Delphine GUÉNON, l'ascension jusqu'à l'ENFUSION et Iman BARLOW
Par Julien LANCHAS le vendredi 05 avril 2019
Auteur de sa première saison chez les pros, la Saintaise Delphine GUÉNON a su très vite faire parler d'elle grâce à des victoires remarquées. A tel point que c'est elle qui a été appelée par les organisateurs (Youssef HALLOUANE et Anthony XERRA) pour remplacer Sarah MOUSSADAK lors de l'ENFUSION qui se tiendra à Orchies le 13 avril. Delphine affrontera ainsi Iman BARLOW pour la ceinture de l'ENFUSION. Elle nous en parle dans cette interview et revient sur son parcours.
MUAYTHAITV : Delphine, tu vas affronter Iman BARLOW, l'une des meilleurs boxeuses au monde. Comment appréhendes-tu ce combat ?
Je le prends très au sérieux et me prépare en conséquence avec mes entraîneurs ! J’ai affronté de grands noms cette année pour mes débuts chez les pros, parfois même en allant les chercher dans une catégorie de poids au-dessus de la mienne. Je vais tout donner, c’est une très belle opportunité pour moi. Je suis sur une bonne dynamique. C’est dans cet état d’esprit que je vais monter sur le ring.
Que peux-tu me dire sur Iman BARLOW ?
Iman BARLOW c’est une très bonne boxeuse, elle est dynamique et impose un gros rythme.
Et toi, quels sont tes atouts ?
Je suis plutôt rapide et puissante.
Quelles vont être les clés pour que tu puisses t'imposer ?
Imposer mon rythme, ne pas subir, être mobile et sortir de l’axe, travailler fort.
As-tu vu des failles chez Iman BARLOW, des choses à exploiter ?
Elle boxe en ligne, son rythme est soutenu mais régulier donc plutôt prévisible. Je sais que ça va être un combat intense. D’autant plus en 5x2mn alors que j’ai souvent boxer en 3x3mn.
Tu es, comme tu l'évoquais, sur une très bonne dynamique. Quels ont été les moment forts de cette première saison en pro ?
J’ai fait une grosse première année pro. L’objectif était de prendre de l’expérience. Elle a été marquée par une deuxième place au championnat d’Europe WAKO avec l’équipe de France qui m’a permise de me faire connaître.
Et puis j’ai affronté Cindy SILVESTRE dans sa discipline, le Muaythai. Je l’emporte. Premier gros temps fort car c’est une boxeuse dont on entend énormément parler, qui boxe énormément et donc qui a beaucoup d’expérience. Chaque combat a été un temps fort en vrai, car on n'a refusé aucune occasion.
Derrière, j’ai affronté Chiara VINCIS qui avait été championne d’Europe et du monde ISKA en 2016 je crois.
Et un très gros défi en Italie contre une pointure du K1 dans la catégorie de poids supérieure, Martine MICHIELETTO. J’en suis sortie grandie et plus forte. J’ai pris réellement conscience de mes capacités. J’ai encore de grosses échéances d’ici la fin de la saison. Et je sortirais encore plus grandie de ce combat à l'ENFUSION, dans tous les cas.
Quelles sont ces prochaines échéances ?
Je boxerai pour une ceinture Europe ISKA -53.5kg à LA NUIT DE L'IMPACT le 15 juin à Saintes contre Nicola KAYE.
D'autres combats prévus avant ça ?
Non, on a pris la décision de garder le mois de mai pour se reposer et se préparer pour le 15 juin. J’ai boxé toutes les 4 semaines, il faut maintenant faire place à la récupération. Il faut savoir aussi que je mène en parallèle un master dirigeant d’entreprise en alternance. Et donc je vais en profiter pour me concentrer sur mes examens et mon travail de manager dans mon entreprise.
Tu viens du judo. Quel a été ton parcours dans cette discipline ?
J’ai commencé à l’âge de 4 ans. Je suis rentrée en sport étude (pôle espoir de Poitiers) à l’âge de 13/14 ans puis j’ai eu la chance d’intégrer le pôle France d’Orléans à mes 16 ans. J’ai été 2 fois vice championne de France junior et j'ai décroché diverses médailles nationales et participé à quelques tournois internationaux avec l’équipe de France junior. J’ai été Athlète de 1ère division pendant 5 ans. J’ai arrêté complètement quand je suis passée classe A, c’est à dire il y a 3 ans maintenant.
Qu'est-ce qui t'a décidé à te mettre au pieds-poings en parallèle du judo ? Puis pourquoi ton coeur a penché vers l'un plutôt que l'autre ?
Je ne me retrouvais plus dans les valeurs de ce sport, des sélections par copinages et non plus par résultats m’ont un peu dégoûtée. J’ai eu ensuite un problème de santé qui m’a éloignée des tatamis pendant une saison. J’avais besoin de me défouler et dès que j’ai pu reprendre une activité j’ai commencé le pieds-poings. Je suis tombée dans un très bon club avec un excellent entraîneur aux valeurs exemplaires. J’ai accroché et j’ai eu envie direct de faire un combat, pour voir ce dont j’étais capable. Un combat, un championnat, une saison... et je n’ai plus arrêté ! J’avais repris le judo en parallèle, j’avais réussi à remonter en 1ère division. Mais les deux sports à ce niveau c’était très dur. Et j’ai donc fait le choix du kick boxing car c’était ce qui me faisait le plus vibrer à ce moment là et là où je pouvais aller chercher de nouveaux objectifs. Le judo, ça reste un sport que j’aime énormément, j’avais ça dans le sang. Quand je peux je vais mettre le kimono. C’est rare mais ça m’arrive encore un petit peu.
Est-ce que ton expérience du judo te donne quelque chose en plus dans ta boxe ?
Oui, je pense que déjà mon vécu de compétitrice depuis très jeune m’apporte une certaine « sérénité », ça m’a beaucoup aidé au début sur mes premiers championnats ou gros événements, j’avais déjà vécu ça dans un autre sport. Après, dans ma boxe, mon explosivité, en muay thaï le corps à corps, ou des réflexes naturels de balayages, etc.
Pour la suite, quelles adversaires aimerais-tu affronter ?
Là comme ça, je ne sais pas trop, il y a encore du monde à affronter, ce n’est pas ce qui manque ! Mais Gloria PERITORE par exemple.
Pourquoi Gloria PERITORE ?
C’est une des premières boxeuses que j’ai vu boxer et je l’ai vue plusieurs fois depuis mes débuts. J’aime bien sa boxe, son état d’esprit. C’était un exemple. Je n’ai pas de nom précis pour le moment. Ça sera pour la saison prochaine maintenant, ça nous laisse du temps pour y réfléchir. Il y a de belles oppositions à faire dans ma catégorie.
Qui d'autre par exemple ?
Sarah MOUSSADAK, car elle a démarré sa jeune carrière pro en même temps que moi, elle a fait elle aussi une belle année en ayant en plus fait son entrée au GLORY.
Quels sont tes objectifs, tes envies dans ce sport ?
A court terme, on ne va pas se mentir, je vais tout donner pour revenir avec la ceinture de l'ENFUSION et décrocher la ceinture Europe ISKA. Continuer quelque temps a boxer à l'ENFUSION. J’espère faire à nouveau une sortie avec l’équipe de France pour le championnat du monde WAKO en début de saison. J’aime bien le concept. Et à plus long terme aller chercher une ceinture monde ISKA et rejoindre le GLORY.
Et le Muaythai, ça t'a plu ? Tu as envie de continuer ?
C’était mon troisième combat en Muay contre Cindy SILVESTRE (j’avais fait un tournoi en Muaythai l’an dernier en classe A chez Anthony XERRA). J’aime bien le Muaythai en effet, je pense en faire encore. Après, je suis plus à l’aise en K1.
As-tu un boxeur ou une boxeuse que tu as un peu comme modèle, du moins qui t'inspire beaucoup ?
En boxeuse, ça ne serait que cliché de dire Anissa MEKSEN et pourtant son parcours en fait rêver plus d’une. Et au-delà de ça, elle a une boxe qu’on ne peut qu’admirer et une humilité exemplaire.
Pour acheter vos places pour l'ENFUSION, c'est ici : BILLETTERIE























