AFMT, quel bilan après cette 1ère année ?
Par Julien LANCHAS le vendredi 24 juillet 2015
L'AFMT vient de fêter sa première année d'existence. Peu nombreux sont ceux qui auraient pu prévoir un telle réussite. Et pourtant, force est de constater que la jeune fédération a su rapidement rencontrer le succès qu'on lui connait aujourd'hui. Pour faire un petit bilan au terme de cette première saison, Jo PRESTIA répond à nos questions.
Jo PRESTIA : Etant affilié à l'époque à la FFSCDA et ayant parcouru les compétitions avec ma fille, je m'étais aperçu de dysfonctionnements au niveau éducatif. Les règlements n'étaient pas adaptés aux enfants, les juges ou arbitres, venant parfois du kick ou du full, étaient mal formés pour le muay. Je trouve qu'on a rétrogradé par rapport à ce qu'on a fait nous il y a 20 ans. J'ai alors pris rendez-vous avec les fédérations, on m'a reçu, j'ai fait part de mon intention de créer quelque chose et on m'a dit "oui oui" avec un petit sourire. Et bien j'y ai été, entouré de personnes compétentes. Avec le succès qu'on connait. Il y avait un manque. Les gens ont été étonnés de tout ce qu'on a fait. Si les fédérations avaient fait ce qu'elles devaient, on en serait pas là. J'entendais des clubs qui partaient faire combattre leur jeunes en Belgique ou autre. Moi, mon rêve, c'est que les Belges nous disent un jour "On viens boxer en France, c'est beaucoup mieux". Bref, je trouvais que le muay perdait son identité, brinquebalé avec dans le pancrace, le full, etc.
Quelles ont été les principales réussites de l'AFMT ?
On a fait beaucoup de choses pour les éducatifs : championnats, coupe de France,... Jusqu'alors le muay éducatif se faisait sur des tapis. On ne fait pas du judo ou du karaté ! Avec nos petits moyens, on a acheté des rings et les mômes sont contents de pouvoir boxer sur des vrais rings.
Pour les classes A et B, pas de championnats de France à Japy à la vite. On a dispatché ça sur toute la saison pour mettre les combats en valeur, valorisés à travers les organisations. Ca a été un gros travail réalisé par notre directeur technique national Alain TILLOT.
On a été aussi intransigeant sur l'arbitrage, ça c'était le travail de Sam BERRANDOU. Beaucoup de clubs sont venus chez nous pensant que ça allait être olé olé comme ils ont pu voir dans le passé et ils ont été étonnés de nous voir appliquer les règles. Non, on ne monte pas en claquettes et shorts multicolores sur le ring ! On a fait également beaucoup de formations juges arbitres et superviseurs et ce n'est pas fini.
Qu'est ce qui, à l'inverse, n'a pas bien fonctionné ?
J'ai au début voulu être trop gentil, je n'ai pas voulu obliger à prendre un nombre minimum de licences. On a dû modifier au fur et à mesure. Mettre en place des organisations de galas c'est beaucoup de travail et si l'organisateur a pris peu de licences, c'est rageant. Maintenant nous demandons un minimum de 30 licences.
Quels sont les chiffres pour cette première année ?
On a fait 6980 licences, ce qui est énorme pour une première saison, sans qu'on nous connaisse. Je pense doubler pour la saison qui arrive. Les ligues entières ont montrer leur intérêt. Ceux qui sont d'abord venus sur la pointe des pieds vont bien jouer le jeu la saison prochaine, je l'espère, c'est indispensable pour nous développer, engager du personnel. On a tout tenu quasiment à 4, sans week-ends, sans vacances ! Ca ne pourra pas durer longtemps.
Pour ce qui est des évènements, une cinquantaine de galas on été organisés sous l'égide de l'AFMT.
Ne penses-tu pas que le succès est lié à la chute au même moment de la FMDA ?
Peut être, oui. J'ai l'impression que c'est comme si les autres fédés ont bossé pour moi ! La FMDA, ça fait 20 ans qu'elle est là et on a l'impression que ça n'a pas beaucoup évolué. On a fait beaucoup plus en une année que eux en 20 ans. Ca fait un moment qu'elle aurait dû disparaitre.
Du nouveau pour l'année prochaine ?
J'ai envie de valoriser de tous nos champions de France élite. Dès le mois de novembre, je vais mettre deux nak muay qui ont gagné la ceinture de champion de France au prochain WARRIORS NIGHT. Et durant la saison, on va organiser des évènements internationaux où nos champions boxeront.
Pareil pour les éducatifs, on va mettre en place des rencontres avec différents pays d'Europe pour nos petits champions. Ce sera par exemple le 18 juin, en partenariat avec la WBC.
On a d'ailleurs signé un contrat exclusif avec la WBC : plus personne en France ne pourra faire une ceinture comme il veut. Si un titre WBC est demandé, l'organisateur fait une demande et on voit si on accepte le nak muay proposé. Celui qui peut prétendre à la ceinture, c'est le numéro 1, 2 ou 3 du ranking, pas n'importe quel poulain de l'organisateur. Parce qu'aujourd'hui on a l'impression que tout le monde est champion du monde, c'est n'importe quoi ! C'est pour ça aussi que, tant que tout ça ne sera pas carré, on délivrera des "challenges WBC" et pas des titres de champions. Pourtant nous avons bien le droit si ça nous chante d'organiser des championnats du monde ou d'Europe. Nous sommes liés à la FFST, nous pouvons délivrés ce genre de titres.
A long terme quel sont les objectifs que se fixe l'AFMT ?
Arriver à faire en sorte que l'élite soit une élite. Je veux que les champions gagnent leur vie, qu'on les reconnaissent dans la rue.
Autre objectif : avoir notre agrément. Ce qui signifierait être indépendant, montrer qu'on est capable. Mais il faut dire que le passage à la FFST nous a beaucoup apporté.
Ce qui manque, c'est peut-être aussi les connexions pour les championnats IFMA, pour les SportAccord Games, l'Anniversaire du Roi, etc ?
Bien sûr qu'il va y avoir un jour une équipe de France. Mais aujourd'hui non, nous n'avons pas assez de moyens. Pour l'instant, c'est en France qu'on a d'abord envie de briller.
Pour l'IFMA, on a les contacts mais on est pas pressés. On ne s'inquiète pas. Nous, nous sommes bien "muay thai", pas kick, full, etc.
Et puis dépenser 200 000 euros pour l'anniversaire du Roi, c'est aberrant. Si le Roi veut fêter son anniversaire en France, il est le bien venu !
Qu'est ce que tu dirais à ceux qui hésitent à rejoindre l'AFMT, en quoi elle fait la différence par rapport à la FFKMDA et la FMDA ?
Ca serait plutôt dans le sens inverse : si vous êtes motivés pour défendre les vraies valeurs du muaythai, venez. Mais si c'est pour venir à tâtons, sans avoir l'envie de jouer le jeu, laissez tomber.
Tu parlais du WARRIORS NIGHT tout à l'heure. Un petit mot là-dessus. Qu'est ce qu'on va avoir au programme ?
Bobo SACKO vs Fabio PINCA en combat vedette. Il y aura Johann FAUVEAU que je pense éventuellement mettre face à Loik BEHIRI. Je cherche un adversaire pour Samy SANA. Gaylord MONTIER fera face à Anthony MARDAYE. Anthony GAZEL vs Lahoucine IDOUCHE et Al Fousseny SAMAKE vs Lotfi TALBI seront deux revanches du championnat de France. Peut-être que Wendy ANNONAY pourra faire partie du plateau, il faut juste trouver un adversaire Français qui le motive. Et en junior, il y aura ma fille pour un combat revanche contre la Hollandaise Georgina VAN DER LIDEN au palmarès de 90 combat 87 victoires 3 défaites.

























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