Bampara KOUYATE, fashion fighter
Par Tlana Eliezer le lundi 09 décembre 2019
Que ce soit sous les projecteurs du défilé Versace pour lequel il a défilé lors de la fashion week à Milan ou ceux des rings de boxe, Bampara KOUYATE a tout pour attirer les regards. A 23 ans, cette nouvelle pépite de la scène Muaythai commence à faire parler de lui. Tout récent vainqueur par KO de Dany NJIBA et adversaire samedi d'un autre boxeur-mannequin, Guillaume BABOUIN, voici l'interview de Bampara KOUYATE, pour mieux savoir qui se cache derrière ce nak muay aussi talentueux que singulier.
MUAYTHAITV : Bampara, on te surnomme « Bambi », d’où te vient ce surnom ?
C’est un surnom que mes camarades m'ont donné à l’école, en diminutif de Bampara. Au départ c’était « Bampi » et plus tard c’est devenu « Bambi », cela sonnait mieux.
Qu’est-ce qui t’a attiré dans le muaythai ?
Etant plus jeune, j’étais fan de films d’arts martiaux, c’est en regardant le film « Ong Bak » que j’ai eu le déclic. J’ai essayé le kung fu puis d’autres sports de combat mais je n’ai pas accroché. J’ai fini par tenter le boxe thai dans un club de ma ville, au BMTC, à l’âge de quatorze ans, grâce à un ami qui pratiquait déjà… J’ai kiffé ! Le muaythai me correspondait bien.
Quelle relation entretiens-tu avec ton entraîneur, Tidiani BIGA ?
Cela fait 10 ans que je m’entraîne au BMTC avec Tidiani BIGA. Il m’a connu tout jeune. Nous avons développé des liens très forts qui vont bien au-delà du rapport coach-élève, il y a une vraie complicité entre nous et je le considère comme un membre de ma famille.
Quel genre de boxeur es-tu ? Quel est ton style ?
Je suis plutôt fimeu et j’aime jouer avec mes adversaires. Quand j’ai commencé la boxe, j’étais physiquement très mince, assez frêle et la puissance me faisait défaut, j’ai donc très tôt misé sur la technique, la ruse et l’intelligence, qui sont mes grands atouts.
Tu es passé pro cette année 2019, peux-tu nous parler de ton parcours avant cela ?
Aujourd’hui je totalise 28 combats, 27 victoires et 1 défaite (au MAX MUAY THAI). J’ai remporté deux championnats de France en 2017 et 2018 en classe B. J'ai combattu plusieurs fois en Thaïlande contre des boxeurs thai au stadium de Phuket pendant mes séjours initiatiques. En mars 2019, j’ai décroché une ceinture mondiale WMF et obtenu un nouveau titre de champion national AFMT en juin dernier.
Comment se sont passés l'obtention de ces deux titres (mondial et national) ?
J’ai remporté un titre mondial WMF en Thailande contre un boxeur italien. C’était une confrontation en finale directe. J’ai bien géré ce combat en trois reprises, techniquement j’étais nettement au dessus et j’ai remporté ce combat assez facilement.
Concernant mon combat contre James LEMARIE, durant les championnats de France, j’avais pris le temps de visionner et d’analyser ses combats pour mettre en place un game plan. C’est un boxeur avec de l’expérience, endurant, avec un bon cardio. Il a tenu 5 rounds en maintenant une même cadence. Je suis parvenu à casser son rythme. Il boxait également en ligne droite, j’ai su contourner ses attaques et travailler en désaxant et en tournant autour de lui. Et j’ai gagné.
Tu as remporté récemment une belle victoire par KO sur l'expérimenté Dany DJIBA. Peux-tu revenir sur ce combat et la stratégie mise en place ?
J’appréhendais ce combat car c’était mon premier gala important en France en pro et aussi parce que je faisais face à un adversaire plus expérimenté. Dany est un boxeur qui travaille dur, qui avance beaucoup et met la pression. J’ai donc adapté ma boxe en conséquence et su mettre des coups en reculant, en tournant autour de lui et cela a payé.
Comment juges-tu ton évolution ?
Je suis satisfait jusqu’à présent. J’ai voulu prendre mon temps et passer les étapes progressivement, c’est ce que souhaitait mon coach également. Remporter des titres c’est gratifiant, cela apporte une certaine reconnaissance. J’ai développé une confiance qui me pousse à aller encore plus loin. Mon objectif est d’atteindre le haut niveau lentement mais surement. Pour moi ce n’est pas la destination finale qui compte le plus, mais les étapes du parcours, je veux les vivre pleinement. Je n'en suis encore qu’au début, je poursuis donc ma route et elle est encore longue.
Quelles sont tes ambitions pour la suite ?
Pour le moment je souhaite développer davantage ma boxe, enrichir mon bagage technique, renforcer mes acquis et travailler sur les points à améliorer. J’ai une grande aisance avec les jambes, les genoux et le corps à corps. Par contre, l’anglaise reste à parfaire. Boxer dans des grandes organisations n’est pas pressé, en revanche j’aimerais devenir numéro un de ma catégorie.
Y a-t-il des adversaires que tu aimerais boxer prochainement ?
Aucun, je prends les combats comme ils viennent, le but de cette première saison en pro est de boxer un maximum, peu importe contre qui.
Ton prochain combat sera face à Guillaume BABOUIN au GOLDEN FIGHT. Que peux-tu dire de cet adversaire ?
Je ne le connais pas vraiment, je découvrirai Guillaume le jour J sur le ring. En attendant, je prépare le combat comme tous les autres. Je suis même plutôt serein.
En dehors du muay, as-tu d’autres passions ?
Mon quotidien tourne beaucoup autour des entraînements et des combats, mais pas seulement, je fais aussi du mannequinat.
Défilé Versace, à la fashion week de Milan
Est-ce que le mannequinat a une part importante dans ta vie ?
En effet, car c’est mon métier, je débute tout juste et j’aimerais davantage me professionnaliser dans le domaine, comme pour la boxe. Ce sont deux mondes dans lesquels je suis parfaitement dans mon élément.
Comment en es-tu venu à aimer ces domaines totalement différents ?
Contrairement à beaucoup de boxeurs, je n’ai pas commencé la boxe parce que j’étais turbulent ou pour canaliser une énergie débordante, mais pour la beauté du sport. Le mannequinat m’est tombé dessus par hasard, j’ai été repéré par une agence sur Instagram. Je me suis dit « Et pourquoi pas ? » et c’est comme ça que je suis tombé dedans. Le show, la musique, défilé torse nu avec un corps bien tracé vers le ring, combattre pour le spectacle, c’est magnifique et j’adore ! Je retrouve tout cela aussi dans le mannequinat. J’aime deux univers différents mais qui se ressemblent vachement dans les codes.
As-tu déjà annulé des shootings à cause de tes blessures ?
Oui, cela m’est arrivé. C’était le cas pour mon dernier championnat de France, j’avais un sacré cocard à l’œil. Mon agence est assez conciliante là dessus et adapte mes shootings en fonction de mes combats. C’est plutôt cool.
Finalement tu es toujours sous les feux des projecteurs ? Pour autant, tu sembles assez discret ?
C’est quelque chose d’assez paradoxal qui caractérise bien ma personne. Je suis assez réservé de nature et solitaire, j’apprécie de me retrouver avec moi-même. Je brille dans mes passions et suis dans l’ombre en dehors, c’est juste ma façon d’être.


























