Dans l’intimité thaïlandaise
Massy le 28 février 2004
Par Brice Hoarau le vendredi 26 mars 2004
Lors de la réunion Ultimate Thaï 2, le 28 février dernier à Massy, trois Thaïlandais venus de Thaïlande étaient présents. Cela étant assez rare en France, nous en avons profité pour suivre leur préparation d’avant combat. Voici donc la présentation de THEPPARIT POR TUACHAI, PRATHED SOR THANIKUL et KAI (de gauche à droite sur la photo, autour de Guillaume KERNER). Nous tenons à remercier Gauvain PAILLARD qui nous a servi de traducteur.Peu avant 20 heures, les Thaïlandais arrivent au Centre Omnisport de Massy en provenance de l’hôtel qu’ils occupent depuis 3 jours. Alors que les autres Nak Muay sont installés dans des vestiaires au rez de chaussé, l’organisation les a placé à l’étage dans la salle d’entraînement (qu’ils partagent avec Claudius AGAPE du Luangthaï).
Peu après leur arrivée, ils sont solennellement présentés au public sur fond d’hymne national.
Si pour eux, venir combattre en France est une opportunité de se montrer, de se faire connaître, l’un d’entre eux a particulièrement de faire un beau combat pour son premier voyage en Europe. Il s’agit de PRATHED SOR THANIKUL, dernier élève d’un illustre camp.
Son affrontement est important puisqu’il tient à rendre hommage à son camp : celui du regretté CLEO SOR THANIKUL, qui durant les années 80 et 90 fût un grand promoteur, comme peut l’être SONGCHAI RATANASUBAN aujourd’hui. CLEO a d’ailleurs fait boxer Guillaume KERNER. Son camp, composé d’une centaine de Nak Muay (ce qui est énorme à Bangkok), formait les jeunes dès leur plus jeune âge.
Ce camp a entre autre formé des Nak Muay tels que YOUSOP SOR THANIKUL (un des formateurs de Farid VILLAUME), KITTY SOR THANIKUL (vu dans le film « Fureur »), LOM ISARN SOR THANIKUL (double champion du Radjadamnoem et du Lumpinee), DARRIS SOR THANIKUL (vainqueur de Ramon DEKKER). Ces boxeurs font d’ailleurs partie des premiers Thaïlandais à être venus boxer en France et à y être restés. Malheureusement CLEO SOR THANIKUL fût assassiné au début des années 90. Son camp perdit alors de sa renommée et ferma en 2003. C’est pour cette raison que PRATHED, l’un des derniers combattants issus de ce camp, veut faire la « plus belle prestation possible » selon ses propres termes. Cela explique sûrement ses pompes et sa roue à la fin du combat. A 25 ans, il totalise 95 combats dont 78 victoires (4 KO) pour 15 défaites et 2 nuls.
Son premier compatriote est THEPPARIT POR TUACHAI dont le palmarès est de 87 combats 72 victoires (dont 18 par Ko), 12 défaites et 3 nuls.
Le troisième Thaïlandais : KAI, 23 ans au palmarès de 54 combats pour 44 victoires, a peu l’occasion de combattre en Thaïlande vu son poids.
Peu après leur arrivée, ils sont solennellement présentés au public sur fond d’hymne national.
Si pour eux, venir combattre en France est une opportunité de se montrer, de se faire connaître, l’un d’entre eux a particulièrement de faire un beau combat pour son premier voyage en Europe. Il s’agit de PRATHED SOR THANIKUL, dernier élève d’un illustre camp.
Son affrontement est important puisqu’il tient à rendre hommage à son camp : celui du regretté CLEO SOR THANIKUL, qui durant les années 80 et 90 fût un grand promoteur, comme peut l’être SONGCHAI RATANASUBAN aujourd’hui. CLEO a d’ailleurs fait boxer Guillaume KERNER. Son camp, composé d’une centaine de Nak Muay (ce qui est énorme à Bangkok), formait les jeunes dès leur plus jeune âge.
Ce camp a entre autre formé des Nak Muay tels que YOUSOP SOR THANIKUL (un des formateurs de Farid VILLAUME), KITTY SOR THANIKUL (vu dans le film « Fureur »), LOM ISARN SOR THANIKUL (double champion du Radjadamnoem et du Lumpinee), DARRIS SOR THANIKUL (vainqueur de Ramon DEKKER). Ces boxeurs font d’ailleurs partie des premiers Thaïlandais à être venus boxer en France et à y être restés. Malheureusement CLEO SOR THANIKUL fût assassiné au début des années 90. Son camp perdit alors de sa renommée et ferma en 2003. C’est pour cette raison que PRATHED, l’un des derniers combattants issus de ce camp, veut faire la « plus belle prestation possible » selon ses propres termes. Cela explique sûrement ses pompes et sa roue à la fin du combat. A 25 ans, il totalise 95 combats dont 78 victoires (4 KO) pour 15 défaites et 2 nuls.
Son premier compatriote est THEPPARIT POR TUACHAI dont le palmarès est de 87 combats 72 victoires (dont 18 par Ko), 12 défaites et 3 nuls.
Le troisième Thaïlandais : KAI, 23 ans au palmarès de 54 combats pour 44 victoires, a peu l’occasion de combattre en Thaïlande vu son poids.
Une préparation hors du commun
Chose étonnante, après leur présentation, THEPPARIT et PRATHED n’ont pas tout de suite regagné leur vestiaire. Ils sont restés, en retrait dans la salle, pour assister sur l’écran au premier combat classe A entre Thomas DUPUIS et Christophe BOUILLON. « Nous observons comment boxent les Européens » déclare THEPPARIT. Pourtant ils ne resteront pas durant tout le combat, mais assez pour en conclure que « les Européens apprennent vite. » Quand on leur demande quels Nak Muay européens ils connaissent, THEPPARIT nous répond : « SKARBOWSKI, c’est un bon. Il a la cote en ce moment en Thaïlande, il fait partie de la catégorie des 100 000 Bahts. Il devient un illustre « Phalang » comme a pu l’être DEKKERS. »De retour dans le vestiaire, l’ambiance dans la salle est très détendue, avec des discussions, des rires, tout cela en thaïlandais bien sûr. Leur préparation est, pour la majeure partie des européens, très atypique. Alors qu’ici les Nak Muay font du paos, s’échauffent longuement, les Thaïs se suffisent de quelques assouplissements.
Ce n’est qu’à 21h40 que THEPPARIT commence sa préparation en se faisant bander les mains par ANUKHUN, un autre ancien champion Thaïlandais (voir photo) alors que KAI se repose et se relaxe dans le coin d’un ring. THEPPARIT enchaînera par des étirements des jambes qui ne dureront que quelques minutes. A 22h05 c’est au tour de PRATHED de se faire mettre les bandages, les bandes thaïlandaise laissant envieux un entraîneur de boxe anglaise qui aimerait bien en avoir pour ses boxeurs car « elle n’ont rien à voir avec celle qu’on trouve en pharmacie. » Avant de se faire bander les mains, PRATHED retire sa chaîne auquel est accroché un médaillon de Bouddha, et observe un bref recueillement avant de la mettre dans son sac.
Une quinzaine de minutes plus tard, l’agréable surprise est de voir Jo PRESTIA pénétrer dans la salle. Décontracté, souriant, il nous dit « je suis ici sur l’invitation de Christophe LEVEQUE. Comme tout les Thaïlandais sont durs, nous devrions assister à une belle soirée. Je suis venu pour voir mes amis Guillaume KERNER et Aurélien DUARTE. » C’est avec grand plaisir qu’il retrouve dans le vestiaire SOUDARETH qu’il a affronté à trois reprises lors de sa carrière (voir photo : Soudareth, Jo Prestia et Jaïd Seddak de gauche à droite). JO PRESTIA tournera bientôt « 36 » d’Olivier MARSHALL et « Calvaire » avec Laurent LUCAS.Après cet interlude, la préparation des Thaïlandais continue, avec à 22h35 le début des massages de THEPPARIT et la mise des bandages de KAI. C’est surtout lors de la mise du « naman » ( huile thaïlandaise) que les Thaïs rentrent dans leur combat, se concentrant tout en paraissant très détendus.
A 23h10, THEPPARIT rentre dans la dernière ligne droite avant son comabt avec la mise des gants. Imperturbable c’est surtout son coin qui se préoccupe de n’avoir qu’un gant pour le moment. Mais cela est très vite réglé. Une fois équipé, il se fait poser le Mongkon après un long recueillement (voir photo). Le combattant peu enfin enfiler sa cape et le tissu représentatif des Thaï Issans. L'étoffe multicolore est un mélange de vert, de jaune, de blanc et de violet.
Les Thaï Issans sont les Nak Muay (ou habitants) du nord est du pays, la région la plus pauvre d’où sont originaires la plupart des boxeurs. En portant ce tissu, il revendique son origine et rend hommage à ceux venant de la même région que lui.
Pendant ce temps, PRATHED exécute son shadow devant la glace : coup de genou (come sur la photo), coup de coude, tae khaa (low kick)... Il est le seul à en avoir exécuté autant.Est ce le signe d’une volonté particulière de briller ?
Quelques minutes avant de monter sur le ring, THEPPARIT exécute quelques déplacements, des blocages, des enchaînements de poings.
Il est 23h25, l’heure pour THEPPARIT de monter sur le ring pour y affronter Farid KHIDER. La délégation thaïlandaise laisse alors PRATHED et KAI finir seuls leurs préparations.
Même si physiquement la préparation des Thaïs n’est pas impressionnante, toute la détermination et l’attachement qu’ils montrent envers les valeurs (tel le respect) et les traditions du Muaythaï dégagent une force presque palpable.
Des impressions mitigées
Une fois les combats terminés, de retour au vestiaire, les Nak Muay ont sympathiquement posés pour les spectateurs ayant pu pénétrer dans la salle d’entraînement. C’est là que nous avons recueillis leurs impressions sur les combats. Le combat de THEPPARIT était, selon lui, « dur, au début je pensais avoir la solution en avançant et en frappant en bas. Mais comme cela ne marchait pas, j’ai décidé de le laisser se fatiguer durant deux rounds. Tout en faisant attention à ses redoutables coups de pieds retournés qui m’ont touché à deux reprises au foie. A partir du troisième round, j’ai travaillé en corps à corps sachant qu’il n’avait plus la force de me tenir tête à ce niveau là. »Du côté de PRATHED c’est l’incompréhension qui domine : « Je ne comprend pas l’arbitrage, je pense avoir gagné. J’ai travaillé durant tout le combat pour ça. Ok j’ai baissé de rythme durant la quatrième reprise mais quand même je pense avoir dominé et gagné. » Ce sentiment semble être similaire chez une partie du public, d’un arbitre (la décision fût partagée) mais surtout par Karim SAADA. Pour preuve, il lui a remis sa coupe à la fin du combat. Cette déception, répandue dans tout le clan thaïlandais, est d’autant plus grande pour PRATHED qu’il voulait gagner pour son camp. Il souhaite d’ailleurs avoir une revanche même s’il boxe normalement à 57 kg. Revanche qui est également voulut par Alexandre NGOM-PRISO et Guillaume KERNER si SAADA est d’accord.
Remis de son combat, KAI déclarait : « Je n’ai pas l’habitude d’affronter des adversaires de cette taille. Mais je sais que je dois faire des progrès et beaucoup d’efforts en anglaise. Mais je suis toute de même satisfait du peu que j’ai pu faire en corps à corps. »
Tous sont unanimes en disant « avoir apprécié l’accueil, le contact avec le public de Massy. Nous sommes prêt à revenir dès que possible. » THEPPARIT rajoutant même « être prêt pour affronter n’importe qui entre 63 et 67 kg. »
(voir l’article sur la soirée)
Vincent Dao

























