Duel à Santa Cruze
Sidy KONE détrône le Roi Cesar CORDOBA
Par Yann Saulnier le vendredi 12 mai 2006
Santa CRUZE est la capitale de l’île Espagnole de Tenerife située au large des côtes Africaines en face du Sahara Occidental. C’est dans cette petite île que le promoteur Espagnol Ruibal MOISES organise fréquemment des rencontres de Muay Thai et de Kick Boxing.Ce samedi 6 mai 2006, «MOÏ» comme on l’appelle là bas avait organisé un duel au sommet entre le Français Sidy KONE et la star Espagnol César CORDOBA.
CORDOBA c’est «LE» champion espagnol de Muay Thai. Depuis qu’il a mis les pieds sur un ring la première fois, il n’a jamais perdu. En plus d’être invaincu en 52 combats, CORDOBA se paye le luxe de présenter une carte de visite particulièrement impressionnante puisqu’il annonce 46 victoires par KO et qu’il a été de plus membre de l’équipe Olympique de Boxe Anglaise d’Espagne.
Sa renommée en Espagne dépasse largement la dimension sportive.
Très récemment, il s’est même imposé aux points a deux reprises face à Aurélien DUARTE.
Tout cela pour dire que «Cordo» comme le public le désigne ici c’est «la grande classe» et que pour prétendre lui faire face sur un ring il faut un sacré «cran».
Sidy KONE était prévenu. Le match maker Carlos RAMJANALI n’avait pas cherché à le lui cacher : «Il nous faut quelqu’un de vraiment dur, car la majeur partie de ses adversaires ne tiennent pas 2 reprises et finissent toujours KO ».
Ce tableau aurait pu décourager plus d’un Nak Muay. Mais Sidy KONE «à faim de combats».
Depuis le début de cette saison il n’avait pas boxé. Pourtant des propositions lui ont été faites, mais à chaque fois soit l’adversaire se désistait ou le gala était annulé au dernier moment.
La saison dernière il n’avait effectué que quelques reprises face à Francis KITTOKO en Finale du championnat de France.
Il accepta donc ce combat avec toute la difficulté que cela représente de rencontrer un adversaire de ce type sans avoir effectué d’autres combats en début de saison.
Le champion Français savait qu’il se lançait un défi à lui même. Il mit alors tous les atouts de son coté pour préparer ce combat.
Après avoir visionné quelques combats de CORDOBA, il fit appel à Aurélien DUARTE pour qu’il lui fasse part de son expérience face à l’espagnol. Aurélien est même venu à son club «le Phénix» pour effectuer des «mises en situation». Parallèlement à cela il déclina avec son «staff» une stratégie générale et un ensemble de tactiques à appliquer tout au long du combat.Après le combat Sidy nous confiait : «Nous avions remarqué que les adversaires de CORDOBA ne lui faisaient en général pas face, et que personne encore n’avait essayé de le boxer durement. C’est donc ce que j’avais prévu de faire et je pensais qu’en grand champion qu’il est, il n’accepterait pas de reculer et qu’il aurait donc une réaction qui consiste à essayer de me toucher avec ses poings. C’est ce que j’attendais… ».
Cette anticipation du combat s’avéra excellente car tout se déroula vraiment de cette manière.
Durant la première reprise, Sidy KONE se positionnait au centre du ring et commençait à envoyer les middles (tei lam toa) très fort dans les bras de son adversaire alternés avec des low kicks (tei khâ) intérieurs et extérieurs. Ce travail de sape s’avérait particulièrement efficace car l’Espagnol prenait beaucoup de coups.
Au début de la seconde reprise, comme prévu «Cordo» ne tenait pas à «baisser le pavillon » ici sur le territoire Espagnol devant «son» public, piqué au vif il allait rentrer parfaitement dans la tactique du Français. Porté par son tempérament de guerrier, Cesar allait essayer de sortir les poings. Des poings certes très dangereux, mais dont toutes les trajectoires avait été étudiées minutieusement par le clan Français. Sidy KONE, bien enfermé dans sa garde vit une ouverture et décrochait en un quart de seconde une sorte de coup hybride tenant à la fois du crochet et de l’uppercut. Il percutait la pommette de CORDOBA qui fit un pas en arrière et alla rejoindre son coin.
Cette action allait donner suite à un instant de flottement dans le match puisque l’arbitre ne comptait pas Cesar CORDOBBA, en revanche le médecin de la rencontre vint ausculter le «guérilleros».Le match ne repris pas et Sidy KONE était donc déclaré vainqueur.
Avec cette victoire sur Cesar CORDOBA et celle qu’il avait infligée à Aziz JAHJAH il y à quelques temps, Sidy KONE apparaît désormais comme un des gros «clients» en Europe.
Nous attendons très prochainement ses combats que nous allons suivre avec grand intérêt.
Affaire à suivre.
A noter au cours de cette soirée :La victoire expéditive du Portugais Nuno NEVES (62 kg) dit «Lucky Luke » (reconaissable à son tatouage sur la jambe) qui foudroie son adversaire Espagnol Jose RAMON d’une droite plongeante au bout de quelques secondes de combat.
Egalement la victoire aux points du Portugais Luis REIS (72 kg) le petit frère de «José» (qui sévit en Superleague) sur un autre Espagnol : José MANUEL.
Egalement en combat d’encadrement :
En (5 x 2 mn) :
- Lorenzo JAVIER JORGE (Champion) l’emporte aux points face à Sergio AFONSO
- Jonathan PADILLA (Moi Rui) l’emporte aux points face à David MARTINEZ
En (4 x 2 mn) :
- CALERO (Moi Rui) l’emporte aux points sur Julian CANARION
- Daniel MONTESDEOCA ( Moi Rui) l’emporte aux points sur Cesar DORTA (Alpha)
- Juanna CHACON l’emporte par disqualification de son adversaire face à Moises VERA RAYA (Moi Rui)
Texte Yann Saulnier
Photos : Pedro et Ayoze
Remerciements à Fabrice RICONNEAU





















