ESC Lorignac, une aventure humaine qui fait son chemin
Par Caroline Bertrand le vendredi 22 septembre 2017
L’Ecole des Sports de Combat de Lorignac, en Charente-Maritime, a vu de jour il y a deux saisons sportives de ça, sous l’impulsion d’un passionné -corps et âme- de muaythai : Emmanuel SUIRE, qui, depuis, semble réaliser son rêve chaque jour.
Absorbé par le muaythai depuis plus de vingt ans, Emmanuel est à fond dans sa passion, le genre à aller dénicher, à la fin du siècle dernier, lorsqu’il fallait se donner bien du mal pour voir un combat de muaythai, des VHS de combats récents du Lumpinee ou du Radja dans une petite boutique thaï du 13e arrondissement... C'était cool, j'étais un peu comme un gamin avec un Kinder surprise, tu ne savais pas ce que tu allais trouver dessus ! nous raconte-t-il.
C’est un copain qui lui a fait découvrir la discipline. Emmanuel avait déjà testé la lutte gréco-romaine, le Karaté, le Viet Vo Dao…, sans coup de foudre. Mais avec le muaythai, ce fut une révélation : Je me souviens très bien de mes premiers entrainements, je sortais de la salle et je me disais "mais c'est quoi ce truc de dingue !" Ca fait 22 ans que j’ai découvert le Muay et je ne m’en lasse toujours pas.
En tant que boxeur je n'ai connu que le niveau Amateur et Semi-Pro où je totalise 30 combats, ce n’est pas extraordinaire mais ce fut un parcours très sympa !
Son dernier combat est récent, il a boxé cette année, à 36 ans, pour la coupe de France en Muaythai. Il a malheureusement perdu en finale mais Emmanuel est philosophe, il connaît ses faiblesses et fait avec, que ce soit pour cette défaite ou pour d’autres. C'est l'histoire de ma vie, un peu comme mes bulletins scolaires : Peut mieux faire ! On ne chasse pas le naturel, et chaque personne contre qui j'ai perdu était soit plus forte soit plus entraînée, ils méritaient plus que moi, sans regret !
Au fil du temps, la passion d’Emmanuel n’a pas faibli, mais elle a évolué : J'ai longtemps suivi les résultats et me suis passionné pour les techniques et les coutumes propre au Muay, mais depuis quelques temps je suis passé dans une période où ce qui m'intéresse c'est de remonter aux origines, de connaitre l'histoire du muaythaï, et d'en apprendre plus sur le côté plus martial et traditionnel du Boran.
Il vient d'ailleurs de finir la formation 1er degré d'instructeur de Muay Boran auprès de Fabrice Payen, et participe à la construction et la promotion de la Fédération Muay Boran France.
Je trouve ça très important d'enseigner et de respecter l'art que l'on transmet de façon plus traditionnelle. On n’enseigne pas le muythai comme on enseigne le Kick ou le Full... Le Muay n'est pas un sport de contact, c'est un art martial, avec ses codes et ses rites. Il ne faut pas perdre l'essence de cette discipline.
Emmanuel pensait si fort à ouvrir une salle, qu’il l’a fondée deux ans avant son ouverture ! Au départ prévu en Seine-et- Marne, le club a dû finalement patienter, jusqu’à ce qu’Emmanuel et sa femme décident de s’installer dans le Sud-Ouest et dénichent un hôtel-restaurant avec un bel espace supplémentaire, un ancien dancing de 200m2 : Il ne m'a pas fallu longtemps pour la visualiser avec les tatamis au sol et les futurs potences.... nous dit-il.
Chez les Suire, on travaille en famille, que ce soit dans la partie hôtel-restaurant ou au club. Une famille qui s'est agrandie cet été avec l’arrivée du petit Léon, Georges, Naï-Khanom Tom. En voilà un qui devrait tâter du tatami assez vite !
Et comme si cela ne suffisait pas, ils viennent d'ouvrir un nouveau club, 25 km plus loin, à Jonzac, pour répondre à la demande, principalement celle de jeunes qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à Lorignac. La ville étant plus importante, Emmanuel espère attirer plus de monde pour partager sa passion.
Mais comment fait-il pour tout gérer ? Il le confesse bien volontiers : Rien ne serait possible sans ma femme, Ludivine, sur laquelle je m’appuie énormément. A son propos, il n’est que gratitude et reconnaissance. Elle ne lui permet pas seulement de vivre sa passion à fond, elle la partage désormais avec lui.
30 licenciés la première année, le double la deuxième, qui a vu le lancement de plusieurs compétiteurs, de bonnes prévisions pour la saison à venir sur les deux sites de l’ESC, tous les indices semblent optimaux et plus rien ne semble arrêter Emmanuel dans sa lancée et surtout pas quand il s’agit de vivre de belles aventures avec ses nak muay.
A l’ESC, on est bienvenu à tout âge, on vient pour se défouler, canaliser, s’entretenir, prendre confiance… en loisirs et en compétiteurs, étant entendu que le plus important pour ceux qui montent sur le ring n'est pas le resultat mais le plaisir de l'aventure et du dépassement de soi.
Cette année, c’était la première saison de compétitions pour le club, principalement pour les jeunes. L'ESC, contrairement à ce que son nom indique, n’enseigne que le muaythai mais Emmanuel inscrit tout de même ses troupes en Kick, K-1 et même en pancrace. Pourtant, en théorie il serait plutôt contre une pratique multidisciplinaire en compétitions. N'y voyez aucune contradiction, il s'agit d'adaptation :
Cette saison, on a touché à d'autres plateaux, car pour des jeunes qui veulent faire de la compétition, s’en tenir au muaythai, c’est rester des mois sans en faire s’ils ne sont pas sélectionné au Championnat régional. On ne peut pas faire des aller-retours sur Paris tous les mois, c’est impossible financièrement. Il y a trop peu de compétitions au niveau local pour s’en tenir au muaythai.
D’autant que les jeunes de l’ESC en veulent. Parmi eux, une jeune fille, Axelle Pelletier, qui pour sa première saison fait des débuts encourageant en Cadette : Championne Nouvelle Aquitaine de Muay, Vainqueur de la Coupe de France Muay, Championne de France de Pancrace et autres médailles cette saison. Plus que ses titres, c'est son investissement et sa motivation qui sont remarquables pour son coach.
Elle est aussi un bon exemple de la solidarité et de l’échange qui se trame autour de l’ESC. C'est au club voisin de Montendre, avec Rémi MARQUISSEAU, qu'elle a pu se préparer en pancrace. L'ESC, Montendre et un 3eme, le GSP (Génération sport Périgord) de Jérémy TRENTO sont très liés. Quand il faut se déplacer quelque part, ils le font ensemble. Les 3 coach étant encore actifs en compétition, celui qui boxe peut compter sur les deux autres dans son coin etc.
Ils organisent bien sur des entrainements collectifs entre eux ainsi qu'avec d’autres clubs de la région : cela permet à chacun de s’enrichir en travaillant les mêmes choses mais de façon différente. Cela permet aussi de réduire les tensions lors des compétitions régionales, les boxeurs se connaissent, ils ont déjà partagé des moments ensemble. Tout le monde ne peut pas être pote mais cela pousse au fairplay et au respect, surtout chez les jeunes.
La vie du club ne se limite pas aux entrainements. L’ESC organise aussi des petits évènements, à cmmencer par des stages :
Nous avons eu le plaisir de recevoir Jimmy Vienot, une session qui a remporté un franc succès avec 110 personnes présentes. C'est un excellent souvenir. Les mômes étaient ravis, et les adultes aussi.
Lors des grosses soirées télévisées de boxe où le club se réunit au restaurant pour voir les galas en direct, les jeunes supportent désormais Jimmy Vienot ou d'autres stars dela discipline qu'ils connaissent comme des dingues.
L’ESC organise aussi des sorties comme à Paris, au Skarbowsky Gym, pour y rencontrer Karuhat. Pour les jeunes, monter à Paris en bande pour y rencontrer des champions, ce sont des moments de partages inoubliables.
En terme de partages inoubliables, un article ne saurait contenir tout ce qu’Emmanuel Suire nous a raconté, nous ne pouvons pas citer tous les noms qui ont fusé dans la conversation, mais nous finissons avec le noyau dur de cette aventure :
Je tiens à remercier toutes les personnes avec qui j'ai pu partager, apprendre et grandir dans le pied-poing et plus particulièrement le Muay : Cedric, Karim, Olivier et Thierry qui furent mes Khru et coachs, Julien "Joey" Szuba mon sparring de tant d'années, tout mes compères du Sud-Ouest, Rémi "Minouche" Marquiseau, Jeremy "la Tarentule" Trento, Ludovic "Le Tractopelle" Bazir, Anthony "Bifleur" Noblemaire, Jean-Fred alias EL Rouquinou, Mathieu "la Lame de Fond" Colombani, Julien Dehem, Philippe Payrastre, Laurent de l'Ausci Thai de Auch, Thomas "Marty McFly" Magnant, Joel "Papi" Amiguet, Elodie "Cat's eyes" Gourdet , Fabrice Payen pour ses précieux enseignements et tant d'autres... mais surtout et plus que tout un grand merci à ma femme Ludivine.



























