Ce soir je boxe - Episode 1
Par Michel Lecorre le samedi 19 août 2017
Pour cette fin d'été, MUAYTHAITV vous propose, pour rester dans l'esprit pieds-poings, un petit feuilleton en quatre parties : Ce soir, je boxe ! La première et la troisième vous présenteront les clubs de L'AS PASSY et de L'AS ÉVRY. La deuxième et la dernière sont deux portraits de membres de ce club, celui de Margot DUMANT et de Valentin FHAL.
AS ÉVRY ET AS PASSY
Partir de rien, puis l'union et la ténacité d'un club font sa force et sa réussite.
Alors étudiant en informatique à l'université d'Évry, c'est en 1990 que Laurent GERBAULT créa son premier club de boxe pieds-poings, principalement orienté sur le full-contact, le kick-boxing et dans une moindre mesure, le muay-thaï.
Sur la ville nouvelle d'Évry, tout était à faire, et c'est avec beaucoup d'enthousiasme, d'ouverture d'esprit que Laurent ouvrit son club. La ville lui fit confiance, pensant d'abord que cette activité « occupera les jeunes du quartier », voyant le pieds-poings comme du patronage. Seulement, la ténacité, l'analyse pertinente de Laurent GERBAULT de notre sport apportait l'encadrement d'un professionnel. Les jeunes d'Évry l'avaient tout de suite compris et ils furent nombreux à venir s'entraîner. L'intelligence de ce club est d'avoir en parallèle su accueillir tout le monde dès le départ, c'est à dire hommes et femmes, adultes et enfants, loisirs et futurs compétiteurs. Au bout d'un an, les résultats étaient au rendez-vous, la travail payait, de nombreux jeunes du club remportèrent des championnats et les victoires allaient se répéter mois après mois, le tout dans un esprit de famille.
Laurent GERBAULT est informaticien, il mit et met encore à ce jour ses compétences professionnelles à profit, il a été l'un des premiers à avoir créer un site internet sur un club de boxe. Une page simple dans sa conception graphique, aucunement tape à l'oeil, c'est toujours le cas, où toute la vie du club s'y déroule de manière limpide et détaillée sous nos yeux, autant dans un présent légèrement décalé dans le temps que dans son histoire passé. Des archives pleines de vie, où l'on parle des victoires, du long travail pour y parvenir, des défaites, des moments de convivialité, des coups très durs que l'existence inflige lorsqu'il ravit un membre du club. Un alter-égo semblable à soi-même telles deux goûtes d'eau pour un frère, ou encore un ami véritable qui pourtant ne nous ressemble pas pour d'autres, un fils pour les uns, un amour unique en somme. La disparition. Puis le club relève la tête, la garde, le contraire de l'oublie, chercher une porte vers la survie, remettre debout les vivants, d'abord une main sur une épaule, la parole n'est pas toujours utile, du moins pas tout de suite, retrouver le chemin de l'unicité d'abord. Des années pour que les mots adultes sortent de la bouche, parce qu'un jour il est nécessaire de nommer, dans son entité la plus entière, l'être disparu, à celle ou celui qui est triste de n'avoir pas pu « faire sa connaissance ». Les semaines se poursuivent au fil du site, la vie continue, et le sentiment d'esprit de famille reprend le dessus, les sourires, le plaisir du jeux, d'être ensemble, la régularité, la sacerdoce qu'exige la boxe de ses compétiteurs et compétitrices.
Cependant, deux questions, en apparence sans rapport, me sont alors venues spontanément en tête:
Est-ce que ce site présente un club « too much » qui veut en partie paraître ? Ou bien ont-ils une compréhension quasi innée de l'étymologie du mot « archive », qui veut dire en Grec ancien « autorité », et leur permettrait-elle de se forger ainsi une essence unique et légitime ?
Le mieux pour s'en rendre compte a été de s'y rendre.
Né et résidant dans le 16ème arrondissement de Paris, sans abandonné son club d'Évry, naturellement Laurent GERBAUT créa en 2002 l'AS PASSY. Un club de boxe populaire dans ce vaste chic et complexe quartier de la Capitale, une audace ? Oui, et courageuse.
Pour assurer un nombre de séances quasiment six jours sur sept, les seules possibilités d'accueil pour le club sont les gymnases de deux lycées du quartier, aimablement hébergé, mais où les infrastructures sont peu adaptées. Pas de vestiaires, il est nécessaire de les improviser dans une salle contiguë, sans douches malheureusement. Néanmoins, les adhérents répondent présents et sont nombreux, bon signe. Le cours débute par 35 minutes d'échauffement dirigé par le second entraîneur, Gilles. Tout de suite, on voit un meneur chez Gilles, très investi auprès des élèves, malgré leur nombre important il parvient à les observer, repère, puis corrige les mauvaises postures chez les uns, encourage un autre qui vient de réussir à enchaîner ses dix pompes pour la première fois, même fin juin. La persévérance et l'engagement payent. Cardio, travail musculaire, rapidement certains sourires se crispent sous l'effort. Petit à petit, les goûtes de sueur perlent sur les visages, ruissèlent le long des corps, une partie se répand en eau sur les tapis, une autre se dépose sur les murs, emportée par une vapeur invisible et à la fois entièrement palpable. C'est une pure et symphonique montée en puissance superbement dirigée. Cependant les adhérents viennent pour être guidés dans leur recherche d'effort physique, se dépenser. L'AS PASSY et ÉVRY remplissent parfaitement, avec professionnalisme, cet aspect. Néanmoins, un club de boxe ne peut se contenter d'être un excellent cours de stretching. Après l'échauffement, c'est le tour de l'apprentissage de différentes techniques pugilistiques, de l'anglaise, du coup de pied retourné, du corps à corps muay. Il est remarquable de constater que l'échauffement qui a précédé permet aux élèves d'assimiler rapidement ce qui leur est enseigné. Puis, vient le quart d'heure de sparring. C'est court et pas du tout adapté pour les compétiteurs. Vu le nombre important d'adhérents, la salle peu commode: pas de sac et encore moins de ring, il ne peut en être autrement. Pourtant, leur palmarès nous montre que c'est bien un club menant ses adhérents, ceux et celles qui le recherchent, vers la compétition, les victoires. C'est sans compter sur la ténacité des entraîneurs pour trouver des solutions. Les plus combatifs sont très assidus, prennent les cours au sérieux et ne perdent pas une seconde au moment des sparrings, mais c'est le samedi après midi, dans un autre gymnase, celui-ci avec un ring, où les compétiteurs explosent. C'est une autre ambiance, les engagements, la puissance y sont total. Toujours dans une forme réelle de fraternité, ça cogne dure No pain, No gain, et les compétiteurs en redemandent semaine après semaine. De la boxe dans toute sa beauté, sa dureté, on y montre le chemin à prendre, les engagements à tenir, pour aller chercher sa victoire.
La grande force des entraîneurs, Laurent et Gilles, assistés aussi régulièrement par « un frère de ring » venant d'Évry, Luigi, est de permettre à tout le monde, quelque soit son niveau de départ, de se révéler. Ce soir, je boxe ! Bien des adhérents des AS PASSY et ÉVRY semblent se dire cette petite phrase avant de venir au club.
Bientôt la suite de notre feuilleton, avec une boxeuse, Margot DUMANT, qui va vous surprendre, et donner bien de des vocations à des filles qui hésitent encore à prendre le chemin des salles de boxe et du ring pour cette nouvelle saison 2017-2018 !

























