Bertrand LAMBERT, portrait du futur adversaire de TOTOF
Par Michel Lecorre le vendredi 17 janvier 2014
Bertrand LAMBERT, le jeune nak muay du club Phénix 13, affrontera en muay thai, dans la catégorie des –63,5 kg le grand boxeur TOTOF. Nous allons vous présenter ce jeune boxeur.
Mais auparavant, un petit mot sur son adversaire. Mustapha YOUCEF alias TOTOF est une « sacrée pointure » du muay thaï. Il a débuté vers 14 ans au DEREK boxing à La Courneuve, à la dure comme il l’affirme, chez René DUJARDIN, auprès de DIDA, Stéphane NIKIEMA, pour ne citer qu’eux. TOTOF a 76 combats, 68 victoires dont 30 KO à son palmarès. Plusieurs fois champion de France, du monde, il a combattu en Thaïlande pour l’anniversaire du Roi… Il a beaucoup boxé, mais a su aussi lever le pied lorsque les années se sont accumulées au compteur. Il a eu l’intelligence de se préserver, de moins mais mieux combattre, pour ainsi garder une longévité remarquable sur le ring. En juin dernier, au Best Of Siam 4, il a battu sans difficulté Jemil BARRAN, un adversaire coriace, mais qui ne faisait pas craindre une défaite à TOTOF.
A près de 38 ans, le samedi 25 janvier prochain, chez lui, à La Courneuve, il ose prendre un risque véritable en s’opposant à un jeune nak muay discret, peu connu encore, mais en pleine ascension, Bertrand LAMBERT âgé de 24 ans. Tandis que le tempérament de TOTOF est méridional, même « bagarreur » dans sa jeunesse comme il l’a souvent confié, celui de LAMBERT est bien réservé, calme.
Bertrand a débuté le muay thaï il y a 6 ans. Il a déjà aujourd’hui un cinquantaine de combats pour 40 victoires. Il apprécie le muay pour la diversité des techniques, la possibilité de s’exprimer pleinement sur ring, aussi bien aux poings, en jambes et en projection. Il s’entraîne au Phénix 13 de Paris depuis trois ans, où il a su trouver chez son entraîneur, Alassane GAYE, une véritable écoute et un teneur de paos hors pairs. C’est auprès de son frère Grégoire de deux ans plus âgé, que Bertrand s’entraîne le plus, cela depuis ses débuts. Une semaine sans sparring entre les deux frangins est une semaine où il manquera quelque chose d’important à leur vie, à l’un comme à l’autre. Les deux frères aiment se défier, explorer leur rivalité mutuellement par jeux, le jeu ici s’appelle muay thaï. Néanmoins, ils ont à l’esprit de se respecter, dans la vie ressentir aussi bien les envies, les joies ou les peines de l’autre, pour mieux se pousser, toujours aller plus loin. Une fraternité simple, sans chichis que le muay thai contribue à enrichir.
Néanmoins, la boxe demeure difficile, et exige une faculté d’adaptation totale, entre autre. A la salle, Bertrand a su se détacher de son frère. Très en phase avec d’autres partenaires, comme Vatsana SEDONNE et Monk TO, il n’a fait que progresser. D’abord, il a su sortir de son style de « kicker » et explorer toutes les possibilités du muay. Il n’est pas fimeu, à proprement dit, mais sait habilement varier entre l’anglaise et le corps à corps par exemple.
Son dernier combat contre Cédrick PEYNAUD a été un tournant important. Surpris au début, LAMBERT a su réagir, aller chercher sa victoire, déployer un style muay face à un kicker qui cherchait à le démolir avec un certain style. Donc Bertrand LAMBERT a su s’adapter, il a l’âme d’un guerrier ce n’est plus contestable. Guerrier tranquille, mais guerrier qui ne lâche rien.
Bertrand s’entraîne cinq fois par semaine, deux fois par jour, le matin en libre avec son frère au Kajin, puis le soir au Phénix 13. Même s’il n’est jamais allé en Thaïlande et qu’il n’a jamais combattu à son grand regret contre un Thaï, il se consacre au muay avec autant de sérieux et de ferveur qu’un nak muay s’entraînant dans un camp, au royaume du Siam.
Pour l’instant, il profite des primes qu’il gagne après ses combats, mais regrette, comme TOTOF, qu’elles soient si peu élevées. « Je dépense plus que je ne gagne », nous déclare-t-il. Il est soutenu par ses proches, dont ses parents, même si la maman n’a pas vu d’un bon œil au début, de voir son fils revenir avec un coquard, une ouverture à l’arcade ou sous le menton, car Bertrand, tout comme son frère est calme et n’était pas un garçon bagarreur, plutôt respectueux à l’école. D’ailleurs, Bertrand a un bon parcours scolaire, avec une licence STAPS (en sport) en poche.
Même si TOTOF et Bertrand LAMBERT semblent fort différents de par leur parcours, leur enfance, deux éléments importants les rapprochent : l’esprit fraternel qui les caractérise et leur niaque absolue sur le ring
Chacun à ce qu’il faut pour gagner ce combat. On peut avoir envie de soutenir l’un ou l’autre pour une question de cœur, mais leur rencontre s’annonce exceptionnelle parce que ce sont deux nak muay qui ont quelque chose de fort à exprimer sur un ring. Pour les fans de muay thaï, peu importe qui gagnera dans le fond, mais c’est ce qui se passera ce soir entre ces deux boxeurs qui sera l’essence d’un grand moment de boxe.
Nous laisserons la conclusion à Bertrand LAMBERT :
« Sur le plan de la préparation, j’aborde ce combat comme les autres, mais rencontrer TOTOF, un gars avec un tel palmarès, ça fait plaisir. Je n’ai rien à perdre, que voir des portes s’ouvrir pour de futurs combats ».























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