Erick ROMEAS
Champion de l'organisation !
Par Thibaut Machu le mercredi 04 novembre 2009
Détails de l'évènement :
Le Samedi 14 Novembre 2009
Palais des sports de Marseille
81 rue Raymond Teisseire
13009 Marseille
France
81 rue Raymond Teisseire
13009 Marseille
France
L’an dernier Erick ROMEAS (voir l'article) fêtait ses vingt ans d’organisation d’évènements pieds-poings, et sa quinzième année de « Nuit des Champions » au palais des Sports de Marseille (Bouches du Rhône, France). À une semaine du coup d’envoi de la nouvelle édition, nous sommes allés à sa rencontre pour dresser un bilan de toutes ses années de production.
Muaythaitv.com : Bonjour Erick ROMEAS, en quoi cette nouvelle « Nuit des Champions » sera t- elle différente des autres ?
Erick ROMEAS : Sportivement parlant, je dirais que nous avons atteint un niveau que nous n’avions pas atteint depuis des années, que cela soit aussi bien en Muay thaï, comme en Full Contact. Tous les combats ont un intérêt et je pense qu'en Full Contact, le match Samir « Petit Prince » contre Bruce CODRON, comme Sébastien PACE opposé à Christophe LANDAIS ont tous une signification et je pense que le public va se retrouver à travers tous ces matches là.
En Muay thaï, il y aura la confrontation entre Abdellah MABEL et Farid VILLAUME, même si certains disent que pour MABEL ce n'est pas le moment. Moi je pense que c'est tout simplement l'heure ! Concernant la rencontre entre le thaïlandais Khem et Fabio PINCA, là on assistera à du haut de gamme ! Ensuite, le championnat de France en Muay thaï prouvera qu'il y a un gros niveau national en Muay thaï en opposant Damien ALAMOS et le marseillais Thomas ADAMANDOPOULOS.
Donc voilà, sportivement, je crois qu'il y a des années que dans sa globalité, les matches n'ont pas été de ce niveau là. Il est vrai que les années précédentes, il y a toujours eu des combats phares, des gros combats : notamment BERBACHI vs ALLOUACHE, ou comme BERBACHI vs Samir « Petit Prince », ou bien d’autres, on ne peut pas les citer tous...Mais en Muaythaï, comme en Full Contact, ce samedi 14 novembre 2009, nous allons avoir un vrai niveau. Un niveau jamais atteint depuis de nombreuses années.
Muaythaitv : Par rapport au programme prévu initialement (voir l'article) pour cette seizième « Nuit des Champions », y a t-il eu des dernières modifications dans les oppositions ?
À la base, nous avions prévu un adversaire pour Sofiane ALLOUACHE, il s’agissait de Steeve VALENTE . Steeve qui nous avait envoyé des mails, nous a appelé pour boxer, il souhaitait vraiment boxer dans notre organisation. Je lui ai dit ok, Steeve VALENTE contre Sofiane ALLOUACHE, ça va faire un combat sympa. Et puis, il s’est décommandé, j’ai donc pris Mehdi BAHGDAD, qui est à mon sens un boxeur de très bonne facture. Il a fait malheureusement un mois avant, un combat où il s’est blessé au bras. Il a donc déclaré forfait. Donc là, nous avons pris Frédéric BERICHON qui est loin d’être un manchot et je pense que contre Sofiane, ça va faire un match assez rude.
En plus c’est "un local", j’aime bien faire sortir "les locaux". Quand je dis "locaux", je parle des gens qui sont dans la deuxième partie de la France, la partie sud.
C’est vrai que dans le nord, nous ne sommes pas souvent invités nous les gens du sud, pour aller boxer dans le nord. Dans le sud, c’est vrai qu’il y a de très bon nakmuays et de très bons fulleurs. Je prends plaisir à faire boxer les gens de mon pays.
Muaythaitv : Cela fait 21 années que vous organisez au Palais des Sports de Marseille, que retenez vous de votre parcours ?
Le constat est le suivant, jamais je n'aurai pu penser que cela puisse prendre un tel essor, un tel engouement ces disciplines pieds-poings que cela soit en Full, en Kick, en Thaï et autre.
En règle générale, jamais je n'aurai pensé qu'il puisse y avoir une émulation telle, que cela soit au niveau fédérale, au niveau promotion, au niveau organisation.
Il est vrai qu'on monte en épingle, c'est un peu décousu, car actuellement dans le paysage de l'organisation on voit tout et n'importe quoi. Mais par ce que je fait, je suis satisfait, je suis satisfait d'être encore là 21 ans après. Je dit 21 ans après, en réalité, ça fait plus de 30 ans que nous organisons et qu'on cherche toujours à améliorer et qu'on y va crescendo.
Muaythaitv : En terme d'organisation, quel est votre idéale, votre modèle, qu'est ce qu'une organisation parfaitement réussie ?
Une organisation réussie, c'est un public ravi. Que la salle soit petite ou grande, qu'il fasse chaud, qu'il fasse froid, peu importe tant que le public est ravi, tant qu’ il y a eu une bonne réception et de bons combats. Il est vrai que le seul modèle en termes d'organisation que l'on peut avoir aujourd'hui, c'est le modèle japonais. C'est très protocolaire, très organisé, très "carré", personne ne court.
Muaythaitv : Justement à l'inverse, quelle est la plus forte crainte d'un organisateur ? Que le public ne soit pas ravi ? Cela vous est-il déjà arrivé ?
Oui c'est ça, il est vrai qu'à la grosse majorité, le public s'est toujours retiré ravi. Mais il y a quelques années de cela, j'ai eu à organiser des combats qui n'ont pas tenu leurs promesses. Parce qu'au dernier moment, il a fallut changer. Je me souviens d’un combat, où j'avais invité Kazuyoshi ISHII, patron du K-1 c'était en 1998. J'avais monté le combat en Muay thaï, Maurice SMITH vs Ernesto HOOST. J'ai donc fait une grosse pub, et Ernesto HOOST, un mois avant se fait mettre KO par Jérôme LEBANNER au Japon. J'étais à cette soirée là, et j'étais obligé de le remplacer par un autre boxeur.
On a donc pris le frère de Rick ROUFUS : Jeff ROUFUS. Qui avait quand même boxé plusieurs fois au Japon. Ce combat s'est avéré être une catastrophe, j'ai été très déçu, le public n'a pas été très ravi non plus. Le match n'a pas tenu ses promesses.
Qu'il n'y ait pas eu Ernesto HOOST, d'accord, mais c'est à moi en tant qu’organisateur d'assurer un combat de même niveau. L'année d'avant, j'avais fait boxer Jeff contre un américain dont je ne me souviens plus le nom, et là Jeff ROUFUS avait fait forte impression. Donc, je me suis dit, ça va le faire. Mais ça n'a pas été du tout le cas...Néanmoins, ce boxeur là, je l'ai retrouvé au Japon et ISHII l'avait pris en contrat.
Donc, au final ce n'était pas un si mauvais que ça.
Muaythaitv : 21 ans d'organisation, qu'est ce qui a véritablement changé depuis vos débuts ?
Ce qui a changé, c’est qu’il n’y a plus de vedettes. À l’époque, il y a 21 ans, j’organisais avec des icônes. C'est-à-dire avec Rick ROUFUS, Ernesto HOOST et Rob KAMAN. Donc c’étaient vraiment des icônes, nous pouvions faire une affiche sur un seul nom à l’époque.
Aujourd’hui, on ne peut pas faire une affiche sur un nom. Parce que la boxe au niveau de la compétition s’est démocratisée. Elle s’est plus ouverte. Donc il y a beaucoup plus de boxeurs qui sont d’un excellent niveau, mais il n’y en a pas un qui se détache particulièrement des autres.
Les seuls qui se détachent sont certains boxeurs du K-1 World Max. Des boxeurs comme Buakaw POR PRAMUK, Albert KRAUS, Andy SOUWER, ou comme Giorgio PETROSYAN aujourd’hui.
Mais ces boxeurs là, on ne peut pas les toucher… Donc, on n’en parle pas.
Ce qui a véritablement changé, c’est qu’on ne peut plus faire une affiche sur un seul nom, on est obligé de « taper » sur plusieurs pointures de façon, à ce que si jamais il y a un gros combat qui « tombe à l’eau », ce n’est pas trop grave, il pourrait être compensé par le reste du programme.
Muaythaitv : Quelle est l’opposition qui vous a le plus excité ? Et celle que vous avez toujours rêvé de faire ?
Celle qui m’a excité le plus, c’est Rick ROUFUS contre Ernesto HOOST, le premier combat. C’était en 1992, un match d’anthologie. À l’époque, ce combat avait une vraie signification. C’était deux « calibres » au niveau planétaire. Il n’y avait pas mieux, j’avais pu me les offrir, et ils nous avaient donné douze rounds « d’enfer », ça a été diffusé sur TF1. C’était la quintessence de ce qu’on pouvait trouver à l’époque en pieds-poings. Et celui que j’aurai aimé faire et que je n’ai jamais fait… Je ne sais pas… Il y en a tellement...
Muaythaitv : Par exemple ?
J’aurai bien aimé faire boxer, les gens que j’ai cité précédemment, ceux du K-1 World Max. À mon sens aujourd’hui, ce sont les meilleurs boxeurs au monde. Et pouvoir monter PETROSYAN contre Buakaw POR PRAMUK ou Andy SOUWER contre Albert KRAUS serait un rêve.
On peut les voir bien sûr sur Youtube, ou bien il faut se déplacer au Japon. Mais pouvoir organiser ces matches là, serait pas mal !
Muaythaitv : Dans vos souvenirs, quel a été le combattant le plus dur à gérer ?
Je vais faire abstraction de nos deux, trois citoyens qui ont un peu « pris le melon ». À part ceux là que je ne citerai pas, je dirai Rick ROUFUS.
Muaythaitv : Pourquoi ?
Parce qu’il était conscient de sa valeur, il était difficilement gérable. Lorsque nous avions organisé le match aller contre HOOST, il ne voulait pas venir à la pesée. Car il ne voulait pas se peser à côté de HOOST. J’ai appris qu’il serai « un tantinet » raciste.
Il a fallut que j’aille le chercher, que je lui parle d’homme à homme... Je lui ai dit : « Tu es à Marseille, tu vas faire ce qu’on va te dire, et tu vas venir à la pesée. »
C’est vrai que nous n’avons pas besoin de ces moments là, mais nous étions obligés de prendre « le taureau par les cornes », pour imposer les choses.
Ensuite, lors d’une autre promotion, il m’avait tellement « emmerdé », qu’au moment de repartir chez lui, j’ai demandé à mes chauffeurs de ne pas aller le chercher, et de le laisser attendre.
Donc à 5 h du matin, il attendait le chauffeur pour aller prendre son avion, et du coup il l’a loupé. Il était donc obligé de prendre un taxi, et comme il était hyper chargé, il a du prendre deux taxis...
Ça lui a « coûté un saladier », lui qui ne voulait pas sortir d’argent… Mis à part cela, on a passé d’excellents moments ensemble. Mais il y a des moments dans l’organisation où l’on doit gérer de l’humain et ce n’est pas toujours facile. Avant un combat, il y a de véritables tensions avec des athlètes de cette pointure là, ce n’est pas évident.
Muaythaitv : Un conseil pour ceux qui aimeraient organiser, ou qui se sont essayés à l’organisation sans succès, que doit on prendre en compte pour que « le jour J », la soirée ne soit pas gâchée ?
Personnellement, de part mon expérience, pour en avoir fait mon métier, puisque je suis par ailleurs organisateur et producteur d’autres spectacles dont certains culturels : on ne s’improvise pas organisateur.
Alors qu’aujourd’hui, il suffit que le patron du club du coin qui a un jeune qui monte, va « gratter » deux subventions ici ou là, et il va se dire : "ça y est, je suis organisateur !" sans avoir aucune base.
Donc au final, il se plante...
Je pense qu’être organisateur est un vrai métier, il faut avoir des bases solides. Il faut avoir suffisamment de recul par rapport aux évènements qui arrivent tous les jours, pour ne pas être débordé. Il faut savoir s’entourer, c’est aussi une affaire de moyens.
Il faut penser à tout ça lorsqu’on se lance dans l’organisation. Ceci dit, c’est une affaire de moyens bien sûr, mais je connais autour de chez nous ici en Provence-Alpes-Côtes d’Azur, de très bonnes petites organisations qui se passent très bien avec des gens qui n’ont pas la prétention d’être des organisateurs professionnels et qui arrivent justement à prendre suffisamment de recul, et ainsi faire des organisations de bonne facture. Et l’organisateur qui respecte son public, qui met en place des bonnes réceptions, et qui monte des combats équilibrés, je crois que c’est l’organisateur qui a tout juste.
Muaythaitv : Le public de Marseille, est-il différent des autres, comment est apprécié le pieds-poings dans la région ?
Non, le public n’est pas différent, je pense que le public, en règle général, il ne faut pas le tromper, qu’il soit parisien ou marseillais ou autre. Et si on ne veut pas le tromper, il faut lui proposer un bon programme.
Si l’on propose un bon programme au public, celui-ci ne peut être que ravi. Le public ne peut pas repartir en boudant. Il suffit de monter un bon programme, une bonne réception, des matches équilibrés et ainsi le public sera ravi. Alors, concernant Marseille, on dit : "c’est dur, c’est dur…", mais dans cette ville, si on propose au public deux « pommes de terre » sur le ring, oui en effet le public va être dur !
Si on lui donne les matches que nous allons lui donner à la prochaine « Nuit des Champions », je pense que le public repartira ravi, il y aura de quoi, et surtout il en aura pour son argent !
Muaythaitv : Y a-t-il eu un moment, où vous aviez envie d’arrêter cette activité d’organisateur ?
Une fois ou deux, ça été très dur parce que la conjoncture n’était pas la bonne. C’était un petit peu compliqué. J’ai commencé à organiser, il y a très longtemps où il n’y avait vraiment pas d’aides. Il fallait donc « essuyer les plâtres », on faisait 300 personnes dans la salle. Et à la fin de la soirée, il fallait sortir le chéquier… Avec mon épouse qui avait un petit dans chaque bras, on se posait des questions, est ce qu’on continue à se faire plaisir à organiser ou alors on va passer notre temps à faire autre chose ?
On s’est finalement accroché, par passion, et depuis jamais l’idée d’arrêter ne m’a effleuré. J’espère encore durer longtemps, j’ai eu 55 ans il y a quelques jours. Mon fils Anthony travaille avec moi, c’est un passionné. Il connaît la boxe par cœur et j’espère qu’il prendra la relève.
Mais moi, tant que je pourrai être présent, je le serai ! Car je prends beaucoup de plaisir à organiser et ça fait aussi parti de mes acquis. Je suis professionnel aussi dans la production et dans l’organisation, donc je ne vois pas pourquoi je lâcherai.
Muaythaitv : Vous êtes donc organisateur, mais on vous a aussi aperçu dans le coin de boxeurs, je pense notamment à Thomas ADAMANDOPOULOS. Vous vous occupez aussi d’un club, pouvez nous nous en parler ?
J’ai un club depuis toujours, alors c’est vrai qu’on m’identifie comme un promoteur organisateur, c’est des termes un peu « pompeux » que je n’aime pas trop dans la mesure où on les attribue à tous ceux qui réunissent des boxeurs sur le ring. Pour moi, je n’appel pas ça des organisateurs, encore une fois, il y en a qui font très bien leur travail, et j’aurai des noms à citer pas très loin de chez moi… Mais, on m’identifie plutôt à l’organisation, alors qu’en fait au départ, je suis enseignant, j’ai été combattant, il y a très longtemps jusqu’en 1982, ensuite j’ai du arrêter suite à une blessure. Donc j’ai passé mon monitorat, j’ai passé ma ceinture noire, mes grades, j’ai ouvert un club il y a 30 ans. Il se nomme le "Full Contact Academy" dans lequel on pratique aussi bien le full que la thaï.
J’ai ce club qui marche très fort, j’ai de très belles installations. Il y a beaucoup de monde, les cours sont mixtes. On se fait plaisir, j’ai trois moniteurs avec moi. Et ma principale activité sportive, c’est l’enseignement.
Aujourd’hui, j’ai un Brevet Professionnel en Full Contact, et une Brevet Professionnel en Muaythaï et il m’arrive d’organiser une fois par an. C’est la cerise sur le gâteau. C’est un moment fort dans un travail de terrain permanent et j’appelle ça, la « Nuit des champions ».
Muaythaitv : Avez-vous quelque chose à rajouter, un message pour les internautes ?
Pour les internautes de Muaythaitv, je pense qu’ils sont fidèles car je vais souvent sur Muaythaitv, je sais que c’est beaucoup fréquenté, que c’est beaucoup lu, et je sais que Muaythaitv fait la part des choses aussi.
Muaythaitv ne s’engage pas dans les polémiques stériles. Ce que je peux dire aux internautes, c’est de suivre au plus près la prochaine "Nuit des Champions" et d’apporter des critiques s’ils en ont. La critique fait toujours avancer. Un grand merci à Muaythaitv, même si je me répète, ils savent faire la part des choses, et ne pas se projeter dans les règlements de compte, dans des discours, des tchatches stériles. Celui qui déborde un peu sur le site, il est repris à l’ordre, ça j’apprécie assez.
Muaythaitv.com : Bonjour Erick ROMEAS, en quoi cette nouvelle « Nuit des Champions » sera t- elle différente des autres ?Erick ROMEAS : Sportivement parlant, je dirais que nous avons atteint un niveau que nous n’avions pas atteint depuis des années, que cela soit aussi bien en Muay thaï, comme en Full Contact. Tous les combats ont un intérêt et je pense qu'en Full Contact, le match Samir « Petit Prince » contre Bruce CODRON, comme Sébastien PACE opposé à Christophe LANDAIS ont tous une signification et je pense que le public va se retrouver à travers tous ces matches là.
En Muay thaï, il y aura la confrontation entre Abdellah MABEL et Farid VILLAUME, même si certains disent que pour MABEL ce n'est pas le moment. Moi je pense que c'est tout simplement l'heure ! Concernant la rencontre entre le thaïlandais Khem et Fabio PINCA, là on assistera à du haut de gamme ! Ensuite, le championnat de France en Muay thaï prouvera qu'il y a un gros niveau national en Muay thaï en opposant Damien ALAMOS et le marseillais Thomas ADAMANDOPOULOS.
Donc voilà, sportivement, je crois qu'il y a des années que dans sa globalité, les matches n'ont pas été de ce niveau là. Il est vrai que les années précédentes, il y a toujours eu des combats phares, des gros combats : notamment BERBACHI vs ALLOUACHE, ou comme BERBACHI vs Samir « Petit Prince », ou bien d’autres, on ne peut pas les citer tous...Mais en Muaythaï, comme en Full Contact, ce samedi 14 novembre 2009, nous allons avoir un vrai niveau. Un niveau jamais atteint depuis de nombreuses années.
Muaythaitv : Par rapport au programme prévu initialement (voir l'article) pour cette seizième « Nuit des Champions », y a t-il eu des dernières modifications dans les oppositions ?
À la base, nous avions prévu un adversaire pour Sofiane ALLOUACHE, il s’agissait de Steeve VALENTE . Steeve qui nous avait envoyé des mails, nous a appelé pour boxer, il souhaitait vraiment boxer dans notre organisation. Je lui ai dit ok, Steeve VALENTE contre Sofiane ALLOUACHE, ça va faire un combat sympa. Et puis, il s’est décommandé, j’ai donc pris Mehdi BAHGDAD, qui est à mon sens un boxeur de très bonne facture. Il a fait malheureusement un mois avant, un combat où il s’est blessé au bras. Il a donc déclaré forfait. Donc là, nous avons pris Frédéric BERICHON qui est loin d’être un manchot et je pense que contre Sofiane, ça va faire un match assez rude.
En plus c’est "un local", j’aime bien faire sortir "les locaux". Quand je dis "locaux", je parle des gens qui sont dans la deuxième partie de la France, la partie sud.
C’est vrai que dans le nord, nous ne sommes pas souvent invités nous les gens du sud, pour aller boxer dans le nord. Dans le sud, c’est vrai qu’il y a de très bon nakmuays et de très bons fulleurs. Je prends plaisir à faire boxer les gens de mon pays.
Muaythaitv : Cela fait 21 années que vous organisez au Palais des Sports de Marseille, que retenez vous de votre parcours ?
Le constat est le suivant, jamais je n'aurai pu penser que cela puisse prendre un tel essor, un tel engouement ces disciplines pieds-poings que cela soit en Full, en Kick, en Thaï et autre.
En règle générale, jamais je n'aurai pensé qu'il puisse y avoir une émulation telle, que cela soit au niveau fédérale, au niveau promotion, au niveau organisation.
Il est vrai qu'on monte en épingle, c'est un peu décousu, car actuellement dans le paysage de l'organisation on voit tout et n'importe quoi. Mais par ce que je fait, je suis satisfait, je suis satisfait d'être encore là 21 ans après. Je dit 21 ans après, en réalité, ça fait plus de 30 ans que nous organisons et qu'on cherche toujours à améliorer et qu'on y va crescendo.
Avec Bruce CODRON
Muaythaitv : En terme d'organisation, quel est votre idéale, votre modèle, qu'est ce qu'une organisation parfaitement réussie ?
Une organisation réussie, c'est un public ravi. Que la salle soit petite ou grande, qu'il fasse chaud, qu'il fasse froid, peu importe tant que le public est ravi, tant qu’ il y a eu une bonne réception et de bons combats. Il est vrai que le seul modèle en termes d'organisation que l'on peut avoir aujourd'hui, c'est le modèle japonais. C'est très protocolaire, très organisé, très "carré", personne ne court.
Muaythaitv : Justement à l'inverse, quelle est la plus forte crainte d'un organisateur ? Que le public ne soit pas ravi ? Cela vous est-il déjà arrivé ?
Oui c'est ça, il est vrai qu'à la grosse majorité, le public s'est toujours retiré ravi. Mais il y a quelques années de cela, j'ai eu à organiser des combats qui n'ont pas tenu leurs promesses. Parce qu'au dernier moment, il a fallut changer. Je me souviens d’un combat, où j'avais invité Kazuyoshi ISHII, patron du K-1 c'était en 1998. J'avais monté le combat en Muay thaï, Maurice SMITH vs Ernesto HOOST. J'ai donc fait une grosse pub, et Ernesto HOOST, un mois avant se fait mettre KO par Jérôme LEBANNER au Japon. J'étais à cette soirée là, et j'étais obligé de le remplacer par un autre boxeur.
On a donc pris le frère de Rick ROUFUS : Jeff ROUFUS. Qui avait quand même boxé plusieurs fois au Japon. Ce combat s'est avéré être une catastrophe, j'ai été très déçu, le public n'a pas été très ravi non plus. Le match n'a pas tenu ses promesses.
Qu'il n'y ait pas eu Ernesto HOOST, d'accord, mais c'est à moi en tant qu’organisateur d'assurer un combat de même niveau. L'année d'avant, j'avais fait boxer Jeff contre un américain dont je ne me souviens plus le nom, et là Jeff ROUFUS avait fait forte impression. Donc, je me suis dit, ça va le faire. Mais ça n'a pas été du tout le cas...Néanmoins, ce boxeur là, je l'ai retrouvé au Japon et ISHII l'avait pris en contrat.
Donc, au final ce n'était pas un si mauvais que ça.
« On ne peut plus faire une affiche
sur un seul nom. »
sur un seul nom. »
Muaythaitv : 21 ans d'organisation, qu'est ce qui a véritablement changé depuis vos débuts ?
Ce qui a changé, c’est qu’il n’y a plus de vedettes. À l’époque, il y a 21 ans, j’organisais avec des icônes. C'est-à-dire avec Rick ROUFUS, Ernesto HOOST et Rob KAMAN. Donc c’étaient vraiment des icônes, nous pouvions faire une affiche sur un seul nom à l’époque.
Aujourd’hui, on ne peut pas faire une affiche sur un nom. Parce que la boxe au niveau de la compétition s’est démocratisée. Elle s’est plus ouverte. Donc il y a beaucoup plus de boxeurs qui sont d’un excellent niveau, mais il n’y en a pas un qui se détache particulièrement des autres.
Les seuls qui se détachent sont certains boxeurs du K-1 World Max. Des boxeurs comme Buakaw POR PRAMUK, Albert KRAUS, Andy SOUWER, ou comme Giorgio PETROSYAN aujourd’hui.
Mais ces boxeurs là, on ne peut pas les toucher… Donc, on n’en parle pas.
Ce qui a véritablement changé, c’est qu’on ne peut plus faire une affiche sur un seul nom, on est obligé de « taper » sur plusieurs pointures de façon, à ce que si jamais il y a un gros combat qui « tombe à l’eau », ce n’est pas trop grave, il pourrait être compensé par le reste du programme.
Célébration des 20 ans d'organisation à la précédente "Nuit des Champions" 2008
« Rick ROUFUS contre Ernesto HOOST,
un match d’anthologie. »
un match d’anthologie. »
Muaythaitv : Quelle est l’opposition qui vous a le plus excité ? Et celle que vous avez toujours rêvé de faire ?
Celle qui m’a excité le plus, c’est Rick ROUFUS contre Ernesto HOOST, le premier combat. C’était en 1992, un match d’anthologie. À l’époque, ce combat avait une vraie signification. C’était deux « calibres » au niveau planétaire. Il n’y avait pas mieux, j’avais pu me les offrir, et ils nous avaient donné douze rounds « d’enfer », ça a été diffusé sur TF1. C’était la quintessence de ce qu’on pouvait trouver à l’époque en pieds-poings. Et celui que j’aurai aimé faire et que je n’ai jamais fait… Je ne sais pas… Il y en a tellement...
Muaythaitv : Par exemple ?
J’aurai bien aimé faire boxer, les gens que j’ai cité précédemment, ceux du K-1 World Max. À mon sens aujourd’hui, ce sont les meilleurs boxeurs au monde. Et pouvoir monter PETROSYAN contre Buakaw POR PRAMUK ou Andy SOUWER contre Albert KRAUS serait un rêve.
On peut les voir bien sûr sur Youtube, ou bien il faut se déplacer au Japon. Mais pouvoir organiser ces matches là, serait pas mal !
Muaythaitv : Dans vos souvenirs, quel a été le combattant le plus dur à gérer ?
Je vais faire abstraction de nos deux, trois citoyens qui ont un peu « pris le melon ». À part ceux là que je ne citerai pas, je dirai Rick ROUFUS.
Muaythaitv : Pourquoi ?
Parce qu’il était conscient de sa valeur, il était difficilement gérable. Lorsque nous avions organisé le match aller contre HOOST, il ne voulait pas venir à la pesée. Car il ne voulait pas se peser à côté de HOOST. J’ai appris qu’il serai « un tantinet » raciste.
Il a fallut que j’aille le chercher, que je lui parle d’homme à homme... Je lui ai dit : « Tu es à Marseille, tu vas faire ce qu’on va te dire, et tu vas venir à la pesée. »
C’est vrai que nous n’avons pas besoin de ces moments là, mais nous étions obligés de prendre « le taureau par les cornes », pour imposer les choses.
Ensuite, lors d’une autre promotion, il m’avait tellement « emmerdé », qu’au moment de repartir chez lui, j’ai demandé à mes chauffeurs de ne pas aller le chercher, et de le laisser attendre.
Donc à 5 h du matin, il attendait le chauffeur pour aller prendre son avion, et du coup il l’a loupé. Il était donc obligé de prendre un taxi, et comme il était hyper chargé, il a du prendre deux taxis...
Ça lui a « coûté un saladier », lui qui ne voulait pas sortir d’argent… Mis à part cela, on a passé d’excellents moments ensemble. Mais il y a des moments dans l’organisation où l’on doit gérer de l’humain et ce n’est pas toujours facile. Avant un combat, il y a de véritables tensions avec des athlètes de cette pointure là, ce n’est pas évident.
Muaythaitv : Un conseil pour ceux qui aimeraient organiser, ou qui se sont essayés à l’organisation sans succès, que doit on prendre en compte pour que « le jour J », la soirée ne soit pas gâchée ?
Personnellement, de part mon expérience, pour en avoir fait mon métier, puisque je suis par ailleurs organisateur et producteur d’autres spectacles dont certains culturels : on ne s’improvise pas organisateur.
Alors qu’aujourd’hui, il suffit que le patron du club du coin qui a un jeune qui monte, va « gratter » deux subventions ici ou là, et il va se dire : "ça y est, je suis organisateur !" sans avoir aucune base.
Donc au final, il se plante...
Je pense qu’être organisateur est un vrai métier, il faut avoir des bases solides. Il faut avoir suffisamment de recul par rapport aux évènements qui arrivent tous les jours, pour ne pas être débordé. Il faut savoir s’entourer, c’est aussi une affaire de moyens.
Il faut penser à tout ça lorsqu’on se lance dans l’organisation. Ceci dit, c’est une affaire de moyens bien sûr, mais je connais autour de chez nous ici en Provence-Alpes-Côtes d’Azur, de très bonnes petites organisations qui se passent très bien avec des gens qui n’ont pas la prétention d’être des organisateurs professionnels et qui arrivent justement à prendre suffisamment de recul, et ainsi faire des organisations de bonne facture. Et l’organisateur qui respecte son public, qui met en place des bonnes réceptions, et qui monte des combats équilibrés, je crois que c’est l’organisateur qui a tout juste.
Muaythaitv : Le public de Marseille, est-il différent des autres, comment est apprécié le pieds-poings dans la région ?
Non, le public n’est pas différent, je pense que le public, en règle général, il ne faut pas le tromper, qu’il soit parisien ou marseillais ou autre. Et si on ne veut pas le tromper, il faut lui proposer un bon programme.
Si l’on propose un bon programme au public, celui-ci ne peut être que ravi. Le public ne peut pas repartir en boudant. Il suffit de monter un bon programme, une bonne réception, des matches équilibrés et ainsi le public sera ravi. Alors, concernant Marseille, on dit : "c’est dur, c’est dur…", mais dans cette ville, si on propose au public deux « pommes de terre » sur le ring, oui en effet le public va être dur !
Si on lui donne les matches que nous allons lui donner à la prochaine « Nuit des Champions », je pense que le public repartira ravi, il y aura de quoi, et surtout il en aura pour son argent !
« À l’époque,
on faisait 300 personnes dans la salle. »
on faisait 300 personnes dans la salle. »
Muaythaitv : Y a-t-il eu un moment, où vous aviez envie d’arrêter cette activité d’organisateur ?
Une fois ou deux, ça été très dur parce que la conjoncture n’était pas la bonne. C’était un petit peu compliqué. J’ai commencé à organiser, il y a très longtemps où il n’y avait vraiment pas d’aides. Il fallait donc « essuyer les plâtres », on faisait 300 personnes dans la salle. Et à la fin de la soirée, il fallait sortir le chéquier… Avec mon épouse qui avait un petit dans chaque bras, on se posait des questions, est ce qu’on continue à se faire plaisir à organiser ou alors on va passer notre temps à faire autre chose ?
On s’est finalement accroché, par passion, et depuis jamais l’idée d’arrêter ne m’a effleuré. J’espère encore durer longtemps, j’ai eu 55 ans il y a quelques jours. Mon fils Anthony travaille avec moi, c’est un passionné. Il connaît la boxe par cœur et j’espère qu’il prendra la relève.
Mais moi, tant que je pourrai être présent, je le serai ! Car je prends beaucoup de plaisir à organiser et ça fait aussi parti de mes acquis. Je suis professionnel aussi dans la production et dans l’organisation, donc je ne vois pas pourquoi je lâcherai.
Avec Youssef AKNENNI, Attachaï FAIRTEX et Anthony ROMEAS
Muaythaitv : Vous êtes donc organisateur, mais on vous a aussi aperçu dans le coin de boxeurs, je pense notamment à Thomas ADAMANDOPOULOS. Vous vous occupez aussi d’un club, pouvez nous nous en parler ?
J’ai un club depuis toujours, alors c’est vrai qu’on m’identifie comme un promoteur organisateur, c’est des termes un peu « pompeux » que je n’aime pas trop dans la mesure où on les attribue à tous ceux qui réunissent des boxeurs sur le ring. Pour moi, je n’appel pas ça des organisateurs, encore une fois, il y en a qui font très bien leur travail, et j’aurai des noms à citer pas très loin de chez moi… Mais, on m’identifie plutôt à l’organisation, alors qu’en fait au départ, je suis enseignant, j’ai été combattant, il y a très longtemps jusqu’en 1982, ensuite j’ai du arrêter suite à une blessure. Donc j’ai passé mon monitorat, j’ai passé ma ceinture noire, mes grades, j’ai ouvert un club il y a 30 ans. Il se nomme le "Full Contact Academy" dans lequel on pratique aussi bien le full que la thaï.
J’ai ce club qui marche très fort, j’ai de très belles installations. Il y a beaucoup de monde, les cours sont mixtes. On se fait plaisir, j’ai trois moniteurs avec moi. Et ma principale activité sportive, c’est l’enseignement.
Aujourd’hui, j’ai un Brevet Professionnel en Full Contact, et une Brevet Professionnel en Muaythaï et il m’arrive d’organiser une fois par an. C’est la cerise sur le gâteau. C’est un moment fort dans un travail de terrain permanent et j’appelle ça, la « Nuit des champions ».
L'année dernière visite au club
avec Attachaï, Sudsakorn, Fabrice PAYEN et Naruepol
avec Attachaï, Sudsakorn, Fabrice PAYEN et Naruepol
Muaythaitv : Avez-vous quelque chose à rajouter, un message pour les internautes ?
Pour les internautes de Muaythaitv, je pense qu’ils sont fidèles car je vais souvent sur Muaythaitv, je sais que c’est beaucoup fréquenté, que c’est beaucoup lu, et je sais que Muaythaitv fait la part des choses aussi.
Muaythaitv ne s’engage pas dans les polémiques stériles. Ce que je peux dire aux internautes, c’est de suivre au plus près la prochaine "Nuit des Champions" et d’apporter des critiques s’ils en ont. La critique fait toujours avancer. Un grand merci à Muaythaitv, même si je me répète, ils savent faire la part des choses, et ne pas se projeter dans les règlements de compte, dans des discours, des tchatches stériles. Celui qui déborde un peu sur le site, il est repris à l’ordre, ça j’apprécie assez.





























