Fanny RAMOS, la petite guerrière au grand talent
Par Michel Lecorre le jeudi 07 décembre 2017
Depuis deux mois on ne parle que de Fanny RAMOS. Médaillée d'or aux championnats d'Europe IFMA à Paris, puis à nouveau sacrée championne à Budapest, pour les mondiaux WAKO, et victorieuse la semaine dernière au BOBIGNY BOXING DAY... C'est ce qu'on appelle faire un sacré pas dans la lumière ! Ce petit morceau de femme méritait bien un portrait. Le voici !
Nous nous rendons à l'AC BOBIGNY BOXE, un lieu magnifique entièrement dédié à la boxe, à toutes les boxes. Ici en journée, une puissante lumière naturelle inonde les rings, elle se reflète comme des milliers de coups de poings contre les innombrables sacs de frappe qui oscillent comme des saucissons suspendus au plafond du gymnase. Tout de suite, notre attention est attirée par cette nak muay de -50 kg qui bloque les middles, remise en jab, tip, crochet, elle saisit avec aisance. La position de son corps est parfaite, féline, les pieds suffisamment éloignés, à la fois ancrés et mobiles sur le sol, les mouvements de pivot ou de décalage ne sont pas confondus. Devant nous, se dresse une championne à l'entraînement.
Fanny RAMOS a débuté le muaythai à l’âge de 15 ans, c’était à Perpignan. Elle avait débuté en assauts avec succès. Auparavant, elle a toujours été sportive en pratiquant du tennis, de l’escalade, de la danse de salon. Fanny décrit notre sport comme « plus dur » pour une fille, « il faut se pousser, prouver aux entraîneurs que notre engagement est réel, que nous avons pris toute la mesure de ce que la compétition implique en investissement physique et mental » nous affirme-t-elle. Le muaythai répond à son envie de se mesurer, de se mettre elle-même à l’épreuve.
Pour poursuivre ses études, Fanny a quitté Perpignan pour rejoindre la capitale, elle s’est alors mise en quête de trouver une nouvelle famille, un club de boxe qui saurait la mener encore plus haut. C’est donc à l'AC BOBIGNY BOXE qu'elle a trouvé ses repères et s’y sent totalement soutenue aujourd’hui. C’est un club qui propose des cours le matin, puis en début de soirée, ces fréquences donnent à la fois la possibilité aux travailleurs de venir selon leur emploi du temps, mais également aux compétiteurs, aux pros, d’avoir un rythme d’entraînement proche des camps de Thaïlande. Ce club amène Fanny vers le haut sans la ménager « parce que c’est une fille » durant les sparings, autant qu’ils semblent la protéger en lui témoignant une sincère bienveillance. Exactement, ils sont présents, l’entourent, sans l’étouffer.
Ce qui a définitivement révélé Fanny RAMOS, ce sont les championnats d’Europe IFMA 2017 de Paris, ils ont été très importants pour elle. Parce qu’il « y avait du niveau, c’était grandiose », selon ses dires, et cela lui a donné envie de tout donner. C’est alors un ensemble, précisément un immense engagement qu’elle va réinvestir sur le ring. Son combat de finale IFMA qui lui apportera une médaille d’or est révélateur : du premier au troisième round elle ne lâche rien contre la Russe qui est une combattante très dure et technique. Fanny avait admis, compris qu’elle devait être précise dans ses attaques, toucher, ne pas se faire toucher, et elle a été une guerrière dans un style muay complet, avec particulièrement d’excellents low kick. Ce jour-là, Fanny RAMOS a rayonné sur la Halle Carpentier, gagné sa place parmi les étoiles du muay, et elle le confirmera encore très bientôt.
Fanny s’entraîne tous les jours, s’accorde une seule journée de repos : le dimanche. Lors de ses premiers pas dans le muay thaï, la faiblesse de Fanny était le corps à corps, mais elle a travaillé, pris confiance en elle de plus en plus. Durant les derniers IFMA de Paris, ses adversaires avaient tenté de l’asphyxier en corps à corps, elles en ont été pour leurs frais, toutes sans exception.
Puis à Budapest il y a quelques emaines, lors des championnats du monde WAKO, elle réalise un parcours sans faute, ramène une médaille d’or, encore une fois elle bat une Russe en finale. En combat professionnel, elle s’affirme à nouveau le 25 novembre dernier en kick-boxing, voici ce qu’en dit une autre grande nak muay Laetitia BAKISSY lorsqu’elle décrit son combat :
- Fanny RAMOS boxe en contrattaque face à une Martina BERLINE qui opte pour la marche avant. Le combat des deux femmes est très engagé. L’une comme l’autre boxent en combinaison. Mais la différence se fait clairement avec la technique de Fanny RAMOS qui au fil des rounds monte d’un cran. Martina BERLINE, malgré tout, peut être dangereuse à certains moments avec son anglaise, cela n’est pas un problème pour Fanny RAMOS qui se fait plaisir en sortant une boxe bien plus complète que son adversaire et elle est déclarée vainqueur au terme de la rencontre. -
Fanny RAMOS fait des études pour devenir infirmière. Lorsqu’on s’entretient avec elle, ce qui saute aux yeux c’est sa détermination, il se dégage d’elle une force, une capacité à affronter la vie, elle a de la présence. Sans faiblir sur ce point qui la caractérise : elle ne laissera personne organiser sa vie à sa place. Puis, c’est son sourire, son visage, un ensemble rassemblant grâce et puissance, quelque chose de joli, d’insaisissable qui se dégage d’elle : sa boxe mêlée à sa féminité. Elle s'épanouit au sein de ce club à l’ambiance familiale et professionnelle à la fois : l'AC BOBIGNY BOXE. Une belle réussite pour ceux qui ont créé cette association sportive et la font toujours vivre aujourd’hui.
Fanny RAMOS développe un style qui n’appartiend qu’à elle-même, un style construit sur la ténacité et la générosité. Elle est au seuil d’une grande carrière de boxeuse, sans aucun doute.

























