CHOK DEE
Par Thibaut Machu le mardi 08 février 2005
« CHOK DEE», c’est le terme que les Thaïlandais utilisent pour souhaiter Bonne Chance…Mais c’est aussi le titre du nouveau film de Xavier Durringer qui sortira dans les salles le 16 février 2005.Ce réalisateur a rejoint le projet car pour lui, l’univers de la boxe, comme le monde des voyous dans « J’ IRAI AU PARADIS CAR L’ENFER EST ICI », son précédent film, est un excellent contexte qui permet avant tout de parler de l’homme..A travers « CHOK DEE », il a retrouvé beaucoup de thèmes de prédilection : l’amitié, l’engagement, le parcours d’un individu qui change, qui élargit sa vision et grandit. Le scénario s’inspire de l’histoire de Dida, ancien champion de Muay Thai, c’est le parcours d’un petit voyou qui devient un grand champion...L'histoire
De combines en petits braquages, Ryan (Dida) finit en prison. Il y rencontre Jean interprété par Bernard Giraudeau, un ancien champion de boxe, à son contact, il découvre un des sports les plus violents qui soit, « le Muay Thai » et toutes les valeurs morales qui s’y rattachent.A sa sortie de prison, il part en Thaïlande. Il découvre là-bas que le camp d’entraînement dont lui a parlé Jean est inaccessible aux étrangers.Son premier combat sera d’abord de se faire accepter dans ce camp, au prix de toutes les humiliations.Son deuxième combat sera de prouver qu’a force de travail et de volonté, on peut devenir un véritable champion de boxe et un homme…Paroles d'acteurs
DIDA :« Le Muay Thai a été ma première grande aventure, et je suis allé au bout. J’y ai appris la discipline, le contrôle et la concentration. Lorsque j’arrive sur un ring, je ne pense pas au public, je suis là pour faire ce que j’ai à faire. Alors me retrouver devant une caméra ne m’a pas impressionné.C’est un peu la même chose. On n’oublie ceux qui vous regardent et on se jette. »La part de vrai dans le film :« On parle souvent de la France d’en bas. Moi je viens du sous-sol. J’ai vraiment avalé de la poussière avant de goûter à autre chose. J’ai été élevé par ma grand-mère, elle était femme de ménage dans ma cité. C’est qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui.J’ai grandi à Villiers-le-Bel, où j’étais footballeur dans les Cadets Nationaux.
A cette époque le Muay Thai était LE sport des banlieues. J’avais dix-huit ans et, sans être un caïd, je m’impliquais dans beaucoup de choses…J’ai tenté mon premier combat de boxe et j’ai perdu. Je l’ai assez mal vécu. Ensuite pour une histoire dans laquelle j’ai essayé d’arranger les choses, je me suis retrouvé en prison pour six mois. C’était aussi une leçon, mais je ne l’ai pas très bien vécu non plus.En sortant j’en avais assez, j’ai eu envie de tout lâcher. Je suis parti pour la Thaïlande avec 3000 francs en poche et l’envie de tenter ma chance dans la boxe. Je ne parlais pas la langue, je ne connaissais personne.
Lorsque j’avais pris mes billets, l’hôtesse m’avait fait un retour valable uniquement le samedi. De semaine en semaine, je me suis débrouillé, accroché. Je ne me voyais pas rentré sans avoir rien abouti, alors je me suis bougé. Au début, je tenais souvent en me disant que je rentrerais le samedi suivant et puis le vendredi, je trouvais un truc pour garder l’espoir, et le dimanche matin, je n’avais plus le choix, je devais tenir une semaine de plus.
Je me suis concentré sur mon but, je me suis donné totalement, je n’avais rien pour me distraire et rien à perdre. L’acharnement s’est transformé en passion.
J’avais démarré le Muay Thai en 1988, assez tard, et j’ai été champion du monde en 1991… »BERNARD GIRAUDEAU« Le Muay Thai est un sport qui peut paraître extrêmement violent, mais ce serai réducteur de le cantonner à cela. La discipline qu’exige cette spécialité, notamment pour maîtriser la répétitions des mouvements ou les enchaînements de coups, peut être comparée à celle que demande la danse classique Ce sont des milliers d’heures, d’efforts, de petites victoires sur soi qui peuvent parfois donner de grandes victoires sur les autres.La performance physique n’est pas suffisante, il faut aussi un mental très fort. Rien ne prédestinait Dida à réussir dans ce sport, et c’est son mental quoi a fait la différence. Dida a beaucoup travaillé ce mental et cela fait de lui un Homme doué d’immenses qualités, calme, pondéré, volontaire, qui n’a aucun besoin d’agressivité pour s’exprimer. Son sport lui a permis de canaliser son énergie, sa hargne, et de le transformer en volonté. Il parvient à être serein dans sa violence… »
Thibaut Machu





















