BEST OF SIAM 2, les Thaïlandais conquièrent Paris
Le BEST OF SIAM 2 a été le gala le plus marquant de l’année 2012. KRONGSAK, Jean-Charles SKARBOWSKY et Hakim DIDDA nous ont offert un superbe plateau, du muay thaï de haut niveau. Une rencontre internationale digne des grands jours des stadiums Lumpini et Raja à Bangkok. Tous les combats étaient des classes A en 5 X 3 minutes, avec port de coudières.
- Mohamed KARICHE bat Desty BEAUBRUN aux points
BEAUBRUN exécute un plaisant et court ramuay, tandis que son adversaire demeure au coin bleu du ring. Le premier round débute en observation, quelques échanges, puis soudain un high kick de KARICHE fouette le visage de BEAUBRUN, la claque s’est entendue dans toute la salle.
Le nak muay du Phénix 13 ne rentre pas dans son combat, ne semble pas entendre les conseils venus de ses hommes de coins, il continue de prendre, notamment des jabs douloureux, ou encore des high kick à la tête, certains parés, d’autres non. Le médecin interrompt le combat un instant, examine une blessure sur la tête de Desty, petite ouverture sur le crâne, rien de méchant visiblement, l’opposition redémarre.
À partir du 3 ème round, BEAUBRUN devient plus combatif, mais doit encaisser les violents kicks qu’il bloque trop peu souvent. Sur un magnifique jab de KARICHE, un jet de sang gicle de la bouche de BEAUBRUN qui se ressaisit et met en place un travail de sape aux jambes de son adversaire, Desty avance, enchaîne aux poings pour se rapprocher et place un bon coup de coude. Desty poursuit dans un beau style, avec de bonnes esquives par retrait du buste, mais KARICHE demeure rapide dans ses actions et marque lui aussi, encore, des points, ce qui fera à juste titre la différence. Victoire bien méritée à Mohamed KARICHE.
- Fabrice DELANNON bat Bagdad KHARBOUCHI aux points
Fabrice offre au public un ramuay tranquille, amusant, le public l’applaudit. DELANNON impose une boxe alternant entre enchaînements aux poings, saisies et nombreux corps à corps, ça sera ce tempo durant toute la rencontre. Ça débute par des coups presque à la touche, peu puissant de DELANNON, une tactique. KHARBOUCHI ne parvient pas à se servir de son allonge, son adversaire bourdonne sans cesse autour, il lui donne le tournis. Un moustique butinant votre oreille et dont vous ne parvenez pas à vous débarrasser. Plus vous vous énervez, moins vous avez de chance de l’abattre. Cette stratégie fonctionne à merveille pour ce premier round.
Le deuxième est plus intense, KHARBOUCHI contre sur chaque enchaînement aux poings, arrive même à projeter DELANNON au sol.
La troisième reprise est gérée par Fabrice qui saisit d'emblée Baghdad pour l’obliger à un corps à corps qui durera presque les 3 minutes du round dans une belle démonstration. Les 4ème et 5ème reprises sont quant à elles guerrières, les coudes sortent, Baghdad appuie des crochets aux corps douloureux pour son adversaire et nous offre deux superbes coups de coudes retournés à des sorties de corps à corps, puis enfin, arrive à jouer de son allonge face à Fabrice. Seulement DELANNON s’adapte, esquive en rotation latérale, se bat avec vigueur, ses contres aux poings sont devenus durs, il ne laisse pas son adversaire remonter, même si celui-ci semblait en avoir trouvé l’énergie. C’est donc une victoire acquise pour Fabrice DELANNON.
- Raphael LLODRA bat Wendy ANNONAY par arrêt sur blessure au 2ème round
Rafael LLODRA nous offre le ramuay le plus esthétique, le meilleur de la soirée. Par les expressions de son visage, il capte l’attention du public. Au milieu du ring, le guerrier regarde avec des yeux aux expressions enfantines les plus simples, il accueille avec joie son combat, puis le nak muay se lave, se prépare… Rafael nous raconte une histoire, un peu à la manière d’un conteur, seulement par le geste. Excellent.
LLODRA est un nak muay qui monte, chez qui on ressent d’entrée une forte personnalité. Il s'est en premier lieu illustrée ce soir par son choix musical, une chanson du groupe Placebo pour son entrée sur le ring, alors que tous les autres jeunes ont choisi du rap. Son adversaire Wendy ANNONAY, multi champion de France, d’Europe est au même niveau, avec toutes les capacités pour le vaincre. Il s’annonçait un bon combat entre eux, mais…
Au 1er round, LLODRA part bien en guerre, saisit avec force Wendy et le projette au sol trois fois en moins de deux minutes. Néanmoins, ANNONAY contre, place aussi des points, sait se protéger pour le moment des coups redoutablement précis de son adversaire, mais ne peut encore imposer un rythme.
Le second round est intense, encore plus, la salle vibre, vit le combat à la vue des coups de coudes de LLODRA. Coups de coude se terminant le gant ouvert lors des impacts pour donner plus de tranchant. ANNONAY recule d’un bond, il place de jolis high kicks, plutôt bien parés par Rafael qui s’avance d’un pas, puis le contre avec un cochet gauche. Ce crochet du gauche est un bijou de technicité. Rafael s’est légèrement baissé conservant une garde haute et hermétique, il prend appuie sur sa jambe avant, tandis que celle en arrière vrille légèrement, comme pour éteindre un mégot au sol et le coup part en un éclair, avec une détende de ressort parfaitement réglé. Droit au but. Visiblement ce crochet et les coups de coude ont occasionné une plaie ouverte sur l’arcade, voire le crâne d’Annonnay, de loin elle semble peu profonde. Le médecin intervient, examine, c’est plus sérieux qu’il ne paraît, le combat est arrêté. Tout le monde est déçu, les deux nak muay frustré. Ça sera, espérons-le, partie remise.
Victoire de LLODRA sur blessure.
À l’issue de ce combat, le célèbre présentateur Daniel ALLOUCHE invite à monter sur le ring tous les champions Français, Thaïlandais et même Hollandais présents ce soir. Ils étaient nombreux, une photo incroyable, ne photo de classe à plus de trente élèves.
- PETCHATSAWIN Seatransferry bat BOBO SACKO par abandon à l'appel de la 5ème reprise
PETCHATSAWIN tente d’impressionner le Français avec un high kick, aussitôt rendu en beauté par Bobo SACKO qui enchaîne par une saisie de jambe, puis une béquille, chute de PETCHATSAWIN au sol. Un premier round en faveur de SACKO. Ce qui n’est pas le cas du deuxième, où malgré un joli jab en pleine mâchoire, Bobo encaisse à nouveau des High Kick.
Le troisième round donne des frissons, pas une seconde de temps mort, Bobo y met son cœur, surprend le Thaï avec son anglaise. PETCHATSAWIN est cloué dans les cordes par les crochets qui lui pleuvent dessus comme des boulets de canon. L’arbitre intervient pour les séparer, PETCHATSAWIN est compté. Mal en point ? Retour au centre de la surface de combat, d’où le Thaï sort un genou sauté pour déstabiliser Bobo et y parvient. Bobo, qui à son tour, se retrouve cloué dans les cordes, sonné sous une pluie d’uppercuts. SACKO est compté à son tout. Un round de folie, où l’issus du combat semble incertaine.
4ème round, Bobo surprend, pique en genou direct et tente un enchaînement aux poings. Il est contré en Jab, une gauche très dure qui a atteint sa cible. Le jeune boxeur du Team BILOS vacille légèrement, il est compté. Revenu au combat, il se prend encore de mauvais Jabs, il saigne de la bouche. Fin du round. Visiblement, d’après l’annonce de Daniel ALLOUCHE, le coin de Bobo décide de préserver la santé de son boxeur et abandonne le combat, avant même la décision du médecin qui venait de monter sur le ring. Un bien beau combat. Victoire de PETCHATSAWIN sur abandon à l'appel de la 5ème reprise.
Bobo SACKO: "J'ai essayé de donner le meilleur de moi même, de mettre en place ce que nous avions mis au point avec mon entraineur. Mais après mon début de combat où je parviens à faire compter, j'ai peut être eu un excès de confiance. J'ai voulu accélérer, mais j'ai pas accélérer avec ma tête. J'ai voulu me précipiter, j'ai cherché le KO... j'aurais pas dû. J'ai relâché mon attention, j'ai baissé la garde. Et il a réussi à placer un coup de coude. Je me le suis pris dans l'oeil, et alors après je voyais plus rien. Mon oeil avait triplé de volume. Je pouvais plus continuer..."
- DEJRIT Poptheeratham bat Hichem CHAIBI aux points
Au premier round Hichem CHAIBI saisie son adversaire en corps à corps et le projète par deux fois au sol. Un round en faveur d'Hichem qui s'est montré offensif.
Deuxième reprise, DEJRIT enchaîne avec brio en pieds et en poings, il parvient à imposé un style, à défaut d'un rythme toujours cadence par CHAIBI. Le Thaï va donc imposer un exercice de style qui durera tout le combat. Qui mettra le plus de coups de pied direct au visage à l'autre ? CHAIBI rentre dans son jeux, ce qui ne sera pas payant pour lui.
Au 3ème round, le Thaïlandais sort une belle boxe Fimeu, il sape en jambe.
Sur le 4ème, CHAIBI inflige la plus belle projection de la soirée, son adversaire s'est presque envolé dans les airs, mais il est retombé sur ses pattes. Au dernier round, CHAIBI démontre une bonne anglaise, garde DEJRIT à distance, mais le Thaï fait la différence, sape encore en jambe et marquent plus de points, puis il parvient à casser la distance et sort ses coudes. Un combat presque sans coup de genou, remporté au point par le Thaïlandais DEJRIT.
- SAKSONGKRAM Poptheeratham bat Yetkin OZKUL par TKO au 4ème round
Un premier round où Yetkin OZKUL, comme à son habitude, donne des coups secs, contre avec des low kick bien maîtrisés, il cherche à blesser d'entrée de jeu. Mais ces attaques sont déjouées par de belles esquives par retrait du buste du Thaïlandais.
Deuxième reprise, SAKSONGKRAM cherche à s'imposer, pique deux fois son adversaire au ventre, mais OZKUL encaisse, il combat sans temps mort, frappe au poings, beaucoup de crochets et tente des coups de coude tranchants.
3ème reprise, le Thaïlandais laisse venir OZKUL au corps à corps pour mieux le projeter. Un fois au sol, Yetzin se relève très vite et réplique encore en coups de coude. Revenu au centre du ring, OZKUL se prend des coups de pieds au visage, il est éprouvé à présent.
Dans les premières seconde de la 4ème reprise, SAKSONGKRAM place un high kick, OZKUL réplique par un coup de coude, mais il se prend à son tour un coup de coude retourné. Sans répit, le Thaïlandais attaque en genou direct, sauté, à chaque fois ils font mouche sur la tête de Yetzin, au moins cinq. OZKUL encaisse, mais sa santé est éprouvée, alors le combat est arrêté, à juste titre, par le médecin.
Une victoire pour le Thaïlandais SAKSONGKRAM par KO technique.
Yetkin OZKUL: "J'ai bien préparé mon combat, mais c'est vrai qu'après avoir boxé au Japon il y a encore pas trèslongtemps (au KRUSH), j'étais encore fatigué, surtout par le décalage horaire. Ce Thaïlandais n'est pas n'importe qui non plus. Mais je dois dire qu'il m'a mis au moins 2 ou trois coups de tête pendant le combat ! L'arbitre n'a rien dit, j'ai été obligé de le lui dire, de protester ! Au 3ème round il me met un genou au visage et un coup de tête, et c'est ça qui me fait cette ouverture à la tête. La coupure était vraiment trop importante pour continuer, j'ai eu 7 points de suture !"
- SAENCHAI bat Damien ALAMOS aux points
SAENCHAI est un combattant démonstratif, un peu trop pour les plus puristes. Néanmoins, ce style plait à beaucoup de jeunes, où tous les high kicks, les esquives semblent sublimés.
Les échanges sont nombreux. SAENCHAI feinte un middle, puis exécute une espèce de salto pour placer un high kick. Il est rappelé à l'ordre par l'arbitre international KHOUIDER, ce n'est pas bien orthodoxe comme style. Le spectacle continue round après round avec des genoux sautés, des gestes provocateurs appelant à venir au combat alors qu'il est plutôt bien engagé. Damien ALAMOS quant à lui est un peu crispé en corps à corps, face à un SAENCHAI très à l'aise.
À partir du 4ème, soudain ALAMOS décide d'aller à la guerre, d'accélérer exactement. Il feinte et place un high kick retourné. Au dernier round, chacun des adversaires tentent de remonter avec des crochets et des middles. SAENCHAI arrive à faire chuter ALAMOS.
Une victoire aux points pour SAENCHAI. Certains on vu un bon combat, d'autre un spectacle mettant en scène un échange très viril entre un grand frère et son petit frangin. Chacun se fera son idée, le débat est ouvert. Le public présent était dans l'ensemble enthousiaste à la fin du combat.
Damien ALAMOS: "Honnêtement je pensais avoir gagné ! Au pire des cas, un match nul. J'ai été un peu déçu qu'ils me mettent perdant, il y avait très peu d'écart c'est vrai, mais je pensais vraiment avoir fait quand même la différence. Peut être que ce qui m'a desservi, c'est que j'ai un peu géré le combat dans le dernier round. Je suis tellement habitué au contage thaï que j'ai boxé comme en Thaïlande... En tout cas, il y avait vraiment une ambiance géniale ! J'adore le public français !"
- Antoine PINTO bat Farid VILLAUME aux points
Un combat où Antoine PINTO place ses points, dose ses effort, se méfie, sait que les coups de son adversaires seront éprouvants, douloureux. Il donne au public Français ce qu'il attend de lui : un combat. Farid VILLAUME ne lui laisse pas de répit, ses uppercuts sont excellents, comme auparavant. Seulement, ils manquent de rapidité dans les enchaînements. Au corps à corps Farid est projeté au sol deux fois de suite.
Deuxième round, VILLAUME sort ses genoux, piquent fortement PINTO au foie, mais le jeune homme a la peau dure et encaisse. Antoine parvient à le contrer avec des jabs et à marquer des points en middle et low kick.
3ème reprise, comme à son habitude Farid casse les appuis de son adversaire, mais Antoine l'enlace, se colle à lui pour le pousser et tomber à terre, en l'entraînant dans sa chute.
Durant les rounds suivants, PINTO fait le spectacle, il est souvent No Border, mais jamais hors jeux dans ses attitudes un peu arrogante, on adore ou on déteste ce type de démonstration. Il récupère durant ces courts instants en réalité. Puis d'un coup, il place un genou sauté.
A la dernière reprise Farid tente le coup qui mettra à terre, en vain. Antoine est rusé et aime le jeu, il esquive, s'enlace à nouveau à son adversaire afin de récupérer et casser son élan. PINTO y parvient avec intelligence, et marque encore un point avec un genou sauté.
Fin. A l'unanimité des juges, Antoine PINTO est déclaré vainqueur. Dix-sept ans sépare les deux nak muay.
Antoine PINTO: "En tout premier je voudrais remercier Jean-Charles SKARBOWSKY et Hakim DIDDA de m'avoir fait confiance et accepté de me produire sur, à mon avis, le gala de référence en France qu'est le Best of siam. Ensuite, je voudrais remercier Farid Villaume d'avoir accepté ce combat et d'avoir boxé avec le plus grand respect sur le ring. Ce fut un grand moment et un honneur pour moi.
En ce qui concerne le fight par lui même, notre stratégie a marché à merveille, ainsi que le coaching de mon frère qui m'a permis de réguler le fight tout au long des rounds. Le manque de ring de Farid, depuis 2 ans, a été exploité lors des 2 premiers rounds et comme nous l'avions prevu, nous savions de Farid reviendrait à la charge pour les 3 derniers rounds, sans rien lacher, et c'est ce qu'il a fait jusqu'à la dernière seconde. La preuve qu'il est et qu'il restera un champion. Farid était étonnamment super préparé et je peux vous dire qu'il a des frappes sèches qui font mal.
Le fight a tourné à mon avantage mais le résultat n'a pas d'importance réelle. On est monté sur le ring, on a boxé, je pense qu'on a donné du plaisir au public et c'était primordial. Tout le monde est gagnant et hier soir Farid a montré qu'il était toujours là. (Je n'aimerais pas être à la place de son prochain adversaire !)
Merci à tous et à nos fans qui se sont deplacé de toutes les provinces de France mais aussi de Suisse, d'Angleterre, d'Espagne, de Belgique... pour ce fight."
Farid VILLAUME: "Je suis plutôt satisfait de mon combat, il m'a juste manqué une bonne préparation. Je me suis fait un claquage au mollet peu de temps avant, donc j'ai pas pû avoir une jambe gauche performante. Et puis revenir après 2 ans d'inactivité c'est pas évident. J'e manque d'activité, c'est sûr ! Lui, il a marqué ses points avec les jambes. C'est un boxeur d'expérience malgré son jeune age. Il a fait son chemin, a boxé pas mal de Thaïs, il a l'expérience du ring. Même quand il prend des coups durs, il n'est pas destabilisé."
Et pour finir le mot d'un des organisateurs de cette soirée, Jean-Charles SKARBOWSKY: "Je suis très heureux de cette soirée, le public est venu en masse. Les combats étaient plus équilibrés et, je dirais même, meilleurs que lors du 1er BEST OF SIAM. Dans la 1ère partie de la soirée, les boxeurs ont fait tellement le show que la 2ème partie, avec les grosses têtes d'affiche, pouvait difficilement être mieux !"
Jean-Charles SKARBOWSKY nous donne d'ores et déjà rendez-vous pour la 3ème édition du BEST OF SIAM, en mars à priori ! Il nous a soufflé le nom d'une star Thaïlandaise en perspective: SITTICHAI Sitsongpeenong... !






























