Aurore DOS SANTOS, Impératrice Chok Dee
Par Tlana Eliezer le mardi 14 janvier 2020
Depuis son tout premier combat pro à l'EMPEROR CHOK DEE l'année dernière, Aurore DOS SANTOS a déjà fait un beau bout de chemin. Championne de l'Enfusion, membre de l'équipe de France pour l'IFMA, boxeuse au GLORY,... La boxeuse du Kern Gym (en Allemagne) revient à l'EMPEROR CHOK DEE le 8 février avec un nouveau statut. Retour sur le parcours d’une boxeuse qui a toujours eu un coup d’avance.
Derrière ce petit brun de femme au sourire d’enfant se cache une véritable guerrière des rings. Née à Forbach dans la région de Moselle, d’un père portugais et d’une mère italienne, c’est à l’âge de 12 ans qu’elle découvre la boxe. « Mon beau père était prof de muaythai en Allemagne, il donnait des cours de boxe à des jeunes à la maison, Denis KERN mon mari en faisait partie. Un jour l’envie m’a pris d’essayer et j’ai accroché », explique celle qui avait auparavant testé foot, volley et basket, sans grande conviction.
L’adolescente s’entraîne d’abord chez elle et rejoint par la suite le Kern Gym, fondé en Allemagne par son époux et son beau père. « A cette époque, je me voyais déjà championne et faire partie de l’équipe de France, l’idée trottait dans dans ma tête. » Les deux hommes décèlent très vite le talent pugilistique et la combativité de la jeune femme, dont le destin semble tout tracé.
LA MONTEE EN PUISSANCE
Sous l’impulsion de son mari Denis KERN, qui deviendra par la suite son coach, elle démarre les combats en 2015 et se révèle redoutable sur le ring. La boxeuse qui évolue chez les –de 52 kg se montre très technique et ses coups font mal. Année après année, Aurore cumule les victoires et clôture en beauté son parcours en amateur en décrochant en 2018 un titre mondial WAKO ainsi qu’une médaille d’or européenne IFMA en Turquie.
Avec ces résultats brillants, Aurore veut désormais jouer dans la cour des grands et fait le grand saut, il y a tout juste un an, lors de l’EMPEROR CHOK DEE, où elle livre son premier combat professionnel contre Marine LEFEBVRE. « C’était une belle guerre. J’ai adoré combattre avec Marine, c’est une boxeuse bien présente qui donne coup sur coup. D’ailleurs, mon épaule s’était luxée au cours du combat, je l’ai remise moi-même. Mon envie de gagner était si forte que je n’ai même pas eu mal. J’ai savouré ma victoire encore plus. »
La boxeuse en redemande. Pourtant un choix s’impose. « Ça devenait difficile de concilier mon sport et mon métier d’infirmière libérale. A ce moment là, j’ai décidé de mettre en stand-by mon travail pour me consacrer pleinement à la boxe », explique la jeune femme qui enfile tantôt les gants de boxe, tanôt les gants en latex. « Passer pro était la suite logique. Je voulais vivre cette expérience. J’ai 28 ans et ne pouvais pas attendre plus longtemps car je n’ai plus autant d’années devant moi pour une longue carrière. C’était maintenant ou jamais. » Dés lors, Aurore fait tout pour progresser « Je donnais 100% de mon temps aux entraînements, je m’acharnais à travailler car je voulais me frotter à plus dur. »
Et la suite de l'histoire n'en sera que plus belle, puisque le mois suivant la boxeuse réalise un coup de maître en remportant la ceinture mondiale de l'ENFUSION face à la Slovaque Monika CHOCHLIKOVA. « Je suis contente d’avoir remporté le titre d’autant que le combat n’a pas été simple. Je n’étais pas du tout en forme physiquement, le voyage jusqu’en Slovaquie m’avais beaucoup fatiguée. Les 3 premiers rounds étaient pénibles. Monika est une excellente boxeuse, très réputée et son public était présent. Je n’étais pas favorite et malgré cela je n’ai rien lâché. Ma victoire s’est jouée au mental. »
L’ENTREE AU GLORY
En l’espace de quatre ans, la championne se retrouve dotée d’un palmarès bien étoffé (37 combats, 31 victoires et 6 défaites) et s’est transformée en une boxeuse crédible. Une trajectoire qu’on pourrait penser semblable à celle de Sarah MOUSSADAK qu’elle affrontait en juin dernier au GLORY 66 à Paris. C’est d’ailleurs avec amertume quel évoque ce souvenir « Quand j’ai su que j’allais combattre au GLORY, j’ai ressenti une grosse pression du fait de boxer dans cette grande organisation, je voulais tellement bien faire que je n’arrivais pas à me concentrer et j’ai perdu tous mes moyens durant l’affrontement. Je n’étais pas du tout satisfaite de moi et m’en voulais énormément. Sans ce stress, Sarah était à ma portée. J’avais pris le temps d’analyser Sarah en visionnant des vidéos de ses combats. C’est une boxeuse très douée techniquement avec une bonne anglaise. En revanche, j’ai été un peu déçue de son attitude en dehors et pendant le combat. Elle dégageait une attitude condescendante et anti-jeu. »
Une défaite au goût amer pour la boxeuse qui encaisse quelques mois plus tard un second revers en s’inclinant face à l’Italienne Chiara VINCI à l’ULTIMATE MUAYTHAI K1. « Mon médecin m’avait formellement interdit de combattre suite à une fracture. Je savais que c’était perdu, je souffrais beaucoup et mentalement j’ai flanché. J’ai maintenu une grande distance face à Chiara. L’objectif n’était plus de gagner mais de finir le combat. Cette défaite, c’était le coup de grâce. »
AURORE VS AURORE : L’AUTRE COMBAT
La jeune femme confie avec état d’âme : « Cette fin d’année a été particulièrement éprouvante. Je n’ai pas su prendre les bonnes décisions et écouter mon corps, quitte à prendre des risques pour ma santé. Je veux sans cesse me prouver des choses. Ces défaites, c’était avant tout contre moi-même. »
En tout cas elle en est sûre, à travers ces expériences, le déclic elle l’a eu. « Je me suis remise en question, j’ai pris conscience qu’il fallait que j’apprenne à lâcher prise, à combattre mes angoisses et surtout à croire d’avantage en moi. Je suis aujourd’hui suivi par un coach mental qui m’accompagnera dans tout combat. C’est tout un travail mais je me le dois bien » raconte-t-elle la bouche pleine de rires. Parce qu’elle est comme ça la boxeuse, hors du ring c’est une championne accessible, nature, qui brille par sa bonne humeur.
A 28 ans et seulement 1 année de pratique en pro, Aurore DOS SANTOS entend bien poursuivre sa route mais elle le sait, après l’ascension et l’obtention des titres, le plus dur reste à faire : se maintenir en forme.
Quelle sera la suite de sa carrière ? Après seulement quatre combats pro, il est encore trop tôt pour le savoir. En attendant, Aurore boxera le 8 février à Vandoeuvre face à la jeune prodige hollandaise Georgina VAN DER LINDEN. Elle sait qu’elle n’aura pas la tâche facile en se mesurant à une adversaire connue pour être coriace. Mais Aurore a du répondant. « Cette fois-ci, je ne serai pas stressée et j’ai hâte d’en découdre. Après cela, je ne rêve que d’une chose, prendre ma revanche contre Sarah MOUSSADAK. »
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