Dossier sur le K-1
Par Thibaut Machu le vendredi 11 février 2005
A l’occasion de l’entrée de Farid VILLAUME, grand champion et « pur produit du Muay Thai », dans la compétition K-1 le 23 février à Tokyo au Japon. Samouraï TV en profite pour expliquer ce que représente cette compétition aux non-initiés. Il faut savoir que cette manifestation connait un succès grandissant au pays du soleil levant…Le K-1 c'est le plus haut niveau du Kick Boxing avec une structure de promotions équivalente à ce qui se fait en boxe anglaise aux Etats-Unis…consultez le site officiel du K-1 et vous serez convaincus !!La genèse d'un sport légendaire
Le K1 prend racine en 1980 lorsque le maître de karaté Kazuyoshi Ishii fonde l'école de karaté de Seidokan à Osaka au Japon. En parallèle des dojos et des clubs universitaires de karaté s'ouvrent dans la région de Kansai. L'année suivante les premiers tournois sont organisés à Osaka par Ishii et Seido Kaikan qui fait partie du nouveau corps régissant le karaté de Seidokan. En 1985 Seido Kaikan exporte cet art martial aux Etats-Unis et fonde un établissement dont la direction est confiée à Tom Edwards. Six ans plus tard Kaikan débarque à Tokyo et organise des compétitions entre des combattants Japonais et Américains. En 92 le premier K1 World Grand Prix se tient au stade de Yoyogi Dai-Ichi à Tokyo. 10 000 personnes se réunissent devant un ring où les combattants s'affrontent dans un art martial qui rassemble les techniques du karaté, du kick-boxing et du muay-thai. Les modalités du combat sont imaginées pour favoriser le spectacle et l'efficacité avec trois rounds de trois minutes et deux rounds supplémentaires si les juges sont indécis. La grande histoire du K1 peut commencer.Jusqu'ici tout va bien
Le K1 fait partie d'une nouvelle ère d'arts martiaux qui proposent aux combattants de toute la planète une alternative à leur discipline initiale. Les plus féroces disposent du Free fight où presque tous les coups sont permis avec la possibilité de combattre au sol permettant, en plus des coups, les prises de soumission. Le Free fight interdit en France mais adulé au Japon et au Etats-Unis a fait de nombreux émules parmi les « warriors » en désaccord avec les règles de bienséance. En parallèle le K1 apparaît comme une discipline plus policée qui attire les spécialistes de tous les arts martiaux et boxes pieds/poings.Le premier vainqueur (branco cikatic)du K1 World Grand Prix est croate, dès la deuxième édition un Géant venu des Pays-Bas, Ernesto Hoost, devient le nouveau champion et prouve l'universalité d'une discipline qui se veut ouverte à tous. Peu à peu le K1 devient une référence et acquiert une certaine notoriété. Des écoles sont ouvertes sur les cinq continents notamment aux Pays-Bas en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis. Le K1 World Grand Prix organisé chaque année en décembre à Tokyo devient un événement au Japon au même titre que les compétitions de sumo et les Pride (Free Fight). En France également des combattants s'intéressent à la discipline. A l'image de Jérôme Le Banner dit « Geronimo », un monstre d'1m 90 pour 119 kg qui a fait ses armes en devenant champion de kick-boxing et de muay-thai. Ce beau bébé qui nous vient du Havre est parvenu en 1995 à atteindre la finale du K1 Grand Prix ouvrant un portail à l'Hexagone. L'arrivée des parasites
Mais l'ouverture sur le monde, si elle a permis de créer une discipline riche abreuvée par les techniques des autres arts martiaux, a également attiré dans son sillage « des pseudos combattants » alléchées par ce gros gâteau qui brasse des millions de dollars. La dégénérescence arrive avec Bob Sapp. Cet ancien joueur de football-américain, connu pour son agressivité sur le terrain, a profité de sa notoriété aux Etats-Unis pour participer à des tournois de K1. Il a ainsi attiré la curiosité de spectateurs friands de spectaculaire. Seulement voilà, la bestiole qui pèse 170 kg et dont les muscles gonflés à l'extrême trahissent d'importantes prises de produits dopants, s'essouffle au bout de deux minutes et a du mal à lever ses jambes. Embêtant pour un sport pieds/poings. Le résultat : un gros boeuf sur le ring qui peine à se déplacer, déplorable au niveau technique. L'année dernière c'était au tour de François Botta, l'ancien champion du monde IBF de boxe anglaise (que les poings). Le résultat fut une fois encore lamentable. Il n'utilisa jamais ses jambes et finit disqualifié pour avoir frappé son adversaire au sol. 2003 était également l'arrivée dans le K1 de l'ancien sumo Akebono, le premier Hawaïen à devenir yokosuna. Le sumo de plus de 230 kg était opposé à...Bob Sapp. La limite était largement dépassée et si cette parodie de combat a ravi un certain type de public, le ridicule de cette confrontation a indéniablement taché l'image du K1. La dernière «guest star » annoncée est Mike Tyson. « Iron » Mike, ancien champion du monde de boxe anglaise, a soudainement décrété qu'il maîtrisait les techniques de jambes et qu'il pouvait rivaliser avec les meilleurs spécialistes mondiaux. Il devait affronter fin 2004 le Français Jérôme Le Banner adepte du low-kick et du cassage de jambe à l'ancienne. Le combat n’a jamais eu lieu…Mais bon, on rêve, on rêve, et entre temps, la vague Tyson se brise. Réticent à l'idée de se prendre un pied dans la tronche, Iron Mike négocie des règles pour lui, du style pas de combat au pied… bref, le K1 aurait alors une immense différence avec la boxe… Résultat, toujours pas de combat, et ça fait 6 mois. On peut soupçonner que Mike n'a été payé que pour la promo… pas pour combattre ! Avec Tyson dans le rôle de Balrog et Akebono dans le rôle d'Honda le K1 prend des allures de Street Fighter. Plus gros, plus lourd, plus destructeur, plus de téléspectateurs et moins d'art martial. Thibaut Machu 























