI lui répondait du tac au tac en remisant systématiquement.
Dés la seconde reprise, OUBKI est devenu le patron sur la surface de combat, en imposant ses combinaisons et son rythme. VIRAPOL répondait, contrait, mais il a mené, malgré lui, ce combat uniquement sur la défensive. Il était vaillant, ne se réfugiait pas dans les coins, remisait après un blocage, enchaînait gauche, droite, puis middle par exemple.
Mais on sentait qu’il devait aller chercher au plus profond de lui son énergie, il a même manqué un peu de souffle sur la fin. OUBKI tentait le tout pour le tout, rapidité, force de frappe, observation, avec une technique parfaite dans un très beau style Muay. Sa supériorité était claire. Néanmoins, VIRAPOL n’a pas démérité, il a tenu jusqu’au bout, sans être au mieux de sa forme. Un Nak Muay très courageux et honorable.OUBKI est le vainqueur de ce combat, sa condition physique est impressionnante.
Les autres résultats :
Classe B :
- - 60 kg :
- PANIZI (Nikaïa Club)bat FAGOT (MT Bonneuil) aux points
- - 63, 5 kg :
- DERDEGA (IMEPS Suresnes) bat AKHALAFA (Oyonnax)aux points
- ADA (Franthaïfull) bat BARBIN (AP 2000) 2ème compte à la 2de reprise
- - 67 kg :
- DEMBELE (RMB)batBENCHERIF (BMTC Issy) aux points
- - 71 kg :
- MOUHOUB (Villeneuve la Garenne) bat HAMDI (St Fons) KO coup de pied retourné 3ème reprise
- - 75 kg :
- PENDA (St Fons) bat BELVISI (MTC Fabrègue) forfait, non présentation sur le ring
- - 81 kg :
- COULIBALY (Mantes MT) bat LIRANIE (Escale Villiers) KO corps
- MEDOUKALI bat HAOUAS (Eybens MT) hors combat corps 2ème reprise
Cette soirée s’achève donc ainsi. Encore une fois les combats furent d’une grande qualité.
Nul doute que les finalistes seront en très grande forme le 28 avril prochain.
Vivement les finales !

























