Farid VILLAUME : un champion encore plein d'envies
Interview
Par Vincent Dao le mercredi 13 octobre 2004
A aujourd’hui 29 ans, Farid Villaume a remporté des titres de champion de France, champion d’Europe et champion du monde. Et il pourrait disputer un nouveau championnat du monde en novembre. A cette occasion, il nous parle de sa carrière et des ses attentes pour le futur.Muaythaitv : Ton dernier combat s’est déroulé le 25 septembre dernier face à Sofiane Allouache. Peux-tu nous en parler ?
Oui et je lui ai dit. Mais je ne l’accepterais qu’en Muaythaï, comme ça on pourra bien voir la panoplie du Nak Muay avec les coudes, les genoux. Là on a pas eu le temps de la voir.
Quel est ton meilleur souvenir sur le ring ?Mon championnat du monde WMC face à Orono en Thaïlande (voir photo). C’était à Sukhothai, l’ancienne capitale du pays. J’ai boxé à côté des temples, c’était vraiment joli. J’ai beaucoup de souvenirs de mes combats, et la plupart sont des affrontements avec les Thaïlandais. Ce sont des combats où tu « lâches beaucoup de tripes » donc quand tu gagnes ça fait plaisir.
Et ton pire souvenir ?
Mon arrêt contre Chalunlap. Nous sommes sortis du ring et je me suis ouvert l'arcade (au 2eme round). Cela a mis fin au combat. Ce qui m’embête le plus c’est que je me sois blessé en tombant du ring, ce n’était pas sur un coup dans le combat.
Quels sont tes amis dans le milieu du Muay ?
Il y en a plusieurs. Jeannot, Jean-Charles Skarbowski, c’est comme un membre de la famille. D’ailleurs jamais je ne boxerai contre lui. Au début, cela aurait peut-être était possible, mais depuis de trop gros liens se sont tissés entre nous. En Thaïlande, on nous a proposé ce combat mais nous avons refusé. Il y a aussi Guillaume Kerner, Yacouben, Karim Saada, Dany Bill, Rachid Kabbouri, Eddy Muniz, Krim Hamiteche, Pascal Lafleur.Je ne peux pas tous les citer vu leur nombre, mais ils se reconnaîtront.
Toi qui aime affronter les Thaïlandais, pourquoi n’as-tu pas fait comme Skarbowski : aller vivre en Thaïlande ?
C’est spécial de vivre là-bas. Mon plus grand séjour a été de 3 mois et j'en avais marre. Etre loin de sa famille, de ses amis et de ses habitudes n’est pas facile. Je tire mon chapeau à Jeannot pour ça. Mon pied à terre est ici. Je peux aller boxer là-bas sans problème, mais y vivre est une autre chose.
Tu as été champion de France, champion du monde amateur, tu es champion d’Europe. Quels sont tes objectifs maintenant ?
J’envisage de participer au 1er Championnat du monde officiels en France en Novembre (Woippy, le 27 Novembre). La Fédération essaye de le mettre en place. Sinon je boxerai le 5 décembre en Thaïlande, pour l’anniversaire du roi.
La ceinture de champion du Rajadamnoem ou du Lumpinee est elle accessible à un étranger ? T’est-il possible de l’obtenir ? Et serais-tu tenter de l’obtenir ?Oui, boxer pour une ceinture au « Raja » ou au Lumpinee serait le top. Mais c’est compliqué avec la Thaïlande. Je suis loin. En plus regarde, Jeannot il vit là-bas et ils le font « galèrer », ils ne le font pas boxer pour une ceinture. Pourtant il en a tapé des mecs là-bas. Moi aussi j’en ai battu ici et là-bas (en photo contre Taweesab en Thaïlande). Boxer là-bas pour un titre me ferait plaisir.Si tu es étranger et que ton promoteur te chouchoute tu peux avoir une chance de faire ce combat, mais je le redis c’est compliqué.
Quels sont les Nak Muay que tu aimerais rencontrer et pour quelles raisons ?
J’aimerais bien affronter Kraus, Masato, John Wayne. On parle beaucoup d’eux dans la presse. Et bien entendu affronté des Thaïs car j’apprends toujours en les rencontrant et puis se sont de belles expériences.
Qu’est-ce qui te motive encore pour monter sur le ring ?
Maintenant c’est devenu un travail de monter sur le ring avec la préparation et tout ce qui va avec. C’est bien de boxer pour la famille. Je ne pense pas encore avoir fini mon parcours. Quand je n’aurais plus cette envie ou si je sens que je ne suis plus dans le coup j’arrêterais.
T’es-tu fixé un plan de carrière ?
J’ai 29 ans. Pourquoi ne pas boxer jusqu’à 33 ans, peut-être un peu plus à l’étranger.
As-tu pensé à ton après carrière ?
Oui j’aimerais bien devenir entraîneur fédéral pour aider l’équipe de France. La préparer pour des championnats en Thaïlande, des grands championnats. L'encadrer avec d’autres coachs pour la booster.J’aimerais bien aussi avoir mon propre club et sortir des petits champions.
Qu’aimerais-tu apporter à tes futurs élèves ?
Toutes les valeurs que j’ai apprises dans la boxe : le respect. Celui de ton adversaire, de tes partenaires, du matériel. La rigueur à l’entraînement. J’aimerai leur apporter du mental, car un vrai champion revient même après une défaite. Je ne veux pas que mon club soit juste un rendez-vous de jeunes qui s’insultent, qui crachent dans la salle… Je veux que comme en Thaïlande, les jeunes respectent les anciens, qu’il y ait une bonne ambiance.
A quoi penses-tu avant le combat, au moment de ton Wai Khru ?
En fait je récite des sourates, ce sont des versets musulmans. Je demande au bon Dieu qu’il me protège, que le combat se déroule bien. Je demande aussi que moi ou mon adversaire ne prenions pas de mauvais coup. Les sourates changent selon les combats.
Que penses-tu du Muaythaï aujourd’hui et de la structuration de la fédération ?
L’évolution depuis 10 ans est une bonne chose. La réglementation est bien pour les jeunes, pour tout ce qui est éducatif. Mais il n’y a pas encore assez de combats, de compétitions pour les « professionnels ». J’aimerais maintenant que la FFMDA soit délégataire, qu'elle arrive à organiser de grosses manifestations avec du budget, pour que les boxeurs soient récompensés de leur travail. Car les gens nous voient 15 minutes sur un ring, nous sommes recouverts de vaseline, brillants… Mais derrière cela il y a la préparation, les régimes, la fatigue, la famille…Ça serait bien que nous ayons plus d’opportunités de boxer.
Au niveau de l’amateurisme il n’y a rien à redire. En plus ils ont créé un Brevet Professionnel qui permet d’être rémunéré en enseignant le Muay. Ça avance.
Où en es-tu dans ton Brevet Professionnel ?
Je dois finaliser des UC (des unités comptabilisables, équivalentes d’une matière) en décembre.
De par ces changements, comment vois-tu la discipline évoluer ?
Elle va évoluer au niveau des gens, le public n’est plus le même. Et les pratiquants aussi : ce ne sont plus que des jeunes de cités, cela s’est élargi. Il est loin le temps des galas à Nanterre ou d'autres villes. Le public et les boxeurs ne sont plus des ... (il réfléchi) disons des « cherche merde ».
Maintenant, il y a un meilleur suivi des boxeurs, on ne peut plus boxer sans papiers. Un drame comme celui de Redouane ne se reproduira plus (voir son site).
Précédemment, tu parlais de sacrifices. Comment gères-tu ta vie de sportif et ta vie de famille, puisque tu as un petit garçon ?
C’est vrai que j’ai un petit garçon de plus de 2 ans. C’est clair que cela change les choses. Ma femme prend beaucoup sur elle : lorsque je suis en période de préparation, en régime mon caractère n’est pas facile. Je la remercie et lui tire mon chapeau d’encaisser ça pendant 3 semaines, un mois. Elle est attentionnée et aux petits soins pour moi.
Elle est contente quand après un combat je me repose, sans trop aller à l’entraînement. Comme ça je lui donne plus de temps ainsi qu'à mon fils pour se balader, aller au zoo. En somme dès que j'ai le temps, je fais tout pour vivre une vie de famille et de papa.
Dernièrement, tu t’es fais un tatouage sur la cuisse, qu’est-ce que c’est ? Que signifie-t-il ?
C’est un tatouage japonais à la manière des Yakuzas. C’est un dragon et une carpe, mais ce n’est pas fini puisque je vais faire un tigre en calligraphie arabe. Ça avance je continue ma pièce. La carpe représente entre autre la fidélité et le dragon la force. Mais je veux bien faire remarquer que je ne les ai pas fait pour être fidèle ou avoir de la force.
J’ai choisi ça car je trouvais ça mieux que des tribals par exemple. Il y a un code d’honneur chez les Yakuzas, et j’aime cela. Ce sont des voyous mais ils sont droits dans leur conviction. C’est pour cette raison que j’ai choisi ce tatouage. Pour moi la seule personne qui donne, la force, le courage c’est le bon Dieu. Dans mon cœur c’est envers lui que je suis tourné et non vers des symboles.
La notoriété est ce quelque chose d’important pour toi ?
Pas pour moi personnellement mais pour les gens qui m’entourent. Ce sont eux qui y font surtout attention. C’est vrai que quand je vais dans des salles d’amis, ils me mettent mal à l’aise en me présentant comme un grand champion.
Quand on m’interpelle dans la rue ou dans des galas ça me gêne un peu. Je ne vais pas trop attention à cette notoriété. Tant mieux si je peux inspirer des jeunes, si ma manière de boxer plait, si je peux donner des conseils. Et puis si ça fait plaisir à des petits jeunes de prendre des photos avec moi, ça me fait plaisir.
Pour finir, as-tu un mot pour nos internautes ?
Je remercie tout les internautes qui vont sur muaythaitv.com pour suivre les informations du Muaythaï. Merci à ceux qui me suivent et m’encouragent. Que tout les Nak Muay continuent à s’entraîner avec rigueur, sans lâcher.
Merci Farid.
Comme il nous l’a dit Farid remontera sur les rings en novembre ou décembre. Que cela soit en France ou en Thaïlande, il devrait participer à des combats qu’il affectionne contre des Thaïs. Nous lui souhaitons bonne chance afin qu’il continue de porter bien haut les couleurs françaises sur le monde du Muaythaï.
Propos recueillis par Vincent Dao
C’est un tatouage japonais à la manière des Yakuzas. C’est un dragon et une carpe, mais ce n’est pas fini puisque je vais faire un tigre en calligraphie arabe. Ça avance je continue ma pièce. La carpe représente entre autre la fidélité et le dragon la force. Mais je veux bien faire remarquer que je ne les ai pas fait pour être fidèle ou avoir de la force.
J’ai choisi ça car je trouvais ça mieux que des tribals par exemple. Il y a un code d’honneur chez les Yakuzas, et j’aime cela. Ce sont des voyous mais ils sont droits dans leur conviction. C’est pour cette raison que j’ai choisi ce tatouage. Pour moi la seule personne qui donne, la force, le courage c’est le bon Dieu. Dans mon cœur c’est envers lui que je suis tourné et non vers des symboles.
La notoriété est ce quelque chose d’important pour toi ?
Pas pour moi personnellement mais pour les gens qui m’entourent. Ce sont eux qui y font surtout attention. C’est vrai que quand je vais dans des salles d’amis, ils me mettent mal à l’aise en me présentant comme un grand champion.
Quand on m’interpelle dans la rue ou dans des galas ça me gêne un peu. Je ne vais pas trop attention à cette notoriété. Tant mieux si je peux inspirer des jeunes, si ma manière de boxer plait, si je peux donner des conseils. Et puis si ça fait plaisir à des petits jeunes de prendre des photos avec moi, ça me fait plaisir.
Pour finir, as-tu un mot pour nos internautes ?
Je remercie tout les internautes qui vont sur muaythaitv.com pour suivre les informations du Muaythaï. Merci à ceux qui me suivent et m’encouragent. Que tout les Nak Muay continuent à s’entraîner avec rigueur, sans lâcher.
Merci Farid.
Comme il nous l’a dit Farid remontera sur les rings en novembre ou décembre. Que cela soit en France ou en Thaïlande, il devrait participer à des combats qu’il affectionne contre des Thaïs. Nous lui souhaitons bonne chance afin qu’il continue de porter bien haut les couleurs françaises sur le monde du Muaythaï.
Propos recueillis par Vincent Dao





















