Alexy WALLACE, sous le masque, plusieurs facettes
Interview
Le Lyonnais Alexy WALLACE (Team Lions Thaïs) est un sacré personnage ! Boxeur showman, rappeur, comédien,... tout ça dans un petit corps d'1m65 ! Il a fallu le travailler au corps pour qu'il nous livre certaines réponses mais on y est arrivé ! Voici son interview.
Oh tu peux m'appeler Wallace tu sais.
Ah bon... mais...
Tout le monde m'appelle Wallace. Je préfère. Alexy c'est courant, Wallace il y a moins de gens qui ont ce prénom. En fait, pour chaque activité j'ai une identité différente. Pour la musique par exemple, je suis Tom WALLACE. Tom pour "Tommy", c'est le petit surnom qu'on me donne. Donc voilà, j'ai un personnage pour la boxe, un pour la musique, etc. Et il y a "Wallace" en commun pour tout ça.
Qu'est ce qui prime dans tout ça ? La musique, la boxe,... ?
Pendant longtemps, la musique a occupé la première place. J'ai commencé ça dans les années 90. Mais depuis que je suis passé classe A, vers 2011, c'est vrai que la boxe est passée devant.
Parle-nous un peu de ta musique, tu fais du rap c'est ça ?
Oui, ce sont mes grands frères qui m'ont un peu poussé là-dedans. Ils ont fait partie de la Mafia Trece. Ils ont posé sur un morceau de l'album Cosa Nostra. Je peux en fait me définir par les artistes qui m'influencent : Les Sages Poètes de la Rue, Busta Flex, Ol Kainry, tout ce qui est Time Bomb et Nouvelle Donne. J'essaye d'allier le fond et la forme, de faire preuve d'originalité. J'ai peut-être la plus grosse discographie de ma région. J'ai posé sur beaucoup d'albums à gauche à droite, sur plein de compils. J'ai sorti 2 maxis en 2005 et un autre en commun avec un artiste en 2011. J'ai ouvert mon label en 2003 et je développe quelques artistes.
Tu as fait la première partie de Booba il parait ?
Ce n'est pas quelque chose que je mets en avant. Je suis content de l'avoir fait surtout pour la salle, au Transbordeur à Lyon. Booba, à l'heure qu'il est, ça ne me parle plus du tout. A l'époque de Lunatic, oui, ça aurait été un autre kiff.
Est-ce qu'on peut faire un parallèle entre la carrière de boxeur et celle de rappeur ?
... Les rappeurs fantasment beaucoup sur la boxe, mais dans l'autre sens ça ne marche pas. Donc non pas vraiment.
Pourquoi tu t'es mis au muaythai ?
A la base j'étais intéressé par les arts martiaux, mais comme j'étais super bagarreur, mes parents ne voulaient pas que je m'inscrive, alors j'ai dû attendre d'être majeur. Ensuite je suis passé au muay vers 2008. La boxe m'a apaisé à 200%, c'est sûr et certain. Avant je réglais systématiquement tout avec la bagarre, maintenant plus du tout, au contraire, j'ai plus tendance à être peace.
Tu encadres même des adolescents régulièrement. De quelle manière exactement ?
Dans les quartiers, les centres sociaux, les MJC. Je leur amène mon côté boxe et artistique en plus. Je mets en place des ateliers boxe, rap, video, etc. Parallèlement à ça, j'ai créé un réseau national de coaching sportif avec lequel on essaye de développer des concepts d'éducation et d'activité physique avec la boxe. Ça s'appelle SPORT N SMILE. Ça fait 2 ou 3 ans que j'ai lancé ça et le but est de ne prendre que des coachs qui sont d'anciens boxeurs. Aujourd'hui on est 3 coachs : moi à Lyon, Charles FRANCOIS à Metz et Mickael PEYNAUD sur Paris.
Ton surnom dans la boxe c'est "Cyborg". C'est quoi l'histoire ?
Ça vient de ma capacité à encaisser. Au début on m'appelait Taser par rapport aux KO que je mettais. Après ça a été Cyborg parce que j'étais toujours debout après certains combats très durs.
Tu n'es jamais tombé KO ?
Attends je touche du bois. Non jamais.
Tu redoutes ?
Oui c'est sûr ! J'ai vu des gars que j'ai mis KO finir dans des états ! Je n'aimerais pas que ça m'arrive !
Tu as beaucoup de KO à ton actif ?
Oui, sur un peu plus de 40 combats, j'ai quinze KO sur une trentaine de victoires. C'est mon style : puncher.
Ton style, c'est aussi avant le combat, au moment de tes entrées.
Oui c'est mon coté artistique. J'essaye de soigner mes entrées. En général je fais la même, je rentre avec mon masque, en faisant le robot, le cyborg quoi.
Quels sont les combats importants de ta carrière, les adversaires marquants ?
Au tournoi du A1 j'ai rencontré en finale mon pote Houcine BENNOUI.
Et alors pas trop dur de boxer contre un pote ?
Moi je ne suis pas capable de le faire. Je n'ai pas boxé ! Tu regardes ma demi-finale 40 min avant, tu as l'impression que ce n'est pas la même personne (alors que je n'ai pas eu de blessure et tout). Contre Houcine mes frappes n'étaient pas lourdes, j'étais plus sur la défensive. Houcine, lui, il y est bien arrivé, Nasser a réussi à lui faire dépasser ça. Moi mon entraineur il est beaucoup trop cool (rires), ce n'est pas le même état d'esprit.
En demi, tu avais battu Sohanne BENGANA. Encore un KO.
Oui, ce combat avait un goût spécial parce qu'on m'avait rapporté que Sohanne m'avait lancé des piques sur le net. Ça m'avait un peu remonté. Et sur ce coup là, ça m'a motivé, ça a décuplé ma rage. Et au final c'est moi qui l'ai mis KO.
D'autres combats marquants ?
En Angleterre. Je devais faire un championnat d'Europe à la base mais finalement c'est resté un superfight. C'était contre le champion d'Angleterre en titre, Jose VARELA. La personne avec qui je devais venir n'a pas pu à cause des papiers. J'ai été tout seul là-bas c'était spécial. Heureusement mon entraineur a vite pris un billet d'avion et a pu venir. Le public voulait vraiment que ce soit moi qui finisse par terre. Et j'ai gagné par KO 2eme round. C'était super bizarre, le fils de mon adversaire pleurait, ça m'a fait mal. Je me suis mis à la place du petit de 11 ans qui voyait son père sous assistance respiratoire, c'était dur ! Après, il allait mieux et on a passé la soirée ensemble. On avait plein de points communs ! On a déliré ! Ça aurait pu être mon meilleur ami (rires) !
Tu as fait partie plusieurs fois aussi de l'équipe de France pour les championnats du monde WMF. Raconte nous cette expérience.
Je suis parti 3 fois, c'était en Thaïlande à chaque fois. J'ai tout le temps perdu en 1/4 de finale. C'est super frustrant d'être à un combat de monter sur le podium. La Thaïlande c'est quelque chose ! C'est la seule occasion que j'ai dans l'année pour y aller. J'ai toujours voulu y partir de mon côté, mais à chaque fois, une blessure ou l'impossibilité de trouver un adversaire m'ont empêché d'y aller. Représenter la France, c'est quelque chose, que ce soit pour de la boxe thaï ou du ping pong, c'est énorme, ça pousse à faire son maximum. Heureusement que j'ai mes sponsors pour y aller parce que c'est tout de notre poche ! C'est grâce à eux que je pars dans quelques jours pour mes 4eme championnats du monde WMF. Merci au passage à Pascal MATHIEU le sélectionneur.
Tu as remporté une ceinture dans ta carrière ?
Une ceinture européenne WFC en octobre 2013. J'ai battu aux points Alex AVOGADRO.
Tu t'es essayé au Sanda dernièrement, au SANDA PRO FIGHT CHAMPIONSHIP en novembre dernier. C'était comment ?
C'était un concours de circonstance que je fasse ce combat. Juste avant, j'avais combattu à Lyon dans un gala privé et je ne pouvais pas dire à mes potes de venir vu que la place était à 300 euros. Comme c'est rare que je boxe à Lyon, j'ai accepté ce combat qui était aussi dans ma ville. Mon adversaire était champion d'Europe dans cette discipline. J'ai essayé de gérer mais j'ai perdu aux points. Je n'avais fait qu'un seul entrainement de lutte avant ce combat car je ne pouvais pas mettre de coté l'entrainement de boxe. Donc je suis plutôt content de moi ! On m'a proposé de reboxer l'année prochaine, si je n'ai pas d'échéances, pourquoi pas.
Qu'est ce que tu as comme combats à venir ?
En mai, en muaythai, au FINAL FIGHT à Bagnols sur Cèze. En juin, pour l'APASH TOURNAMENT, revanche contre le mec contre qui j'ai perdu en Sanda, mais cette fois ce sera en muaythai. En juin aussi, le STRIKE FIGHT de Fabio Pinca. Ah oui et je boxe en avril, en full contact, à LA NUIT DES GLADIATEURS, en Ardèche. Ce sera mon 2eme combat dans cette discipline. La 1ère fois j'avais combattu encore une fois un champion d'Europe en titre. Défaite aux points.
Et bientôt boxe française, MMA, non ?
(Rires) Boxe française, j'arrive pas, ça ne m'attire pas. Le MMA ça me dit bien. Il faudrait que je prenne une bonne base en jiu jiitsu. Je devais commencer cette année mais je n'ai pas pu. La saison prochaine je m'y mets.
Tu es un vrai touche à tout ! Tu as d'autres passions encore en stock ?
J'aime le golf. Si je pouvais en faire régulièrement, j'aimerais bien. C'est cool, t'es tranquille, ça fait travailler d'autres aptitudes que la boxe. Mais bon, c'est pas demain que je serai champion (rires).
Sinon ma grande passion aussi c'est la malbouffe. Quand il n'y a pas de combat, je suis capable de manger de la merde très longtemps. Je suis souvent dans l'abus. Je préfère prendre des coups que de perdre du poids. Mes combats les plus difficiles c'est avec la balance ! (rires)
Et puis je suis comédien aussi. Il y a un court métrage qui sort le mois prochain, ça s'appelle Netsuko. J'ai fait du théâtre pendant 2 ans. J'ai joué dans 5 ou 6 pièces, j'ai tourné avec une compagnie. J'ai joué dans quelques courts métrages aussi. J'aimerais bien faire du long maintenant. On verra...
Je sais pas... peut-être encore 2 ans... Si je me mets au MMA, sûrement plus loin. Après, peut-être que dans 10 ans je serai encore là, qui sait...
Tu as quel âge au fait ?
(Rires) On est obligé d'en parler de ça ?
Tu es vieux à ce point là ?
Non mais j'aime pas trop dire... Moi quand on me donne son âge des fois ça provoque des réactions malheureuses (rires) ! En muaythai, c'est dur à assumer. Après 25 ans on est considérés comme des papis !
Allez dis nous !
Bon ok, 31 ans.
Tu as un objectif avant d'arrêter ?
J'aimerais disputer un titre mondial. Mais bon, il n'y a pas que le niveau qui compte visiblement, il faut aussi connaitre les bonnes personnes, avoir de la chance...
Ok merci Alexy... euh Wallace !
Merci à MUAYTHAITV ! Merci aussi à tous les supports qui me mettent en lumière, ma famille, mes amis et tous ceux qui me suivent.































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