Championnats du monde WAKO à Belgrade
Résultats du samedi 29 septembre
Par Michel Lecorre le mardi 02 octobre 2007
Nous avons assisté a une soirée de finales mêlant muaythai « style k-1 » et de kick-boxing, un moment intense pour le finaliste français et un coup de théâtre pour le polonais.
Pour le light contact (full à la touche) voici la liste des athlètes engagés :
Les résultats de l’après midi en full :
CAZENEUVE chez les – de 65 kg est arrivé jusqu’au ¼ de final. Ce sportif de Pessac est un fuller bien aguerri, on pouvait remarquer chez lui une bonne maîtrise des techniques et surtout une puissance de frappe impressionnante. En effet sa jambe «volait haut » et atteignait l’adversaire, sa garde était propre, nous avions devant nous un boxeur avec un très bon style, un courageux garçon qui devrait être très intéressant de voir au combat. Seulement ici, il s’agissait de light contact et cette règle du jeu a été mieux maîtrisée par son adversaire Turc qui plaçait ses points en les appuyant au strict minimum, puis se décalait très rapidement pour être hors d’atteinte. Le temps est vite passé et CAZENEUVE ne s’est pas adapté assez rapidement pour reprendre l’avantage, malgré de réels efforts de stratégie de sa part sur la fin. Cette opposition fut une très intéressante partie d’échec s’il fallait lui donner une métaphore, ici la finalité du light a pris toute sa spécificité. Quoi qu’il en soit, c’est une expérience enrichissante pour le français et qui nous montre ô combien l’art de la boxe requiert également de l’esprit.
LEMAIR chez les – de 89 kg est en ½ final. Le normand n’est pas arrivé à ce stade de la compétition par hasard, depuis une bonne dizaine d’années il s’illustre dans divers championnat, d’ailleurs l’expérience était notable chez le français, ses enchaînements furent d’un bonne technique, sa boxe propre, on voyait un boxeur qui maîtrise sa discipline. Durant cet assaut les échanges n’étaient pas rapides, mais dans cette catégorie de poids, même en light, les coups sont plus lourds.
Un direct du russe a percuté le nez de son adversaire, ce qui a occasionné à ce dernier un faible saignement incessant durant toute l’opposition, donc ce fut une véritable gêne pour le français qui devait se faire essuyer toute les 30 secondes. Le russe était puissant et un remarquable tacticien à la fois, il avait visiblement en tête de placer le plus de points possible, mais d’un caractère guerrier : tel un coq qui a vu rouge, il cherchait d’instinct à choquer le nez du français sanguinolent, pour mieux l’ébranler et le faire douter au maximum. L’esprit « guerrier » c’est qui semble avoir manqué au français face à la détermination du russe qui est déclaré vainqueur sans contestation possible.
Yohan LEMAIR était sans doute le plus âgé de l’équipe, aujourd’hui père de deux enfants et chef d’entreprise, avec toutes les responsabilités que cela incombe, il est compréhensible que sa « philosophie et son comportement » lors des combats soit à ce jour différents de ceux de ses débuts, c’est logique qu’il ne soit plus un jeune boxeur exalté et prêt à tout sur un ring. Il faut rappeler que c’est la fédération de Full qui est allé chercher LEMAIRE pour ce championnat.
Pour conclure, le français a atteint la ½ finale, ce qui est une excellente performance et confirme le travail sérieux de plusieurs années.
Yohan LEMAIR est aujourd’hui entraîneur et propriétaire d’un club de full riche de 100 participants en Normandie à Caudebec en Caux. Vous pouvez allez lui rendre visite sur : http://cfc76.skyblog.com
A présent, voici les résultats par ordre des combats de la finale de muay thaï (règles du k-1) qui s’est déroulé le samedi 29 septembre au soir :
RABAJOV (Azerbadjan) vs PAGANIS (Serbie) en -71 kg
RABAJOV voulait faire du TISON, mais… Il est rentré dès la première seconde de combat littéralement dans PAGANIS. Le serbe est surpris et se fait compter de suite jusqu’à 5. Ce dernier a vite compris qu’il lui serait impossible de boxer en muaythaï face à un adversaire aussi dépourvu de style muay et aussi bourrin, donc il se ressaisie, avec courage il résiste à la pluie de grêle qui s’abat sur lui, rend coup pour coup.
Durant tout le combat, il a fait ce qu’il a pu pour se préserver et marquer des points, il a intelligemment privilégié les low kick et les middles. Son adversaire n’avait qu’une et une seule idée en tête, le mettre KO. Cela n’a pas marché. Vu le comportement de RABAJOV, nous avons assisté à un mauvais combat d’anglaise ou où les jambes dessinaient des cercles imprécis de temps en temps.
PAGANIS déclaré vainqueur.
GLAUBATCHENKO (Ukraine) vs GOGIC (Serbie) en -57 kg
Enfin le premier combat de muaythaï de la soirée ! Le premier round peut être considéré comme d’observation mais avec des coups vigoureux. Les deux combattants ont un beau style muay, le Serbe cherche à faire mal, à dominer dès le départ par la force. Mais l’Ukrainien bloque les jambes, remise à chaque fois et reste zen. GOGIC est puissant, d’une excellente condition physique, ses poings sont des boulets de canon, aussi bien à distance que près du corps. Mais l’anglaise précise et incisive du Serbe n’arrive pas à ébranler suffisamment la garde de GLAUBATCHENKO. Ce dernier avait un style muay supérieur à son adversaire, il est donc justement déclaré vainqueur. GOGIC fut très déçu, déprimé, il ne comprenait pas la décision des juges. C’est vrai qu’il a donné le meilleur de lui-même et son amertume était compréhensible, cependant avec l’ukrainien il a été l’artisan d’une excellente finale et les amateurs de muay auront à cœur de les revoir l’un comme l’autre sur un ring.
BOUZLAF (Maroc) vs KUBRA (Turquie) en -48 kg
Dès le début du premier round, les filles sont parties au ¼ de tour et ceci dans un style muay excellent et le qualificatif n’est pas édulcoré pour leur cas. Il n’y avait pas une seconde de répit. La marocaine domine dès le départ. Pour la seconde reprise : c’est la guerre, BOUZLAF part à l’assaut, elle s’acharne, ce sont des middles, des low kick suivis d’anglaise, mais KUBRA résiste et ne veut pas lâcher, la colère la prend, elle se prend un pénalité pour coup porté alors que l’adversaire est à terre.
Cependant, la Turque est souvent touchée durant le troisième round, mais elle se relève toujours, et repart au combat, un exemple de courage. Toute l’opposition s’est déroulée dans un style muay impeccable. Ces jeunes filles ont été merveilleuses de technique et de combativité.
BOUZLAF est vainqueur. Notons que cette dernière a déjà été championne du monde de sa catégorie en Thaïlande il y a deux ans.
MEZARTNI (France) vs HARBACHOU (Bielorussie) en -75 kg
De la prudence chez les deux nak muay, un premier round d’observation, du 50/50. A la seconde reprise MEZARTNI devient très offensif, comme à son habitude son style muay est appréciable. Tout comme son adversaire, il a combattu le matin même pour sa ½ final, donc on sent que MEZARTNI est éprouvé. Mais il est debout, en garde, puis envoie de multiples combinaisons. HARBACHOU ne cesse de bloquer et de remiser aussitôt en jambe. C’est une finale pleine d’intensité à laquelle nous assistons, deux combattants qui risquent de prendre de l’importance dans le futur s’affrontent. Deux potentiels identiques sont face à face. Mais la réalité est la suivante : le français manque d’expérience du ring (et il n’en est pas responsable vu la complexité de l’organisation du muaythaï en France). MEZARTNI n’a pas faibli, a su se relever, sa détermination était intacte, mais on le voyait bloquer les tibias avec son bras ! Malgré les appels de l’entraîneur de l’équipe de France FFFCBA Anthony ELKAIM, il continuait. HARBACHOU s’est pris bien des coups lui aussi, même beaucoup notamment des high kick et des uppercut.
Mais encore une fois l’expérience du ring chez les Biélorusses a fait la différence, incontestablement celui-ci a marqué plus de points tout au long du combat. MEZARTNI ne devait pas sentir la douleur sur son bras, contrairement à ceux qui se trouvaient au plus près des cordes et qui entendaient au son la puissance des coups contre les os. Ainsi de bonne guerre, HARBACHOU en a profité, il envoyait middles sur middles, puisqu’ils passaient ! A la moitié du 3ème round, l’issue était certaine, mais MEZARTNI est resté un nak muay digne jusqu’au bout, avec une garde propres et des enchaînements pieds poing qui n’ont cessé d’assaillir son adversaire.
HARBACHOU est vainqueur.
MEZARTNI est monté sur le podium pour recevoir sa médaille d’argent bien mérité. Mais, il a dû être accompagné à l’hôpital, son bras est fracturé ! Voici un garçon qui a tout les talents et la puissance de travail nécessaire pour être un nak muay d’excellence, mais qui a peut être sa saison entière de gâchée à cause de son bras cassé. Une meilleure préparation lui aurait éviter ces déboires. A sa décharge, il faut dire que ELKAIM n’a eu que très peu de temps pour préparer son équipe.
POPOV (Biélorussie) vs MACHADO (Portugal) en -54 kg
Ce fut un combat vif et rapide comme on est habitué à en voir dans cette catégorie de poids. Le portugais avait un style désordonné, inesthétique. Il sautait et s’agrippait à son adversaire dès qu’il voyait que celui-ci enchaînait des combinaisons pieds poings, par deux fois MACHADO lui aura porté des coups de genoux au niveau des testicules, ces fautes ne seront malheureusement pas comptabilisées. Le portugais ne refusait pas le combat, mais à vrai dire les règles du muaythaï (fussent-elle de style K-1 !) de part son attitude.
POPOV avait quant à lui toujours son aspect félin, son bon style muay, le regard vif, il ne quittait jamais des yeux son adversaire, c’est un régal de le voir combattre à chaque fois. Puisque le portugais voulait aller à la bagarre et bien le biélorusse ne se laissait pas dominé, ce match fut une lutte où chacun allait chercher l’autre, avec des projections au sol innombrable, du corps à corps jusqu’à la fin.
MACHADO est déclaré vainqueur.
Au milieu de tous ces combats de muaythaï, il y a eu une finale de kick boxing qui mérite d’être relatée :
GLAGOWSKI (Pologne) vs SBYTOV (Russie) en -75 kg
D’abord ces deux kickers s’étaient retrouvés en ½ finale l’après-midi même. Ce fut des combats où tous les protagonistes se sont déjà bien battus. Cela annonçait une très bonne finale. Dès le départ, les deux boxeurs sont entrés dans leur combat, fort tout les deux d’une grande maîtrise technique et d’une très bonne condition physique, les échanges furent virils, c'est-à-dire puissants et rapides.
L’un comme l’autre attaquaient par des Jab, des droites, puis toute une série de jambes. GLAGOWSKI a été le premier cassé la distance, ce que le russe n’a jamais refusé durant tout le combat, ce dernier a souvent coincé son adversaire dans les cordes, où les crochets au ventre, sur les flancs, même au foie furent légion, mais aucun combattant ne faiblissait.
Les deux premiers rounds sont à égalités de points pour les adversaires. Nous allons voir un peu plus loin que nous ne nous étions pas trompés. Le troisième round, lui, est intense, les gardes sont toujours hautes, les jambes du low jusqu’au high kick sont bien distribués de toute part. Les deux boxeurs ont un niveau strictement égal, ils veulent la victoire, leur détermination se voit sur le ring. La salle est emballée par leur dévouement, c’est sans aucun doute le meilleur combat de la soirée. Voici deux garçons qui ont terminé une finale en restant puissant et rapide du début à la fin, ce sont vraiment de très bons athlètes. Pour le troisième round, peut-être un très léger avantage au Russe ?
Mais cela reste une opinion très subjective. La décision des juges va pour le polonais GLABOWSKI. Ce jeune, 17 ans tout au plus, explose de joie, on sent que son investissement a été total dans la boxe depuis des années, et que c’est pour lui une consécration. Comme le dit le boxeur et maintenant comédien Joe PRESTIA : « il n’ y a pas plus grande joie, plus fort en émotion quand on te lève le bras sur un ring pour te signifier que tu as gagné ! ». Cela se confirmait ici.
Coup de théâtre !
Sur le podium, à la 1ère place qui voit-on ? Le russe SBYTOV. GLAGOWSKI, la mine totalement défaite, prend place sur la seconde marche. Un officiel s’approche pour la remise des médailles. GLAGOWSKI craque, s’en va, il pleure dans un coin, loin des regards. C’est un môme à qui l’on vient de retirer le pain qu’il a gagné de la bouche ! Sa tristesse était légitime, ses larmes dignes. Quelques minutes après, nous sommes allés à sa rencontre. Voici ce que nous avons appris : et bien les russes ont contestés. Les deux premiers rounds du combat étaient bien à 50/50 pour les juges. Le troisième donnait le polonais avec un léger point d’avance. L’organisation WAKO est donc revenue sur une décision d’arbitrage ! Toutes les questions se posent : pression ? Fallait-il faire plaisir à l’ancien grand frère ? Mais pourquoi ne pas avoir fait un extra round alors ? Le cas présent le méritait bien, nous semble-t-il. Cette attitude de la WAKO tend à nous obliger à prendre fait et cause pour GLAGOWSKI et à jeter l’anathème sur SBYTOV, ceci est la vérité, mais elle n’est pas pertinente. La réalité nous a montré autre chose : deux vaillants et courageux boxeurs qui nous ont offert un merveilleux combats. Pour conclure, le meilleur combat de la soirée a été gâché. Et oui, la diplomatie coûte chère !
Demain, nous publierons un dernier article pour vous donner les derniers résultats, vous présentez l’équipe de France de muaythai qui a été sélectionné et vous parlez plus en détail de l’organisation de ce championnat WAKO de Belgrade.
Pour le light contact (full à la touche) voici la liste des athlètes engagés :
Chez les filles :
LASZAK Roxane ; GAUDRI Anne Laure ; PARE Isabelle.
Chez les garçons :
TRAORE Mamadou ; COTTERET Jonathan ; CAZENEUVE Joël ; LARBI Gregory et LEMAIR Johan.
LASZAK Roxane ; GAUDRI Anne Laure ; PARE Isabelle.
Chez les garçons :
TRAORE Mamadou ; COTTERET Jonathan ; CAZENEUVE Joël ; LARBI Gregory et LEMAIR Johan.
Les résultats de l’après midi en full :
CAZENEUVE chez les – de 65 kg est arrivé jusqu’au ¼ de final. Ce sportif de Pessac est un fuller bien aguerri, on pouvait remarquer chez lui une bonne maîtrise des techniques et surtout une puissance de frappe impressionnante. En effet sa jambe «volait haut » et atteignait l’adversaire, sa garde était propre, nous avions devant nous un boxeur avec un très bon style, un courageux garçon qui devrait être très intéressant de voir au combat. Seulement ici, il s’agissait de light contact et cette règle du jeu a été mieux maîtrisée par son adversaire Turc qui plaçait ses points en les appuyant au strict minimum, puis se décalait très rapidement pour être hors d’atteinte. Le temps est vite passé et CAZENEUVE ne s’est pas adapté assez rapidement pour reprendre l’avantage, malgré de réels efforts de stratégie de sa part sur la fin. Cette opposition fut une très intéressante partie d’échec s’il fallait lui donner une métaphore, ici la finalité du light a pris toute sa spécificité. Quoi qu’il en soit, c’est une expérience enrichissante pour le français et qui nous montre ô combien l’art de la boxe requiert également de l’esprit.
LEMAIR chez les – de 89 kg est en ½ final. Le normand n’est pas arrivé à ce stade de la compétition par hasard, depuis une bonne dizaine d’années il s’illustre dans divers championnat, d’ailleurs l’expérience était notable chez le français, ses enchaînements furent d’un bonne technique, sa boxe propre, on voyait un boxeur qui maîtrise sa discipline. Durant cet assaut les échanges n’étaient pas rapides, mais dans cette catégorie de poids, même en light, les coups sont plus lourds.
Un direct du russe a percuté le nez de son adversaire, ce qui a occasionné à ce dernier un faible saignement incessant durant toute l’opposition, donc ce fut une véritable gêne pour le français qui devait se faire essuyer toute les 30 secondes. Le russe était puissant et un remarquable tacticien à la fois, il avait visiblement en tête de placer le plus de points possible, mais d’un caractère guerrier : tel un coq qui a vu rouge, il cherchait d’instinct à choquer le nez du français sanguinolent, pour mieux l’ébranler et le faire douter au maximum. L’esprit « guerrier » c’est qui semble avoir manqué au français face à la détermination du russe qui est déclaré vainqueur sans contestation possible.
Yohan LEMAIR était sans doute le plus âgé de l’équipe, aujourd’hui père de deux enfants et chef d’entreprise, avec toutes les responsabilités que cela incombe, il est compréhensible que sa « philosophie et son comportement » lors des combats soit à ce jour différents de ceux de ses débuts, c’est logique qu’il ne soit plus un jeune boxeur exalté et prêt à tout sur un ring. Il faut rappeler que c’est la fédération de Full qui est allé chercher LEMAIRE pour ce championnat.
Pour conclure, le français a atteint la ½ finale, ce qui est une excellente performance et confirme le travail sérieux de plusieurs années.
Yohan LEMAIR est aujourd’hui entraîneur et propriétaire d’un club de full riche de 100 participants en Normandie à Caudebec en Caux. Vous pouvez allez lui rendre visite sur : http://cfc76.skyblog.com
A présent, voici les résultats par ordre des combats de la finale de muay thaï (règles du k-1) qui s’est déroulé le samedi 29 septembre au soir :
RABAJOV (Azerbadjan) vs PAGANIS (Serbie) en -71 kg
Nous avons assisté à un mauvais combat d’anglaise
RABAJOV voulait faire du TISON, mais… Il est rentré dès la première seconde de combat littéralement dans PAGANIS. Le serbe est surpris et se fait compter de suite jusqu’à 5. Ce dernier a vite compris qu’il lui serait impossible de boxer en muaythaï face à un adversaire aussi dépourvu de style muay et aussi bourrin, donc il se ressaisie, avec courage il résiste à la pluie de grêle qui s’abat sur lui, rend coup pour coup.
Durant tout le combat, il a fait ce qu’il a pu pour se préserver et marquer des points, il a intelligemment privilégié les low kick et les middles. Son adversaire n’avait qu’une et une seule idée en tête, le mettre KO. Cela n’a pas marché. Vu le comportement de RABAJOV, nous avons assisté à un mauvais combat d’anglaise ou où les jambes dessinaient des cercles imprécis de temps en temps.
PAGANIS déclaré vainqueur.
GLAUBATCHENKO (Ukraine) vs GOGIC (Serbie) en -57 kg
GLAUBATCHENKO avait un style muay supérieur à son adversaire
Enfin le premier combat de muaythaï de la soirée ! Le premier round peut être considéré comme d’observation mais avec des coups vigoureux. Les deux combattants ont un beau style muay, le Serbe cherche à faire mal, à dominer dès le départ par la force. Mais l’Ukrainien bloque les jambes, remise à chaque fois et reste zen. GOGIC est puissant, d’une excellente condition physique, ses poings sont des boulets de canon, aussi bien à distance que près du corps. Mais l’anglaise précise et incisive du Serbe n’arrive pas à ébranler suffisamment la garde de GLAUBATCHENKO. Ce dernier avait un style muay supérieur à son adversaire, il est donc justement déclaré vainqueur. GOGIC fut très déçu, déprimé, il ne comprenait pas la décision des juges. C’est vrai qu’il a donné le meilleur de lui-même et son amertume était compréhensible, cependant avec l’ukrainien il a été l’artisan d’une excellente finale et les amateurs de muay auront à cœur de les revoir l’un comme l’autre sur un ring.BOUZLAF (Maroc) vs KUBRA (Turquie) en -48 kg
Ces jeunes filles ont été merveilleuses de technique et de combativité
Dès le début du premier round, les filles sont parties au ¼ de tour et ceci dans un style muay excellent et le qualificatif n’est pas édulcoré pour leur cas. Il n’y avait pas une seconde de répit. La marocaine domine dès le départ. Pour la seconde reprise : c’est la guerre, BOUZLAF part à l’assaut, elle s’acharne, ce sont des middles, des low kick suivis d’anglaise, mais KUBRA résiste et ne veut pas lâcher, la colère la prend, elle se prend un pénalité pour coup porté alors que l’adversaire est à terre.
Cependant, la Turque est souvent touchée durant le troisième round, mais elle se relève toujours, et repart au combat, un exemple de courage. Toute l’opposition s’est déroulée dans un style muay impeccable. Ces jeunes filles ont été merveilleuses de technique et de combativité.
BOUZLAF est vainqueur. Notons que cette dernière a déjà été championne du monde de sa catégorie en Thaïlande il y a deux ans.
MEZARTNI (France) vs HARBACHOU (Bielorussie) en -75 kg
MEZARTNI est resté un nak muay digne jusqu’au bout
De la prudence chez les deux nak muay, un premier round d’observation, du 50/50. A la seconde reprise MEZARTNI devient très offensif, comme à son habitude son style muay est appréciable. Tout comme son adversaire, il a combattu le matin même pour sa ½ final, donc on sent que MEZARTNI est éprouvé. Mais il est debout, en garde, puis envoie de multiples combinaisons. HARBACHOU ne cesse de bloquer et de remiser aussitôt en jambe. C’est une finale pleine d’intensité à laquelle nous assistons, deux combattants qui risquent de prendre de l’importance dans le futur s’affrontent. Deux potentiels identiques sont face à face. Mais la réalité est la suivante : le français manque d’expérience du ring (et il n’en est pas responsable vu la complexité de l’organisation du muaythaï en France). MEZARTNI n’a pas faibli, a su se relever, sa détermination était intacte, mais on le voyait bloquer les tibias avec son bras ! Malgré les appels de l’entraîneur de l’équipe de France FFFCBA Anthony ELKAIM, il continuait. HARBACHOU s’est pris bien des coups lui aussi, même beaucoup notamment des high kick et des uppercut.
Mais encore une fois l’expérience du ring chez les Biélorusses a fait la différence, incontestablement celui-ci a marqué plus de points tout au long du combat. MEZARTNI ne devait pas sentir la douleur sur son bras, contrairement à ceux qui se trouvaient au plus près des cordes et qui entendaient au son la puissance des coups contre les os. Ainsi de bonne guerre, HARBACHOU en a profité, il envoyait middles sur middles, puisqu’ils passaient ! A la moitié du 3ème round, l’issue était certaine, mais MEZARTNI est resté un nak muay digne jusqu’au bout, avec une garde propres et des enchaînements pieds poing qui n’ont cessé d’assaillir son adversaire.
HARBACHOU est vainqueur.
MEZARTNI est monté sur le podium pour recevoir sa médaille d’argent bien mérité. Mais, il a dû être accompagné à l’hôpital, son bras est fracturé ! Voici un garçon qui a tout les talents et la puissance de travail nécessaire pour être un nak muay d’excellence, mais qui a peut être sa saison entière de gâchée à cause de son bras cassé. Une meilleure préparation lui aurait éviter ces déboires. A sa décharge, il faut dire que ELKAIM n’a eu que très peu de temps pour préparer son équipe.
POPOV (Biélorussie) vs MACHADO (Portugal) en -54 kg
Le portugais ne refusait pas le combat, mais à vrai dire les règles du muaythaï
Ce fut un combat vif et rapide comme on est habitué à en voir dans cette catégorie de poids. Le portugais avait un style désordonné, inesthétique. Il sautait et s’agrippait à son adversaire dès qu’il voyait que celui-ci enchaînait des combinaisons pieds poings, par deux fois MACHADO lui aura porté des coups de genoux au niveau des testicules, ces fautes ne seront malheureusement pas comptabilisées. Le portugais ne refusait pas le combat, mais à vrai dire les règles du muaythaï (fussent-elle de style K-1 !) de part son attitude.
POPOV avait quant à lui toujours son aspect félin, son bon style muay, le regard vif, il ne quittait jamais des yeux son adversaire, c’est un régal de le voir combattre à chaque fois. Puisque le portugais voulait aller à la bagarre et bien le biélorusse ne se laissait pas dominé, ce match fut une lutte où chacun allait chercher l’autre, avec des projections au sol innombrable, du corps à corps jusqu’à la fin.
MACHADO est déclaré vainqueur.
Au milieu de tous ces combats de muaythaï, il y a eu une finale de kick boxing qui mérite d’être relatée :
GLAGOWSKI (Pologne) vs SBYTOV (Russie) en -75 kg
Coup de théâtre !
D’abord ces deux kickers s’étaient retrouvés en ½ finale l’après-midi même. Ce fut des combats où tous les protagonistes se sont déjà bien battus. Cela annonçait une très bonne finale. Dès le départ, les deux boxeurs sont entrés dans leur combat, fort tout les deux d’une grande maîtrise technique et d’une très bonne condition physique, les échanges furent virils, c'est-à-dire puissants et rapides.
L’un comme l’autre attaquaient par des Jab, des droites, puis toute une série de jambes. GLAGOWSKI a été le premier cassé la distance, ce que le russe n’a jamais refusé durant tout le combat, ce dernier a souvent coincé son adversaire dans les cordes, où les crochets au ventre, sur les flancs, même au foie furent légion, mais aucun combattant ne faiblissait.
Les deux premiers rounds sont à égalités de points pour les adversaires. Nous allons voir un peu plus loin que nous ne nous étions pas trompés. Le troisième round, lui, est intense, les gardes sont toujours hautes, les jambes du low jusqu’au high kick sont bien distribués de toute part. Les deux boxeurs ont un niveau strictement égal, ils veulent la victoire, leur détermination se voit sur le ring. La salle est emballée par leur dévouement, c’est sans aucun doute le meilleur combat de la soirée. Voici deux garçons qui ont terminé une finale en restant puissant et rapide du début à la fin, ce sont vraiment de très bons athlètes. Pour le troisième round, peut-être un très léger avantage au Russe ?
Mais cela reste une opinion très subjective. La décision des juges va pour le polonais GLABOWSKI. Ce jeune, 17 ans tout au plus, explose de joie, on sent que son investissement a été total dans la boxe depuis des années, et que c’est pour lui une consécration. Comme le dit le boxeur et maintenant comédien Joe PRESTIA : « il n’ y a pas plus grande joie, plus fort en émotion quand on te lève le bras sur un ring pour te signifier que tu as gagné ! ». Cela se confirmait ici.
Coup de théâtre !
Sur le podium, à la 1ère place qui voit-on ? Le russe SBYTOV. GLAGOWSKI, la mine totalement défaite, prend place sur la seconde marche. Un officiel s’approche pour la remise des médailles. GLAGOWSKI craque, s’en va, il pleure dans un coin, loin des regards. C’est un môme à qui l’on vient de retirer le pain qu’il a gagné de la bouche ! Sa tristesse était légitime, ses larmes dignes. Quelques minutes après, nous sommes allés à sa rencontre. Voici ce que nous avons appris : et bien les russes ont contestés. Les deux premiers rounds du combat étaient bien à 50/50 pour les juges. Le troisième donnait le polonais avec un léger point d’avance. L’organisation WAKO est donc revenue sur une décision d’arbitrage ! Toutes les questions se posent : pression ? Fallait-il faire plaisir à l’ancien grand frère ? Mais pourquoi ne pas avoir fait un extra round alors ? Le cas présent le méritait bien, nous semble-t-il. Cette attitude de la WAKO tend à nous obliger à prendre fait et cause pour GLAGOWSKI et à jeter l’anathème sur SBYTOV, ceci est la vérité, mais elle n’est pas pertinente. La réalité nous a montré autre chose : deux vaillants et courageux boxeurs qui nous ont offert un merveilleux combats. Pour conclure, le meilleur combat de la soirée a été gâché. Et oui, la diplomatie coûte chère !
Demain, nous publierons un dernier article pour vous donner les derniers résultats, vous présentez l’équipe de France de muaythai qui a été sélectionné et vous parlez plus en détail de l’organisation de ce championnat WAKO de Belgrade.
































