Daniel MANZONI, portrait
Par Julien LANCHAS le mercredi 23 mars 2016
Avec Jimmy VIENOT et Ahmed MOUTFI, il forme le trio magique du Star Boxing. Le Montpelliérain Daniel MANZONI a 27 ans et compte 14 combats pros dont 11 victoires. Samedi, il sera à l'affiche du MASTER FIGHT de Chalon-sur-Saône. Ce boxeur discret méritait bien un coup de projecteur. Voici son portrait.
Daniel MANZONI a d'abord fait du foot. Mais à 18 ans, lorsqu'il met des gants de boxe dans sa chambre, avec son cousin qui fait du muaythai, il a tout de suite envie de s'inscrire dans un club. Il laisse ainsi son short de foot pour un short de muay et rejoint la salle du Vigan, près de Montpellier. Il y fait ses premiers combats amateurs et quelques classe B. Mais une fracture de l'avant bras vient stopper son ascension… il doit s'arrêter deux ans.
Rétabli, il déménage sur Montpellier et pousse la porte du Star Boxing qu'il ne quittera plus jamais. Après un ou deux classe B, son premier combat pro a lieu à la Réunion. Il affronte le Thaïlandais Wanmai PONGPILA. "J'avais la pression car pour mon premier classe A je me retrouvais direct face à un Thaïlandais ! Mais bon, c'était alors son dernier combat et il n'était plus au top top, il était en fin de carrière et n'était plus le même que lorsqu'il avait été champion du Lumpini." Daniel gagne aux points.
Il n'affrontera qu'un seul autre Thaïlandais dans sa carrière : IQUEZANG, en kard chuek, au THAI FIGHT. "C'était seulement ma deuxième saison en pro, c'était un gros challenge pour moi. Pendant le combat j'ai voulu contrer en genou, j'ai baissé un peu ma main droite et j'ai pris un crochet large. KO deuxième round. Si on avait eu des gants normaux, je n'aurais peut-être pas pris ce KO… En kard chuek, le moindre coup qu'on prend ça ne pardonne pas. Je suis content d'avoir essayé. Le pire c'était que j'étais bien à l'aise, aucune appréhension... Perdre par KO c'est frustrant mais ça reste une bonne expérience."
Ce sera d'ailleurs le seul KO de sa carrière. Depuis, il n'a plus connu cette sensation si particulière. "C'est comme un trou noir, on se retrouve par terre, on ne sait pas trop ce qui se passe… on sait juste qu'on a pris un KO. Là, c'était pas un gros KO non plus, je me suis vite relevé. En fait c'était plus douloureux pour le moral. Après c'était contre IQUEZANG, en kard chuek, il faut relativiser… mais ouais c'est pas facile."
Samedi prochain au MASTER FIGHT, il devait initialement affronter un adversaire thaïlandais, Kittisak NOIWIBON. Mais celui-ci est finalement forfait. Daniel fera alors face au Polonais Bartoz BATRA. "Oui, je suis un peu déçu, j'avais vu le palmarès et les vidéos de Kittisak, je m'étais préparé pour. Mais l'essentiel c'est de boxer. Bartoz BATRA a boxé lui aussi au THAI FIGHT en kard chuek, c'était contre PAYAK SAMUI. J'ai vu la vidéo, il est petit et trapu, il avance, c'est quelqu'un qui va à la guerre et ne lâche rien."
Pour ce combat, Daniel essaiera de bien commencer les premières minutes. Car de son propre aveu, c'est son point faible. "Je commence toujours mal mes combats, je perds beaucoup de points au début. Après ça va crescendo. Pour les fights en 5 rounds ça va mais sur les 3 rounds c'est pénalisant." Pour ce qui est de ses atouts, Daniel s'estime "fimeu. J'analyse l'adversaire, ses points forts, ses points faibles, je vais crescendo. J'ai une bonne condition, c'est rare que j'ai un coup de pompe."
C'est pourtant sa condition qui lui a fait défaut lors d'un des rares combats que Daniel n'a pas gagnés. C'était face à son dernier adversaire, Cédric CASTAGNA. La rencontre, en K1, s'était soldée par un match nul après les 3 rounds prévus. "Je pensais vraiment avoir gagné le combat. J'avais pris les deux premiers rounds et j'avais eu un coup de pompe au 3eme, peut-être parce que j'avais fait un très gros 2eme round. Mais peut-être parce qu'on était chez lui, il ne m'ont pas mis vainqueur…"
Daniel n'a que deux défaites à son actif. IQUEZANG donc, et Bertrand LAMBERT. "J'avais boxé deux semaines avant dans un tournoi et j'avais quelques blessures aux jambes. Encore une fois j'avais mal démarré. C'était quand même serré au final, mais ça s'est joué peut-être sur une ou deux projections qu'il m'a faites au corps à corps. J'aimerais bien une revanche !"
Côté victoires, Daniel a battu des boxeurs tels que Vang MOUA, Anthony GAZEL (devenant ainsi champion de France FMDA 2014), Nicolas PARLANTI, Tommy COMPERE, William SAIDI, Fabrice MOUNIAMA, Abdel SENOUSSI. Mais la victoire qui lui est la plus précieuse, c'est celle au Cambodge face au champion national Chean HONG. "A la base, ce combat devait être pour la ceinture S1 mais finalement il n'y a pas eu de titre à la clé. Je mes suis quand même régalé, j'ai vraiment kiffé, on se rentrait bien dedans en coups de coudes, sans protections ! En genoux aussi on s'est bien allumés. L'ambiance était dingue dans le stadium, avec les parieurs, le public."
Les déplacements en dehors de la France ou de l'Europe ne sont pas faciles pour Daniel. Difficile pour lui de poser plus que ses cinq semaines de congés annuels. Il travaille depuis deux ans dans la sécurité, dans un centre commercial. Avant cela, il était dans le bâtiment, "mais pour le haut niveau, ce n'est vraiment pas possible, on est trop fatigué après une journée de chantier."
Comme beaucoup de boxeurs, l'objectif de Daniel c'est d'affronter les meilleurs. "J'aimerais bien monter un peu et pour ça il faut prendre les meilleurs, que ce soit à 63,5kg ou 67. Je pense à Anthony DEFRETIN qui est pour moi le numéro 1 chez les 63,5kg et Bobo SACKO pour les 67kg. Mais je ne sais pas s'ils accepteraient de me combattre. Je ne boxe pas assez, du coup je ne suis pas très reconnu chez les pros. Moi même je ne sais pas trop me situer, je n'ai pas pris assez de monde. Peut-être que je suis trop timide sur le ring, il faudrait que je fasse plus le spectacle. J'en ai parlé avec mon entraîneur et il faudrait que je sois plus "méchant", que que j'y aille un peu plus et que j'essaye de gagner par KO. "
Daniel est très croyant, en atteste la croix chrétienne tatouée sur son torse. Mais si il fait bien des prière liées à son sport, ce n'est pas forcément pour la victoire "c'est plus pour la protection, ne pas avoir d'accident, que tout se passe bien. Après, la victoire elle vient si c'est mérité." Souhaitons lui samedi de mériter la victoire. Rendez-vous à Chalon-sur-Saône pour le MASTER FIGHT !

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