Aurélien DUARTE : 100 combats, série en cours
Interview
Par Brice Hoarau le vendredi 02 avril 2004
Mardi 30 mars, sur la terrasse d’un café du 5ème arrondissement. C’est dans ce cadre, lors d’une belle journée ensoleillée de printemps, qu’Aurélien Duarte nous accorde une entrevue. Ayant disputé le mois dernier son 100ème combat (dont plus d’une trentaine en Muaythaï), il revient sur sa carrière qui n’est pas prête de s’arrêter. Aurélien, tu as disputé le 28 février dernier ton 100ème combat. Parle nous de ce combat, raconte nous comment cela s’est-il passé ?
J’ai fait un premier round décevant pour mon coin et moi-même car j’étais un peu passif. Initialement, j’avais décidé de commencer à travailler dès le premier round car d’habitude, les Thaïlandais ne démarrent que dans le deuxième ou troisième round. J’ai géré le premier round en m’axant sur la défense. Mais j’ai manqué de remises, c’est évident. Je me suis décontracté au deuxième round et je l’ai touché sur le premier enchaînement que j’ai lâché : un high kick suivit d’une droite. Il a été compté une première fois. Ensuite, sur une seconde accélération, j’ai mis fin au combat sur un crochet du gauche. (voir l’article de la soirée).
Du fait que cela soit ton 100ème combat, ressentais-tu une pression particulière ?
Oui, tout à fait. En général je gère plutôt bien mon stress et mon anxiété avant les combats mais là j’avais beaucoup de pression sur les épaules. Beaucoup de choses rentraient en ligne de compte : de nombreuses personnes m’attendaient, le fait qu’il y avait la télé, que je sortais de deux défaites et que je boxais devant le public parisien. Comme je suis un bon comédien, je l’ai masqué et personne ne l’a vu, même dans mon entourage. Je savais qu’apparemment c’était un client que j’avais en face, même s’il a été mis KO au deuxième round. Il avait de bonnes qualités mais il s’est laissé surprendre, c’est ça la magie de la boxe.
100 combats, ça en fait du chemin, mais où comptes-tu t’arrêter ?
Je ne sais pas trop. Je compte m’arrêter quand j’en aurais marre de souffrir à l’entraînement. Quand j’en aurais marre du ring, du public, de la télé et des interviews. Mais je pense que ça on en a jamais assez. Par contre, quand on en a marre de souffrir à l’entraînement, il faut savoir mettre un « holà ». Donc je ne me suis pas encore fixé de date. Si mon corps suit, si les primes suivent, je serais toujours présent jusqu’au jour où je prendrais plus de coups que j’en donne.
La limite en Muaythaï est de 34 ans, et tu en as 33…
Et bien après je demanderai une dérogation et si on permet que je boxe je le ferais, sinon j’irais à l’étranger.
As-tu déjà pensé à ta reconversion ?
Oui et j’y pense depuis le début. Je suis spécialisé dans l’enseignement sportif (Aurélien a fait STAPS à l’université), du Muay en particulier, et également de toutes les autres activités pieds-poings. Je travaille pour ma ville (Villejuif) sur les activités multisports : je m’occupe de stage avec des enfants, des adolescents et des adultes. Je donne des cours pour deux clubs et j’ai pour intention d’ouvrir ma propre section. Je suis détaché au sport par ma ville. Elle mise beaucoup sur moi pour travailler au sein du service jeunesse et sport par la suite. Donc la reconversion est assurée pour l’instant.
Comment expliques-tu une telle longévité ?
Je l’explique déjà par le fait que j’ai commencé tard. J’ai commencé le Kick boxing à 21 ans. Donc contrairement à d’autres boxeurs, j’avais moins d’expérience mais je n’avais pas pris autant de coups qu’eux. Je pense que j’ai toujours été sérieux tout simplement. Quand j’avais des échéances, je faisais beaucoup de sacrifices, je m’entraînais sérieusement. J’ai toujours su bien m’entourer : avoir une équipe autour de moi soudée. J’ai été consciencieux et me suis donné les moyens d’accéder aux objectifs que je m’étais fixé.
Et au niveau alimentation ?
Longtemps j’ai fait des régimes alimentaires très fatiguant car pour 1m86 j’ai boxé en mi-moyen (-73, - 76kg) pendant longtemps. Donc j’avais des régimes draconiens que je complétais par des compléments alimentaires. Et maintenant que je boxe en moins de 80 kg, moins de 83 kg je fais toujours attention à mon alimentation. Je ne suis pas gourmand, je ne fais pas d’excès en fin de compte. Je n’abuse pas des graisses, des pâtisseries. J’ai une alimentation riche et variée. Je continue à prendre des compléments alimentaires car notre alimentation est très appauvrie. J’essaye de compenser ces carences alimentaires par des compléments qui apportent des vitamines et nutriments nécessaires à un entraînement difficile et rigoureux.
J’ai fait un premier round décevant pour mon coin et moi-même car j’étais un peu passif. Initialement, j’avais décidé de commencer à travailler dès le premier round car d’habitude, les Thaïlandais ne démarrent que dans le deuxième ou troisième round. J’ai géré le premier round en m’axant sur la défense. Mais j’ai manqué de remises, c’est évident. Je me suis décontracté au deuxième round et je l’ai touché sur le premier enchaînement que j’ai lâché : un high kick suivit d’une droite. Il a été compté une première fois. Ensuite, sur une seconde accélération, j’ai mis fin au combat sur un crochet du gauche. (voir l’article de la soirée).
Du fait que cela soit ton 100ème combat, ressentais-tu une pression particulière ?
Oui, tout à fait. En général je gère plutôt bien mon stress et mon anxiété avant les combats mais là j’avais beaucoup de pression sur les épaules. Beaucoup de choses rentraient en ligne de compte : de nombreuses personnes m’attendaient, le fait qu’il y avait la télé, que je sortais de deux défaites et que je boxais devant le public parisien. Comme je suis un bon comédien, je l’ai masqué et personne ne l’a vu, même dans mon entourage. Je savais qu’apparemment c’était un client que j’avais en face, même s’il a été mis KO au deuxième round. Il avait de bonnes qualités mais il s’est laissé surprendre, c’est ça la magie de la boxe.
100 combats, ça en fait du chemin, mais où comptes-tu t’arrêter ?
Je ne sais pas trop. Je compte m’arrêter quand j’en aurais marre de souffrir à l’entraînement. Quand j’en aurais marre du ring, du public, de la télé et des interviews. Mais je pense que ça on en a jamais assez. Par contre, quand on en a marre de souffrir à l’entraînement, il faut savoir mettre un « holà ». Donc je ne me suis pas encore fixé de date. Si mon corps suit, si les primes suivent, je serais toujours présent jusqu’au jour où je prendrais plus de coups que j’en donne.
La limite en Muaythaï est de 34 ans, et tu en as 33…
Et bien après je demanderai une dérogation et si on permet que je boxe je le ferais, sinon j’irais à l’étranger.
As-tu déjà pensé à ta reconversion ?
Oui et j’y pense depuis le début. Je suis spécialisé dans l’enseignement sportif (Aurélien a fait STAPS à l’université), du Muay en particulier, et également de toutes les autres activités pieds-poings. Je travaille pour ma ville (Villejuif) sur les activités multisports : je m’occupe de stage avec des enfants, des adolescents et des adultes. Je donne des cours pour deux clubs et j’ai pour intention d’ouvrir ma propre section. Je suis détaché au sport par ma ville. Elle mise beaucoup sur moi pour travailler au sein du service jeunesse et sport par la suite. Donc la reconversion est assurée pour l’instant.
Comment expliques-tu une telle longévité ?
Je l’explique déjà par le fait que j’ai commencé tard. J’ai commencé le Kick boxing à 21 ans. Donc contrairement à d’autres boxeurs, j’avais moins d’expérience mais je n’avais pas pris autant de coups qu’eux. Je pense que j’ai toujours été sérieux tout simplement. Quand j’avais des échéances, je faisais beaucoup de sacrifices, je m’entraînais sérieusement. J’ai toujours su bien m’entourer : avoir une équipe autour de moi soudée. J’ai été consciencieux et me suis donné les moyens d’accéder aux objectifs que je m’étais fixé.
Et au niveau alimentation ?
Longtemps j’ai fait des régimes alimentaires très fatiguant car pour 1m86 j’ai boxé en mi-moyen (-73, - 76kg) pendant longtemps. Donc j’avais des régimes draconiens que je complétais par des compléments alimentaires. Et maintenant que je boxe en moins de 80 kg, moins de 83 kg je fais toujours attention à mon alimentation. Je ne suis pas gourmand, je ne fais pas d’excès en fin de compte. Je n’abuse pas des graisses, des pâtisseries. J’ai une alimentation riche et variée. Je continue à prendre des compléments alimentaires car notre alimentation est très appauvrie. J’essaye de compenser ces carences alimentaires par des compléments qui apportent des vitamines et nutriments nécessaires à un entraînement difficile et rigoureux.
Bercy impressionnant
Faisons un retour en arrière, quand as-tu débuté le Muay et pour quelles raisons ?J’ai commencé le Muay en 1992, à cheval avec ma première année de Kick boxing. J’ai découvert le Muay par hasard, grâce à un copain de classe qui faisait de la boxe thaïe comme on disait à l’époque. Par curiosité je suis allé à l’entraînement, et je trouvais ça complet : c’était comme ce que je faisais mais avec plus d’armes, plus de techniques. Donc j’ai fait les deux en parallèles. J’ai débuté au club de Haute tension à Vitry.
Te souviens-tu de ton premier combat ?
Mon premier combat en Muaythaï, c’était en 1992 à Japy en classe C. C’était les championnats d’Ile de France de l’époque où on arrivait sans carnet médical, sans passeport ni licence. On se pesait et si on était au poids on boxait. C’était contre un garçon valeureux que j’ai mis KO au premier round. J’avais le punch comme on dit, c’était un bon départ pour la suite. C’est de bons souvenirs. (En photo Aurélien à l'issue de son dernier combat)
Quel est ton premier titre ?
J’ai peu fait de championnat de France en Muay car à l’époque, il y avait beaucoup de forfaits. Donc je faisais en parallèle les championnats de France de Kick et de Muay. J’ai eu des titres en Kick bien avant. Mon premier titre en Muaythaï, c’était lors du championnat d’Europe de 1994 contre Eddy SABAN, qui est toujours dans le circuit. Il remplaçait, au pied levé, le tenant du titre qui s’était blessé. Je l’avais battu lors de la troisième reprise d’un combat très dur.
Quels combats t’ont le plus marqués ?
Ils m’ont tous marqués car tous sont durs. Je vais essayer d’en trouver quelques uns. (Après une courte réflexion…). Il y a mon premier titre de champion du monde en 1996, à Charléty, contre Orlando WIET qui était une de mes idoles de l’époque. J’avais déjà échoué deux fois pour un titre mondial : une fois contre lui où ils avaient donné match nul. Mais je pense qu’on m’avait usurpé la victoire. J’avais aussi perdu une fois en Kick. Donc c’était ma troisième tentative. En plus c’était au mois de juillet avec tous les copains en vacances, une salle remplie d’amis, c’était impressionnant. Le combat était en plus diffusé sur la chaîne supervision. C’est un super souvenir : combat dur que j’ai gagné aux points avec tout ces gens autour de moi. Je boxais déjà pas mal à l’étranger, donc remporter ce titre à Paris face à cette légende vivante, c’était un moment fort en émotions.
Il y en a plein d’autres, les souvenirs se mélangent dans ma tête il y en a eu tellement. Il y aussi eu le combat à Bercy contre Moussa SISSOKO. C’était la première fois que je boxais à Bercy, c’était impressionnant. Je me demande comment ils font au Tokyo Dôme ou dans d’autres salles avec 80 000 personnes. Déjà devant 15 000 personnes ça met une claque, on se sent tout petit. Le combat était difficile, j’ai bien réussi à m’adapter et en plus je venais de quitter mon club où l’on ne donnait pas cher de ma peau. Donc j’ai montré que j’étais toujours présent même si j’étais en autogestion. Il y a aussi le centième combat pour le chiffre.
Tu dis être en autogestion, comment t’en sors-tu ?
Quand je dis autogestion c’est un peu pompeux car je suis bien entouré. Mais je trouve moi-même mes combats. Je suis en relation directe avec les organisateurs avec qui je négocie mon tarif et l’intérêt du combat pour moi. Ensuite suivant la discipline je me prépare avec mon préparateur physique, je cherche mes sparrings. Je cherche ce qu’il y a de mieux en anglaise, en Muay… Je me fais préparer par Alain ZANKIFO qui est un spécialiste du Kick mais qui pour moi est un génie des boxes pieds-poings.
Quels adversaires gardes-tu particulièrement en mémoire et pour quelles raisons ?
J’ai cité Moussa SISSOKO, que je risque encore de rencontrer bientôt car nous sommes engagé dans les mêmes tournois. A bientôt Moussa ! Il y a eu Eddy SABAN, Orlando WIET. Il y a une défaite qui me reste en travers de la gorge : c’était en 1998 contre un jeune boxeur Nabil SABRI, qui a arrêté depuis. Ce jour là il a fait son métier et pas moi. Souvent se sont les défaites je pense (que je retiens). Il y a Stéphane NIKEMA, avec qui cela ne s’est pas bien passé. Durant de nombreuses années j’ai réclamé ma revanche sans l’avoir. Je retiens beaucoup de boxeurs hollandais : Peter CLAIG, Marco LONDON, BALRAK. Il y en aurait trop à citer. Je respecte et admire tout ceux qui montent entre les cordes, pour se mesurer d’homme à homme à un adversaire préparé et affûté.
Après avoir été quintuple champion de monde, as-tu encore des objectifs ?
Oui si on me propose d’autres titres. J’ai envie de boxer pour des titres mondiaux, c’est vrai qu’avec les problèmes des fédérations non reconnues en France c’est un petit peu délicat. Donc j’aimerais obtenir un titre « soit disant » reconnu par la « fédé » actuelle. Donc avis aux organisateurs et à la Fédération, si je peux être classé… Il y a un championnat d’Europe qui se précise, ce n’est pas dans ma catégorie mais si ça se fait je suis concurrent pour le titre. Sinon je veux durer dans le temps, affronter des adversaires valeureux dans des grandes réunions. Je n’ai pas des goûts de luxe mais j’ai fait le tour des petites salles. Et j’aimerais boxer dans des structures plus grandes, sur des combats télévisés. Car c’est clair qu’il y a plus de retombées médiatiques, donc financières plus importantes pour moi. Et après autant d’années de travail, je pense que c’est la moindre des choses de prétendre à des rémunérations à la hauteur de mon travail.
Ta notoriété en tant que Nak Muay, t’a-t-elle ouverte des portes ? Lesquelles ?
Oui. Ma personnalité, le fait que je sois à l’aise devant une caméra, que je n’ai pas peur de parler, que je sois à l’aise avec les gens, m’ont permis de faire un peu de mannequinât. C’est peut être dû aussi au fait que je sois grand et avec un physique pas désagréable à regarder. Mais on m’a souvent pris car j’étais boxeur et champion du monde. J’ai fait quelques figurations dans des films, quelques défilés de mode (Kenzo, Gautier, Castelbajac). Quelques fois, j’ai assuré la sécurité de personnalités. J’ai pu ouvrir quelques portes mais je n’en ai pas trop profité car j’ai d’autres cordes à mon arc et je n’aime pas tout mélanger. Tout ce que j’ai fait c’était surtout pour me changer les idées. Mais la boxe m’a permis de voyager, de rencontrer des gens et d’avoir des opportunités de travail et de loisirs.
Le combat c'est la fête
Qu’est-ce qui te fait le plus plaisir lors d’un combat ?Ce qui me fait le plus plaisir c’est l’émulation à l’entraînement, c’est primordial. Le fait de voir mes copains autour du ring, qui m’encouragent et me soutiennent.
Ceux qui viennent courir avec toi, faire les sparrings, te tenir les paos…
Ayant longtemps joué au basket, le travail d’équipe me manquait, donc j’essaye de recréer cette émulation. Bien sûr, il y a l’arrivée sur le ring, le public qui crie c’est génial. Ça doit ressembler à ce que ressent un artiste en montant sur scène. Ça prend au ventre, ça donne des ailes. C’est un super « kiff ». Il faut être honnête on fait aussi ça pour se sentir aimé, soutenu. Je suis comblé à ce niveau là. Et puis l’angoisse, l’appréhension, la peur… ce mélange de sensations. Bien sûr, la victoire c’est la cerise sur le gâteau ! Sans oublier le fait d’effectuer un beau combat, de donner du plaisir au public, de se faire plaisir en voyant que le travail a abouti. Il y a aussi l’échange, ce moment fort qu’on partage avec l’adversaire. On est tout les deux, à armes égales. On ne trouve ça nul part ailleurs, il ni y’a ni animosité ni haine. Ce sont toutes ses émotions qui me plaisent.
Des Nak Muay sont-ils devenus tes amis à force de les croiser ?
Je fais bien la différence entre amis et relations. Oui des amis j’en ai quelques uns que j’ai suivi depuis très longtemps. J’espère ne blesser personnes en les oubliant. Il y a : Pascal LAFLEUR, Krim HAMITECHE, Alain ZANKIFO. Ce sont des amis, des gens sur qui je peux compter. Au niveau des relations il y a les boxeurs de Bonneuil (les élèves des frères MAHMOUDI, les frères FARSI, les frères LEVEQUE), ceux du 13è (Farid VILLAUME, Karim SAADA). Il y a Mourad SARI, Jean-Charles SKARBOWSKI. et tous ceux que je croise souvent. Sachant qu’on fait le même travail, qu’on travail aussi dur, on ne peux que se respecter. Et même s’admirer, même si on ne se le dit pas car on est tous des « bonhommes ». Il y a plein de boxeurs que j’admire.
As-tu eu des idoles dans la discipline ?
Je suis très fan autant en musique qu’en sport. Il y a Dany BILL que j’ai eu la chance de rencontrer même si ce n’était pas le grand Dany de l’époque. Je l’ai admiré car il avait un savoir faire, un coup d’œil et une maîtrise de son art parfaite. Il y a eu Ernesto HOOST, il y a Alain ZANKIFO auprès de qui j’apprends tout le temps. A chaque fois que je mets les gants avec lui, j’ai l’impression d’avoir commencé la boxe hier et ça m’énerve. Il y a aussi Farid VILLAUME qui a une boxe d’instinct efficace et exceptionnelle. Dans les kickers il y a FARINA, EL KANDILI…
Sans oublier bien sûr, mes camarades de club, ceux qui transpirent avec moi. Et les petits jeunes, qui ont zéro combat, et qui montent sur le ring face à moi durant 1m30. Ils font un demi-round en me posant des problèmes. Ils mettent leur protection, leur protège dent et vont au charbon. Je les admire, les respecte peut-être même encore plus que les compétiteurs.
As-tu remarqué un changement dans l’état d’esprit des boxeurs au fil du temps ? Une différence dans leur style de boxe ?
Dans la mentalité je ne sais pas trop. J’espère que ça va se professionnaliser, si on peut dire les choses comme ça. Que les gens vont prendre conscience que c’est un sport très dur, et qu’on est loin d’avoir la reconnaissance qu’on mérite. Donc ils vont peut-être créer un syndicat de boxeurs, essayer d’obtenir un statut professionnel comme en anglaise. J’espère que la génération future, mettra les choses en œuvre pour défendre leurs intérêts et vivre de leur passion. J’espère qu’on arrivera à une entente entre les boxeurs, les fédérations, les télévisions. Que tout le monde s’entendent pour œuvrer pour le Muay et les boxeurs.
Dans le style je suis agréablement surpris car il s’enrichit. Actuellement, les boxeurs partent en Thaïlande, font des stages et puissent dans diverses disciplines. Donc c’est agréable à regarder, on voit du beau spectacle. Avant les gens montaient avec leur cœur, sans techniques. C’était à celui qui tapait le plus fort. Quand on voit les classes B et certains classe A, on se dit qu’on a du mouron à se faire. Cela sera dur pour moi de garder ma place et pour eux de la prendre.
Quel avenir vois-tu à la discipline ?
Si cela ne se professionnalise pas, à mon avis l’amateurisme est l’avenir de la discipline. Mais pour l’expansion médiatique et pour que les gens acceptent de prendre des coups, il faut les motiver. Il faut cette émulation de tous pour accéder au professionnalisme sans négliger l’amateurisme qui est le vivier du professionnalisme. Pour moi on n’explosera pas, on ne sera pas une vraie « fédé » digne de ce nom avec des dizaines de milliers de licenciés, tant qu’il n’y aura pas cette perspective d’avenir, et cette vitrine qu’est le professionnalisme. Il faut une motivation, car c’est bien beau de gagner une médaille, une ceinture…mais ça ne nourrit pas son homme et on est obligé de passer à autre chose, de délaisser cette discipline. J’ai vu des Nak Muay, bien meilleurs que moi abandonner car à la fin du mois ils devaient payer leurs factures. Car quand on s’entraîne 4 heures par jour et que l’autre moitié du temps, on se soigne, on fait de la musculation, on a pas le temps de bosser. J’ai pu continuer car j’ai eu la chance et le mérite de chercher des sponsors, des boulots lors de mes temps libres. Heureusement il y a un sang neuf qui se refait constamment, mais il y a une lassitude. On devrait arriver à respecter et à attirer les Nak Muay par des sommes d’argent.
Et je ne trouve pas ça honteux. Les footballeurs gagnent de l’argent, les boxeurs d’anglaise aussi, les pongistes…I n’y a pas de raison que nous n’en gagnons pas. Dès qu’on parle d’argent dans le Muay c’est tabou, c’est honteux. Oui je n’ai pas honte de le dire : c’est mon métier et j’espère bien tirer de l’argent de mon métier.
Explique nous cette habitude de te faire des coupes de cheveux avant les combats ? Tel que le dragon à Saint-Ouen ou cette coupe rouge à Massy.
C’est un peu pour être original. Je trouve que le combat c’est la fête, c’est ma fête. Donc j’ai un peu envie de me démarquer soit par la tenue avec laquelle j’arrive le ring, soit par ma coupe de cheveux qui dépend de l’humeur du moment. Quand je jouais au basket j’ai fait le taureau des Chicago bulls, le « air Jordan » ainsi que plein de dragons. Je salue mon coiffeur «Marco» qui me coiffe depuis plus de dix ans. Je pense que les gens viennent voir du combat et du spectacle. Et je pense qu’en France, on n’est pas assez « showman ».
Quelle est ta prochaine échéance sportive ?
C’est le 17 avril en Croatie, pour les sélections d’un tournoi organisé par Samy Khebchi, dont la finale aura lieu le 5 juin au Zénith. Le lieu est original car il fait arène. C’est un tournoi en moins de 83 kg dans les règles du kick boxing.(voir photo lors de sa préparation)
Pour finir qui aimerais-tu saluer ?
Je vais citer les municipalités pour lesquelles je travaille. Cela fait un peu démago mais je ne serais pas là sans elles. Il y a les villes de Villejuif pour qui je travaille, celle de Claye Souilly, de Châtillon pour qui je travaille au niveau associatif. Au-delà de ça, il y a ma famille, mes amis. Tout les gens se reconnaîtront. Il y a mes sparrings, mes sponsors…Tout les gens qui ont apportés leur pierre à l’édifice, ceux qui sont là pour les moments durs comme les bons. J’ai encore besoin de vous, donc soyez avec moi autant que je le suis avec vous pour longtemps.
Merci Aurélien, bonne chance pour le 17 avril.
Merci et bonne chance à Samouraitv. J’espère que vous allez grandir aussi, qu’on vous verra de plus en plus pour avoir les infos et suivre les Nak Muay et les compétitions qu’on aime.
Propos recueillis par Vincent Dao





















