Daren ROLLAND, révélation #2
Par Julien LANCHAS le lundi 27 août 2018
Après Greg GOTTARDI sur la troisième marche du podium, il est temps de vous révéler qui nous avons placé en deuxième place de notre top 3 des révélations de la saison. Il s'agit de Daren ROLLAND. Daren vient de réaliser sa première saison chez les pros mais on a comme l’impression de le connaitre depuis des lustres. Il faut dire que ses performances en junior avec l’équipe de France lors de plusieurs championnats IFMA ne nous avaient donné qu’une hâte, le voir au plus vite au très haut niveau..
Daren est tout jeune, 19 ans, mais cela fait déjà une décennie qu’il pratique son sport ! Un jour, alors qu'il a 9 ans, le centre aéré dans lequel il se trouve propose une activité Muaythai sous forme de tournoi avec d’autres centres aérés. L’ancien champion du monde Abel EL QUANDILI, en lien avec cette activité, promet au vainqueur une inscription gratuite dans le club qu’il dirige. Daren remporte le tournoi et donc le droit de rejoindre cette salle juste en bas de chez lui, dans lequel oeuvre déjà son grand frère Mathieu TAVARES (ils ont la même mère mais pas le même père). Daren n’est pas très assidu au début voire même turbulent. A tel point qu’il se fait tout bonnement mettre à la porte au bout de seulement deux mois. Daren est certes un peu bagarreur mais il n’a pas un mauvais fond. Il présente ses plus plates excuses quelques mois plus tard et renoue avec ce sport qui va peu à peu l’assagir. « La boxe m’a inculqué des valeurs, des valeurs d’homme, j’ai alors arrêté de me battre dehors. La team El Quandili est devenue une deuxième famille. Avec mon frère Mathieu on est devenu encore plus fusionnels, on est tout le temps ensemble, on s’entraine tout le temps tous les deux. Et Abel est notre mentor, on lui dit tout, c’est un membre de notre famille. »
Daren, son frère Mathieu TAVARES et leur coach Abel EL QUANDILI
Quand Daren se lance dans la compétition, ça commence plutôt mal. Il perd ses quatre premiers assauts techniques, en kickboxing, pour coups trop appuyés. Mais comme dit plus haut, le jeune bagarreur va se muer petit à petit en garçon plus réfléchi. Il fait ainsi les championnats de France éducatifs pendant 6 ans en kickboxing et 5 ans en muaythai. Il sera sacré à chaque fois.
C’est une fois en junior qu’il peut boxer en plen contact. Mais à son poids, 48kg, il n’y a personne et il fait alors les championnats de France de kickboxing en -51kg. Là aussi il remporte le titre. Quelques semaines plus tard, pour les championnats de France en muaythai, c’est à 54kg qu’il est obligé de boxer pour avoir des adversaires ! Il perd en demi-finale contre Clément ADROVER. « Je me suis dit alors que le muaythai n’était pas fait pour moi. Je disais à mon frère "Je n’aime pas ça, je ne veux plus en faire" ». Mais le destin en a décidé autrement. L’équipe de France le sélectionne pour la coupe du roi 2015, en junior. Daren décroche une médaille de bronze -51kg, s’inclinant en demi-finale face à un nak muay thaïlandais.
Les sélectionneurs de l’équipe de France ont grandement apprécié la boxe de Daren. Ils le rappellent donc pour les championnats du monde en Suède en 2016. Daren se montre plus qu’à la hauteur puisqu’il décroche une médaille d’or junior -54kg. Six mois plus tard c’est à nouveau d’or qu’il est couvert, en classe B -54kg, lors des championnats d’Europe en Croatie ! « J’étais tellement heureux ! Je n’étais pas si nul que ça en muaythai finalement (rires) ! Ça m’a complètement fait changer d’avis sur moi et le muay. »
Daren continue donc sur sa lancée, il devient champion de France classe A FFKMDA. Il prend notamment sa revanche sur Clément ADROVER en demi-finale et remporte la finale par KO.
Lors des championnats du monde IFMA 2017 en Biélorussie, Daren est cette fois en classe A. Il perd malheureusement au premier tour contre le Thaïlandais SPRINTER Pangkongprab, une décision quelque peu litigieuse.
A la rentrée suivante, cette saison donc, ça y est, Daren passe en pro. L’annonce de son premier combat fait déjà beaucoup de bruit puisqu’il sera opposé à Akram HAMIDI, un autre jeune phénomène, pour un duel entre deux des plus gros espoir du muaythai français. Daren s’incline. « On avait dû se boxer plusieurs fois et ça avait été annulé. Cette fois-ci c’était la bonne et il ne fallait vraiement pas que je rate ce combat. Mais j’ai perdu, j’étais dégoûté. Je me suis remis totalement en question. Est-ce que ma ma préparation a été mal faite ? Est-ce que ci, est-ce que ça ? Je n’étais vraiment pas bien. Mais ça m’a motivé encore plus, du coup je me suis entrainé vraiment TOUS les jours, deux fois par jour. »
Daren combat le mois suivant à Lille. Opposé à Sid Ali SAD, il s’impose avant la limite. « J’ai boxé avec la rage de ma défaite contre Akram HAMIDI, je ne pensais qu’à lui, je me disais "il faut que je le reboxe !" »
Justement, la revanche arrive. Cinq mois après leur première rencontre, le match retour a lieu à Meaux, au TEK FIGHT. La prestation de Daren est étincelante, d’une intelligence rare. Il empêche littéralement Akram HAMIDI de s’exprimer et s’impose avec brio. « Ce n’était pas le même combat du tout. Là j’étais affuté, je savais comment il boxait. Lui s’était fait un petit nom depuis, en boxant notamment contre NONG-ROSE, il fallait absolument que je gagne, chez moi en plus. Je trouve que j’ai fait le meilleur combat de ma carrière jusqu’à présent. Je savais que c’était un boxeur qui avançait, qui était très fort dans les cadrages. Au premier combat, quand je décalais, il ne savait pas trop où j’étais, donc on a travaillé les déplacements, je ne le laissais pas aller où il voulait, c’est moi avec mes déplacements qui l’emmenais où je voulais, et dès qu’il était dos aux cordes, il perdait ses moyens, c’est là que je travaillais et marquais mes points. » On attend évidemment la belle à présent. Et il semblerait que ce soit justement en négociations… Affaire à suivre.
Cette saison, Daren a ensuite fait trois autres combats. S’il s’est imposé par KO contre Dylan DELPHA au FINAL FIGHT, il s’est aussi incliné deux fois en K1, contre l’Italien Frederic CORDEIRO au PHENIX BOXING ONLY et contre Luc GENIEYS au CHOC DES GLADIATEURS. « Là j’ai le sentiment complètement inverse par rapport à il y a quelques années, maintenant c’est en K1 que j’ai l’impression d’être bien moins à l’aise, que je n’y arriverai pas. Après, honnêtement, je ne me vois pas perdant sur ces combats-là. Surtout celui contre Luc GENIEYS. Je prends un point de pénalité pour saisies répétées. Mais il aurait dû se faire compter sur un genou que je lui mets et qui le fait plier. Il prend le troisième round, c’est vrai, mais je prends les deux premiers. L’organisateur aussi me voit gagnant et il veut faire la revanche. Moi j’aimerais bien en tout cas… »
Daren sait ce qu’il lui reste à travailler pour encore progresser, la puissance. Il reconnaît que s'il est certes très rapide, il ne frappe pas encore assez fort. Si on lui demande quels boxeurs sont pour lui une source d’inspiration, il cite sans hésiter trois noms : Fabio PINCA, Jimmy VINEOT et SUPERBON Banchamek. « Je ne rate jamais un de leurs combats. Leur boxe est tellement belle à regarder, c’est du spectacle. »
Le spectacle Daren aime en produire lui aussi. Sur le ring… ou derrière un micro. Avec son meilleur ami, il forme le duo de rappeurs « BD & Dida ». Déjà un clip à leur actif, les deux compères ont en projet de faire de petits concerts d’ici peu.
Daren a également un travail pendant chaque période de vacances. Il est animateur dans un centre aéré, et pas n’importe lequel, celui de son enfance, celui avec lequel il a gouté au muaythai pour la première fois. Et comme pour boucler la boucle, il vient tout juste d’organiser un tournoi entre les jeunes de différents centres. Le vainqueur s’est vu offrir une inscription dans le club de Daren.
























